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Enseignement de Mgr Patrick
Le Gal. |
![]() Mgr Patrick Le Gal |
Plan : 1.Les sacrements : participation à la vie de Dieu a - L'exemple du mariage b - Accueillir le don et le mettre en uvre c - Les sacrements de l'initiation chrétienne d - Vérifiez où en est votre vie sacramentelle 2. La prière : union à
Dieu |
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| Nous avons entendu que Dieu est
fidèle et qu'll nous appelle à la sainteté. Maintenant, il s'agit de savoir ce que nous choisissons de répondre ou comment nous envisageons de répondre, et jusqu'où. La Parole de Dieu, la loi guident nos pas. Relisez le psaume 119 (118), le plus long d'ailleurs, qui est une éloge de la loi. "Ta loi, Seigneur, fait mes délices. C'est le miel de mon cur. La nuit quand je me réveille, je redis tes paroles". Il y a d'autres secours dans l'Eglise que le Seigneur met à notre disposition en vue de nous permettre non seulement de répondre dans une droite intention, mais de répondre effectivement, jusqu'au bout, au don de Dieu, à l'appel de Dieu, à cette vie sainte. Je voudrais vous parler de trois aspects : - les sacrements - la prière - la charité vive |
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. Les sacrements :
Les sept sacrements autour de
l'Eucharistie sont autant de dons de Dieu, du Christ, d'invitations à vivre une
participation nouvelle à la vie de Dieu. Il y a ce monde créé par Dieu et Dieu, le
Royaume auquel nous sommes appelés. Dieu veut nous faire participer, il ne nous dit pas
simplement de faire effort pour le rejoindre tant bien que mal, il se donne à nous et
nous fait participer à sa vie. Les sacrements sont participation à sa vie. a. L'exemple du mariage C'est un sacrement très spécifique car le mariage existe indépendamment de la vie sacramentelle. Mais le Christ a voulu qu'il y ait un sacrement pour le mariage qui vienne qualifier le mariage des chrétiens, des croyants. Qu'est ce que veut dire "recevoir la grâce du sacrement de mariage" ? C'est recevoir un don qui n'est pas forcément visible (tout ce qui est n'est pas forcément visible). Les mariés reçoivent une participation nouvelle à la vie de Dieu : ils sont rendus capables d'aimer comme Dieu aime, jusqu'à donner leur vie, à l'exemple de Jésus qui ne "prend" pas l'autre mais qui "donne sa vie". Il aime quoi qu'il en soit, même quand on le met à mort. Jésus, sur la croix aime : Il dit "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". C'est très étonnant ! Dans le mariage civil, les époux s'aiment comme personnes humaines alors que dans le mariage, ils sont rendus capables, de fait, d'aimer comme Dieu aime parce qu'ils reçoivent une participation nouvelle à la vie de Dieu. D'un côté, on s'aime avec un a, un a minuscule, de l'autre côté, on s'aime avec un A majuscule, un A divin ! La vie sacramentelle nous rends capables, d'accueillir ce don réellement, indépendamment de nos forces humaines, de notre acuité intellectuelle par rapport au mystère. |
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| Haut de page | b. Accueillir le don et le mettre en uvre La grâce du sacrement est un don. Il faut cependant mettre en uvre notre liberté pour lui faire porter son fruit : ce n'est pas magique au sens où je dis "tout est bien, je ne fais aucun effort, je n'ai pas besoin de le manifester car j'ai reçu la grâce, donc en soi je t'aime divinement !" Ce don, il faut l'accueillir et le mettre en uvre. C'est déjà une grande chose de l'avoir, de le recevoir, de se dire avec certitude, avec toute la foi de l'Eglise qui s'engage que, de fait, j'ai reçu ce don. Vous allez dire : "je n'ai pas senti" ! Souvent les gens sont plus pris par l'émotion que par l'ampleur de la foi ! Ce n'est pas de l'ordre du sentir, c'est de l'ordre de la foi. Aujourd'hui, vous pouvez vous disposer à croire ce que peut-être vous recevrez dans quelques années. Parce que vous le croirez plus fermement, plus profondément, que cette foi sera plus enracinée, plus affermie, vous pourrez accueillir avec plus de générosité le don qui vous a été fait et donc en vivre davantage. Comme Dieu est Bon, il ne retarde pas ses dons, c'est-à-dire quand on demande ses dons, on anticipe quelque peu la grâce. Dans le baptême, c'est pareil. Celui qui demande le baptême, si il mourrait sans le baptême, il serait enterré chrétiennement parce qu'il est déjà, par le désir, enfant de Dieu. Les sacrements forment un tout ordonné autour de l'Eucharistie qui nous fait participer, recevoir, partager le mystère pascal du Christ, et recevoir le corps et le sang du Christ crucifié et glorifié en vue de construire en nous cette présence, cette vie divine avant même que nous soyons pleinement dans la vie du Royaume. Il y a une manière un peu "délavée" de voir les sacrements comme des gestes qui rassemblent, qui célèbrent, qui font fête autour d'un événement humain remarquable alors que dans la vie sacramentelle il y a d'abord ce don de Dieu qui nous dépasse totalement, au-delà de nos mérites, au-delà même de notre préparation. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préparer à le recevoir, il faut se disposer à accueillir et à mettre en uvre mais au-delà de ce que nous pouvons expliciter, il y a ce DON. |
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| Haut de page | c. Les sacrements de l'initiation chrétienne Par les sacrements de
l'initiation chrétienne que sont le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, vous allez
participer à la vie divine. Ils vous permettent d'être pleinement chrétiens.
