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Ce qi caractétrise également le père, c'est sa personnalité : passionné,
passionné
de la communion, de la vie, de l'annonce de l'Evangile.
Passion des hommes, passion des âmes :
« Malheur à moi si je névangélise pas ».
Prédication : « La prédication est une euvre
pascale » disait le cardinal Newman,
cest-à-dire quelle transforme le prédicateur qui souvent
s'évangélise lui-même,
entendant ce qu'il devrait faire pour être conforme à ce qu'il annonce.
Oeuvre pascale parce que celui qui écoute est appelé à se laisser transformer.
Le père a été un homme de la Parole. Il a tiré sa force, non pas
seulement de ses
talents personnels, mais de lEvangile lui même, Jésus, le
Verbe de Dieu qui a pu
parler par son serviteur.
Nombreux sont les témoignages danciens retraitants qui disent combien une
retraite
et la parole du Père ont été déterminantes dans leur chemin de foi, recevant
des lu-
mières pour diriger leur vie, des forces dans lépreuve;
Le père a aimé parler, mais également il avait toujours, et cela m'étonnait
dans
les derniers temps, cet arrachement lorsqu'il fallait parler. Cela est plein
d'ensei-
gnement pour les jeunes prédicateurs : il faut donner de soi-même, c'est toujours
une aventure parce que je ne peux pas compter sur mes propres forces mais sur
l'Esprit.
Le père a aimé cette retraite fondamentale qui est notre charisme propre.
Récemment il écrivait :
« La retraite fondamentale est
source de nombreuses grâces : elle permet de
former de « militants » qui pourront prendre des responsabilités dans les
paroisses
et les mouvements ; elle éduque à la prière le peuple de Dieu qui se rassemble à
lécoute de la parole de Dieu. Elle fournit un cadre théologique comme une colonne
vertébrale pour la pensée, autour de laquelle chacun pourra faire sa propre synthèse.
Elle suggère de réunir autour des prêtres, dans la prière et dans laction, de
petites
équipes, embryons de communautés ecclésiales qui feront de véritables petits
foyers de charité, selon le mot de Marthe ».
Donner la vie, c'est donner la parole. C'est également, bien sûr,
donner les
sacrements.
Sacrements :
particulièrement leucharistie et la réconciliation. Le père disait :
« Si jai pu donner le Christ
au monde, cest leucharistie qui ma porté jour après jour.
Si je navais pas eu cette eucharistie quotidienne, je crois que je naurais
jamais pu tenir».
Pour vivre la communion, il faut recevoir la communion et leucharistie
célébrée,
adorée, contemplée.
La réconciliation : sa dureté apparente et parfois réelle nempêchait
pas une authen-
tique charité et une grande tendresse. La réconciliation, il la donnée, et
pécheur,
elle a aussi été sa quête et sa prière.
Brigitte David mécrivait quelques jours avant sa mort, et me donnait
une citation de
Thomas Merton : « Nest-ce pas un portrait du père ? pour
lhomélie de son
enterrement ! ! ! A
vous de jouer
» :
« Le prêtre qui sabandonne à
lamour de Dieu et qui prend sur lui la responsabilité
pour les péchés de tous et se solidarise envers tous, se place ainsi au-dessous
de tous, se reconnaît comme le dernier de tous et, au sens spirituel, lave les pieds
de tous, surtout de ceux au milieu desquels il vit. Dans son âme, règne une douceur,
une humilité, une compassion, une abnégation, une puissance damour, une
liberté
et une joie en Dieu telle que sa seule présence apporte lEsprit Saint dans le
ceur
des hommes, les délivre de leurs péchés, et leur montre la voie du repentir et de la
joie »
Le prêtre, le moine, poussés par l'Esprit, capables de ressembler à
ce Christ
serviteur qui se met aux pieds de ceux dont il a la charge pour demander pardon,
pour être solidaire de leurs péchés afin de les en délivrer.
Cest dans la vie communautaire, familiale que le père a vécu cette
dimension de
réconciliation. Accepter dêtre père fait partie de la mission du prêtre
et passe par
ce don de la miséricorde. Doù cette recommandation quil
faisait un jour à la commu-
nauté : « A
tout moment, à toute heure, je dirais de jour comme de nuit, à tout jour de
la semaine, nayez pas peur de provoquer tout prêtre à être père en étant
davantage
fils et fille, car votre besoin est sa grâce, votre faiblesse est sa force, comme ce fut
pour moi pendant toutes ces années".
Donner le pardon, cest accepter dêtre mangé et cest donner la
Vie.
La Vie est une passion.
Aimer cest tout donner et se donner soi même.
« Est ce que le but de la vie
cest de vivre ?
Est-ce que les pieds des enfants de Dieu seront attachés à cette terre misérable ?
Il nest pas de vivre, mais de mourir, et non point de charpenter la croix mais
dy
monter et de donner ce que nous avons en riant ! là est la joie, là est la
liberté,
là est la grâce, là la jeunesse éternelle ! » ( Lannonce faite
à Marie. Paul Claudel)
La contrariété, il la vécue avec ses pairs, avec ses responsables, avec
ses conseils,
avec chacun dentre nous. Il naimait pas beaucoup avoir tort
mais
savait sincliner.
