Chaque Foyer de Charité qui naît, au fil des années, devient la réalisation de la promesse de Jésus à Marthe Robin :
« Sa création sera le refuge des grandes détresses humaines qui viendront y puiser la consolation et l’espérance… la maison de Mon Cœur ouvert à tous ».
La fondation du Foyer de Bretagne est rude. Parfois gronde la tempête… Pendant la période instable des années 1968, il faut « tenir contre vents et marées ». Les retraitants arrivent au compte goutte.
Les pionniers de Tressaint puisent force et courage dans la prière.
Marthe Robin un soir, dans sa petite chambre de malade, leur fait cette confidence :
« je prendrai un bateau à St Malo et je remonterai la Rance jusqu’à Tressaint, plus particulièrement le jeudi soir ».
La foi du P. Finet les stimule aussi. Ce 10 février 1936, à Chateauneuf-de Galaure, lors de sa première rencontre avec Marthe Robin, n’a-t- il pas été lui-même appelé à « tout quitter » sans délai et pour quelle aventure !
….Dans cette terre bretonne de granite, sans qu’on y prenne garde s’allume un nouveau Foyer de Lumière, de Charité d’Amour : « quelque chose de tout nouveau dans l’Eglise »….
« Si ce n’est pas toi qui bâtis la maison, Seigneur,
c’est bien en vain que peinent les maçons, pour rien
Ta maison bâtie sur le roc sera plus solide que sur le sable
Quand la nuit appelle, quand j’attends le jour, tu es ma lumière
Je m’appuie sur toi, j’ai confiance en toi pour guider mes pas». Ps 126

L’apprentissage de la « vie ensemble » façonne chacun pour devenir une « vie de famille ». Le travail se fait lentement au fil des événements très variés : participation à un pèlerinage à Rome, fabrication de la charcuterie à la mode de Bretagne, excursion d’un jour à l’île de Bréhat, vendanges….
Le pilier porteur de la vie ordinaire et quotidienne est la prière (Eucharistie, Adoration, chapelet). Peu à peu la liturgie prend forme plus particulièrement par le chant et l’adaptation de la Prière du Temps Présent, (prière des psaumes) proposée aux retraitants. Et… l’invitation à communier au Sang du Christ.
Dès l’ouverture du Foyer s’instaurent en plus des retraites :
La communauté s’étoffe d’année en années. Les premiers hommes, Jean et Gaby, arrivent en 1968. Le 18 novembre 1970 dans l’église du village, le père Finet et le père van der Borght reçoivent devant nos familles et amis assemblés l’Engagement définitif de 5 d’entre nous à vivre fidèlement leur baptême au sein de la communauté.
Un élan missionnaire naît dans le cœur du foyer. Il se réalise par un partage financier (10% prélevé sur chaque don reçu) alors que nous sommes couverts de dettes …et par « l’envoi en mission ». Dés novembre 1971, Catherine L. s’envole pour l’Ouganda. Un Foyer complètement autochtone vient de s’y implanter à Namugongo, lieu même des premiers martyrs africains !
Ces envois, placés sous la protection de Ste Thérèse patronne des missions, sont couronnés en 1973 par un pèlerinage à Lisieux. Pour célébrer le centenaire de la naissance de Thérèse, retraitants de Chateauneuf de Galaure et de Tressaint se rassemblent dans une même Eucharistie autour du P. Finet qui célèbre ses 50 ans de sacerdoce et du père van der Borght qui fête, lui aussi ses 25 ans d’ordination.
Depuis la fondation des Foyers le P. Finet et Marthe Robin prient pour que vienne sur le monde une « nouvelle Pentecôte d’amour » . Quelle n’est pas leur émotion lorsque le Pape Jean XXIII, en 1960 annonce l’ouverture du Concile Vatican II. Il sera comme « une nouvelle Pentecôte sur le monde » et couvrira le pontificat du pape Paul VI jusqu’en 1966.

Le Père Finet, à l’occasion de ces 2 événements, donne une conférence magistrale au théâtre des Jacobins de Dinan. Il capte l’attention de 700 auditeurs... pendant 2 heures !
Le père Finet pose cette question: « Après le Concile, comment un chrétien peut être missionnaire aujourd’hui, là où il vit ?