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Parabole des talents : évangile de St Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 |
d.
Vérifiez où en est votre vie sacramentelle Les trois sacrements de l'initiation chrétienne édifient un organisme spirituel, qualifié par Dieu, par le don de Dieu, vous permettant d'être pleinement chrétiens. Par la foi, l'espérance et la charité, vous êtes tournés vers ce royaume et vous préparez dans ce monde les germes du Royaume, mettant en uvre la sève évangélique. Je crois que c'est important de vérifier où en est votre vie sacramentelle. Vérifiez que vous êtes confirmés, un bon moyen de vérifier est de savoir la date, par exemple. Pas seulement vérifier le fait mais aussi ce que vous en avez fait. Vous connaissez la parabole des talents ? Que faites-vous du talent des sacrements reçus ? Vous me direz : "ce n'est pas moi qui ai voulu le baptême" mais vous l'avez ratifié ! sans quoi vous ne seriez pas là ! Quand vous dites le Credo à la messe dominicale, vous ratifiez votre baptême. Comment donnez-vous à votre vie sacramentelle sa cohérence ? sa cohérence, c'est pour vivre la grâce du sacrement de baptême à travers nos vies qui sont comme elles sont, avec leur temps riches, leurs espérances fortes mais aussi leurs faiblesses ? Comment introduire le sacrement de réconciliation pour retrouver la sève baptismale ? Savoir considérer l'ampleur, la richesse de ce don des sacrements dans l'Eglise, vérifier comment on accueille aujourd'hui, comment on met en uvre les talents reçus en vue de pouvoir grandir paisiblement dans la vie chrétienne malgré ce qu'il peut y avoir de difficile, de tentations, de loupé, de fragilité ici ou là. Je pense que c'est bien, une fois dans sa vie, de pouvoir examiner, de pouvoir porter un regard attentif sur ces trois grands sacrements de l'initiation chrétienne : baptême, confirmation, eucharistie. Même si la messe dominicale est difficile, regardez de plus près, "habitez" la messe. Ce n'est pas quelque chose qui se passe en face de vous, ce n'est pas un théâtre, c'est le mystère pascal du Christ. La liturgie vous offre de vivre le jeudi saint, le vendredi saint, le samedi saint et le dimanche : 4 jours essentiels des actes posés par le Christ de la semaine sainte en 1 heure de célébration ! Vous rencontrez des gens estimables quand vous célébrez la messe ! Quand je dis : "voici l'agneau de Dieu" (qui enlève le péché du monde), c'est Jean-Baptiste qui vous parle et qui pointe son doigt sur Jésus qui vient. Comme les disciples ont quitté Jean-Baptiste pour suivre Jésus, à ce moment-là de la messe, on oublie le célébrant, le prédicateur pour venir communier au Christ. Quand on dit "je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole", vous voyez le centurion qui était un romain, non pas un juif et qui n'avait pas toute cette riche tradition spirituelle. Et Jésus fait son éloge, il dit :"j'ai rarement vu une foi pareille" Vous entrez dans le personnage du Centurion. Ce n'est plus le centurion qui vous parle, c'est vous qui reprenez les paroles du centurion. Il faut habiter les paroles de la messe car ce ne sont pas des paroles qui se sont accumulées comme cela au cours des siècles et qui sont comme un tas de cailloux ! Reconnaître ce don, voir où on en est de cette vie sacramentelle, , entrer dans l'intelligence du mystère qui nous est proposé d'une manière même très concrète. J'avais fait faire un exercice, une fois, par un groupe de jeunes qui préparaient la confirmation. J'avais d'ailleurs été un peu étonné moi-même du résultat. Cet exercice consistait à prendre l'ordinaire de la messe, (c'est-à-dire les prières qu'on dit à chaque fois qu'on célèbre la messe), à prendre le nouveau testament, et moyennant le truchement d'un appareil informatique moderne, voir d'où venaient ces paroles de l'ordinaire de la messe. Quasiment tout vient de l'Evangile ! Vous dites : "moi, je me serais converti si j'avais vu Jésus qui était là, qui venait, qui parlait, qui posait des questions..." Mais vous l'avez là, dans la Parole de Dieu. Quand je lis la Parole de Dieu, que je dis "Acclamons la Parole de Dieu" et que j'embrasse l'évangile (je n'embrasse pas mon journal, moi !), c'est parce que c'est le signe du Christ lui-même. Dans les églises, on met deux cierges à côté de la Parole, c'est pour honorer le Christ qui nous parle. Les histoires de Zachée et les autres, je m'en fiche ! Mais c'est le Christ qui me dit : "descends vite, je veux venir habiter chez toi". Et quand on lit l'évangile de Zachée à cet ambon, ce n'est plus Zachée, au temps du Christ. C'est aujourd'hui Jésus, qui à travers le ministre vous dit : "descends vite de tes soucis, de tes rêveries, de ton manque de foi. Je veux venir habiter chez toi". C'est vrai ! "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Que je voie, que j'entre dans l'intelligence du mystère. "Va, ta foi t'a sauvé".