La communauté la forgé, construit. Père, il a été lié à ses enfants,
cétait parfois
source de souffrance, mais cest normal ! : donner la vie ne va pas sans
douleur.
Certains évènements ont été pour lui crucifiants mais, dans la foi, il a voulu
lier ses
souffrances au Christ pour quelles deviennent sources de fécondité.
Il a vécu la dépendance dans les derniers temps et elle sest exprimée par
cette
sagesse qui a été la sienne de prévoir sa succession alors même que sa nature
sy opposait, mais la Volonté de Dieu était prioritaire.
Infatigable ? non, car il était plutôt fatigué ces derniers mois mais,
disait-il, "il vaut
mieux mourir de fatigue que dennui !". Il aura été
jusquau bout, jusquà ne plus
avoir sa vie en mains puisque, la veille de sa mort, il disait à Françoise :
« Maintenant cest à vous de
décider, je ne peux plus ». Voilà la vie de lapôtre,
mené par la confiance, et sûr de celui qui lappelle.
« Mais maintenant, regardant en
arrière, je vois avec quelle joie, avec quelle paix,
le Seigneur ma permis ainsi de faire chaque pas et davancer comme un âne
qui assure son pas et ne sait pas trop où il va ».
Le Foyer s'assemble autour du
cerceuil.
3. Vivre ensemble : « Que de richesses dans tant de pauvreté ! »
Sa joie d'être prêtre, le père l'a vécue parce qu'il était en communauté.
C'est un
appel particulier mais également un témoignage, une prophétie pour le monde
d'aujourd'hui. S'il y avait un titre à donner de sa vie en communauté, il dirait
:
"Que de richesses dans tant de pauvreté !"
« Le témoignage dun seul,
quil le veuille ou non, porte sa propre signature.
Le témoignage dune communauté porte, si elle est fidèle, la signature du
Christ »
(Madeleine Delbrêl).
« Sans toi il ne pourra rien faire,
et toi tu ne pourras rien faire sans lui » disait Jésus
à Marthe en parlant delle et du Père Finet. Doù notre charisme
fondateur : la
complémentarité entre les deux sacerdoces. Le père était conscient de sa
pauvreté
et demeurait persuadé que la fécondité de son ministère était liée à la
famille que le
Seigneur lui avait donné. Il comptait sur les talents de chacun, confiant dans la
puissance de Dieu qui se déploie à travers le Corps tout entier, malgré les
faiblesses
des personnes.
La parole donnée est donnée par le prêtre et elle est dautant mieux reçue
quelle
est vécue par une communauté : cest la dépendance dans lamour.
Cest le témoignage de lamour.
« Une communion profonde entre tous
les membres de Foyer sera toujours source
de grâce pour les retraitants". Par extension, une communauté
ecclésiale unie est
appelante.
« Nos foyers de charité doivent
devenir humblement, mais résolument, des labora-
toires de vie communautaire : à ce prix, ils auront rempli leur mission. Doù
linsistance sur lunité de la communauté : le père Finet et Marthe ne
cessaient
dinsister sur la nécessité de vivre dans lunité, « lunité
autour de la paternité :
cela restera votre vocation, toujours. .. Lunité entre nous, vous savez que
cest
notre vocation ». Le prêtre est lhomme de la communion.
Notre devoir détat cest lunité communautaire, c'est
lunité de lEglise pour que le
monde croie. Il faut apprendre à vivre ensemble, se réjouir de vivre ensemble !
La communauté, lieu du pardon et de la fête, nous l'expérimentons chaque jour.
Pour donner la vie, pour devenir père, il faut être de plus en plus fils,
fils de Dieu, fils de Marie. Le père a voulu vivre cette conversion permanente
avec la
Vierge Marie pour modèle. Il la aimée concrètement. Pour lui,
lunité dans la charité
ne pouvait se vivre sans elle, sans les saints qui nous ont précédés.
Le prêtre est condamné à donner la vie ! cest sa mission et sa
passion.
Dans une confidence de Jésus à Marthe : « Je veux que tous les membres rayonnent
dune vie profondément surnaturelle, par lexercice incessant de la charité,
par un dévouement à toute épreuve et enfin par le don de soi à chacun et à tous
dans un don total à Dieu » ( Texte fondateur des Foyers).
Merci père de tout ce que vous nous avez donné.
Merci d'avoir suscité en nous le doût de la Parole, du service, de l'unité ;
nous n'y
sommes pas encore, mais nous marchons vers..
André, mon frère et mon père, entre dans la joie de ton maître
Et,
comme il la désiré, je vous propose de dire ensemble lacte dabandon de
Charles de Foucaud, qui lui ressemblait bien peu puisque le Père de Foucauld
n'a jamais eu de communauté alors qu'il aurait voulu en avoir une, mais c'était
un de ses auteurs favoris pendant les derniers mois de sa vie :
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