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| Haut de page | 2. La prière : union à Dieu | |
| Je voudrais vous
parler de la prière, en lien avec un petit texte de Ste Thérèse de Lisieux. Ste
Thérèse dit : "la prière, c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me
dilate l'âme et qui m'unit à Jésus. Le but est l'union, la communion. Les sacrements
nous font participer à quelque chose de la vie de Dieu. La prière nous unit à Jésus.
Nous allons voir comment à travers cette "définition" de la prière selon
Thérèse de Lisieux. "Pour moi, la prière est un élan du cur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie. Enfin, c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et qui m'unit à Jésus". Un élan - un regard - un cri. C'est parfois plutôt un élan, ou plutôt un regard, ou plutôt un cri. a.
L'élan b. Un simple regard.
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| Haut de page | c. Un cri
de reconnaissance "C'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie". Le cri est une expression inarticulée quand vous vivez quelque chose de limite, de très fort qui fait que dans la spontanéité, vous n'avez pas les mots, pas la possibilité d'articuler les mots. Une très grande joie, une très grande souffrance. Notre vie n'est pas toute linéaire. Nous pouvons vivre de très grandes joies, intérieures qu'on ne peut pas dire mais il peut y avoir de grandes souffrances qui nous marquent profondément, qui nous empêchent de dormir. La prière est aussi pour cela, pour tout l'entre deux. Quand on parle à Dieu, on ne lui dit pas "il fait beau temps, Seigneur ! Ca va bien ?" On lui confie l'essentiel et l'essentiel s'exprime aussi en terme de l'indicible, ce qu'on ne sait pas dire. On n'arrive pas à prononcer, à murmurer, même à un ami affectionné, on n'arrive pas à lui expliquer. Dans la prière, vous pouvez tout dire et le dire en vérité. Vous ne dites pas "mon petit Jésus je t'aime" quand en fait, vous en voulez à Dieu parce que il est arrivé quelque chose et que vous accusez Dieu de telle ou telle chose. Dites-lui les choses en vérité, à travers ce cri de reconnaissance et d'amour, au milieu de l'épreuve comme au sein de la joie.
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| d. Quelque
chose de grand Ste Thérèse ajoute "enfin, c'est quelque chose de grand". Quelque chose de grand, de surnaturel. Ce n'est pas humain, ce n'est pas mièvre. Quelque chose de vraiment grand qui fait la dignité de l'homme. Socrate disait, lui qui vivait avant le Christ, que "l'homme sans dieu qui ne prie pas est un homme fou, sorti des chemins de la vraie sagesse". La sagesse de l'homme est de se lier à plus grand que lui, à Dieu. Ce lien s'exprime, se nourrit dans la prière. Il n'y a pas que les chrétiens qui prient. Il existe beaucoup de livres écrits sur la prière avant le Christ, en dehors de l'univers juif. Et des choses très belles, qu'on croit sorti de je ne sais quel saint du 3ème ou 4ème siècle. Mais nous, quand nous prions, nous prions par le Christ notre Seigneur dans la puissance de l'Esprit-Saint qui nous tourne vers le Père, grâce à cette habilitation que nous donne le baptême. Quelque chose de surnaturel qui me donne cette paix profonde, cette paix intérieure, qui m'unit à Jésus. Les sacrements me font participer à la vie de Dieu et dans cet élan de prière vers Dieu, je m'unis au Christ de manière large. Si un jour vous êtes privés des sacrements parce que vous êtes partis par exemple dans un pays musulman, vous pouvez vous unir à Jésus par la prière. |
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| Haut de page | e. Se
donner une pédagogie - Une règle - Un lieu |
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| Haut de page | 3. La charité vive : communion avec Dieu En conclusion, je voudrais dire un mot sur la charité vive,
l'exercice de la charité. Pourquoi ? C'est peut-être même en ce monde, sans rupture de
lien dans le Royaume, le lien le plus fort qu'on puisse avoir après l'Eucharistie, avec
le Christ, pour s'unir au Christ. Donner, visiter un malade, un prisonnier, secourir
quelqu'un qui est pauvre, donner à manger à celui qui a faim, ce n'est pas seulement une
uvre sociale, utile, c'est rencontrer le Christ. "Celui qui a fait cela au plus
petit d'entre les miens, c'est à moi qu'il le fait". Est-ce que vous aimeriez avoir
fait quelque chose de sympa pour Jésus ? Lisez le chapitre 25 de l'évangile selon St
Matthieu. |
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