Sommaire jeunes

Sommaire enseignements

titrfoi.jpg (12166 octets)

Enseignement de Mgr Patrick Le Gal.
Retraite 2nde-term - Août 2002
Thème de la retraite :"Vous êtes le sel de la
terre et la lumière du monde..."


Mgr Patrick Le Gal
Plan :
1.Les sacrements : participation à la vie de Dieu
a - L'exemple du mariage
b - Accueillir le don et le mettre en œuvre
c - Les sacrements de l'initiation chrétienne
d - Vérifiez où en est votre vie sacramentelle

2. La prière : union à Dieu
a - L'élan
b - Un simple regard
c - Un cri de reconnaissance
d - Quelque chose de grand
e - Se donner une pédagogie

3. La charité vive : communion avec Dieu

Nous avons entendu que Dieu est fidèle et qu'll nous appelle à la sainteté.
Maintenant, il s'agit de savoir ce que nous choisissons de répondre ou comment nous envisageons de répondre, et jusqu'où.
La Parole de Dieu, la loi guident nos pas. Relisez le psaume 119 (118), le plus long d'ailleurs, qui est une éloge de la loi. "Ta loi, Seigneur, fait mes délices. C'est le miel de mon cœur. La nuit quand je me réveille, je redis tes paroles".
Il y a d'autres secours dans l'Eglise que le Seigneur met à notre disposition en vue de nous permettre non seulement de  répondre dans une droite intention, mais de répondre effectivement, jusqu'au bout, au don de Dieu, à l'appel de Dieu, à cette vie sainte.
Je voudrais vous parler de trois aspects :
- les sacrements
- la prière
- la charité vive
Haut de page

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 . Les sacrements :
participation à la vie de Dieu


Les sept sacrements sont un tout orienté vers le plus grand des sacrements qu'est l'Eucharistie. C'est le sommet,  le plus grand don, inestimable, que Dieu nous fait de sa présence. Il se donne à nous, nous le recevons en vue de le laisser vivre en nous. C'est un mystère de foi. Nous le croyons en l'annonçant, en le confessant mais aussi en le vivant. Quand vous communiez, que vous participez à la messe, répondant dans le silence et activement, c'est aussi une manière de confesser votre foi dans l'Eucharistie. Peut-être avez-vous une interrogation profonde sur tel ou tel aspect de l'Eucharistie et en même temps vous savez finalement que c'est Jésus qui se donne à vous et vous venez ! Vous vous disposez à venir. Vous vous disposez sur plusieurs jours car vous savez que c'est grand.

Les sept sacrements autour de l'Eucharistie sont autant de dons de Dieu, du Christ, d'invitations à vivre une participation nouvelle à la vie de Dieu. Il y a ce monde créé par Dieu et Dieu, le Royaume auquel nous sommes appelés. Dieu veut nous faire participer, il ne nous dit pas simplement de faire effort pour le rejoindre tant bien que mal, il se donne à nous et nous fait participer à sa vie. Les sacrements sont participation à sa vie.
Le baptême est l'entrée dans cette vie des enfants de Dieu. L'héritage divin nous est proposé. On pourrait préciser pour chaque sacrement en quoi chacun nous offre une nouvelle participation spécifique à la vie de Dieu.

a. L'exemple du mariage

C'est un sacrement très spécifique car le mariage existe indépendamment de la vie sacramentelle. Mais le Christ a voulu qu'il y ait un sacrement pour le mariage qui vienne qualifier le mariage des chrétiens, des croyants. Qu'est ce que veut dire "recevoir la grâce du sacrement de mariage" ? C'est recevoir un don qui n'est pas forcément visible (tout ce qui est n'est pas forcément visible). Les mariés reçoivent une participation nouvelle à la vie de Dieu : ils sont rendus capables d'aimer comme Dieu aime, jusqu'à donner leur vie, à l'exemple de Jésus qui ne "prend" pas l'autre mais qui "donne sa vie". Il aime quoi qu'il en soit, même quand on le met à mort. Jésus, sur la croix aime : Il dit "pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". C'est très étonnant ! Dans le mariage civil, les époux s'aiment comme personnes humaines alors que dans le mariage, ils sont rendus capables, de fait, d'aimer comme Dieu aime parce qu'ils reçoivent une participation nouvelle à la vie de Dieu. D'un côté, on s'aime avec un a, un a minuscule, de l'autre côté, on s'aime avec un A majuscule, un A divin ! La vie sacramentelle nous rends capables, d'accueillir ce don réellement, indépendamment de nos forces humaines, de notre acuité intellectuelle par rapport au mystère.

Haut de page  

b. Accueillir le don et le mettre en œuvre

La grâce du sacrement est un don. Il faut cependant mettre en œuvre notre liberté pour lui faire porter son fruit : ce n'est pas magique au sens où je dis "tout est bien, je ne fais aucun effort, je n'ai pas besoin de le manifester car j'ai reçu la grâce, donc en soi je t'aime divinement !" Ce don, il faut l'accueillir et le mettre en œuvre. C'est déjà une grande chose de l'avoir, de le recevoir, de se dire avec certitude, avec toute la foi de l'Eglise qui s'engage que, de fait, j'ai reçu ce don. Vous allez dire : "je n'ai pas senti" ! Souvent les gens sont plus pris par l'émotion que par l'ampleur de la foi ! Ce n'est pas de l'ordre du sentir, c'est de l'ordre de la foi. Aujourd'hui, vous pouvez vous disposer à croire ce que peut-être vous recevrez dans quelques années. Parce que vous le croirez plus fermement, plus profondément, que cette foi sera plus enracinée, plus affermie, vous pourrez accueillir avec plus de générosité le don qui vous a été fait et donc en vivre davantage. Comme Dieu est Bon, il ne retarde pas ses dons, c'est-à-dire quand on demande ses dons, on anticipe quelque peu la grâce.

Dans le baptême,  c'est pareil. Celui qui demande le baptême, si il mourrait sans le baptême, il serait enterré chrétiennement parce qu'il est déjà, par le désir, enfant de Dieu.

Les sacrements forment un tout ordonné autour de l'Eucharistie qui nous fait participer, recevoir, partager le mystère pascal du Christ, et recevoir le corps et le sang du Christ crucifié et glorifié en vue de construire en nous cette présence, cette vie divine avant même que nous soyons pleinement dans la vie du Royaume. Il y a une manière un peu "délavée" de voir les sacrements comme des gestes qui rassemblent, qui célèbrent, qui font fête autour d'un événement humain remarquable alors que dans la vie sacramentelle il y a d'abord ce don de Dieu qui nous dépasse totalement, au-delà de nos mérites, au-delà même de notre préparation. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas se préparer à le recevoir, il faut se disposer à accueillir et à mettre en œuvre mais au-delà de ce que nous pouvons expliciter, il y a ce DON.

Haut de page  

c. Les sacrements de l'initiation chrétienne

Par les sacrements de l'initiation chrétienne que sont le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, vous allez participer à la vie divine. Ils vous permettent d'être pleinement chrétiens.
L'Eglise dit "participer à l'eucharistie dominicale", le dimanche. Communier au moins une fois l'an pour Pâques : l'Eglise donne toujours un petit minimum pour ne pas affoler les consciences mais vous avez le droit de communier plusieurs fois par an ! La manière normale de participer à l'Eucharistie, c'est de pouvoir communier. Dans certains cas, ce n'est pas possible, et ce n'est pas souhaitable, ou on n'est pas prêt. L'Eglise veut respecter parfois la lenteur de telle chose lourde que vit tel ou tel.

 

 

 

 

Parabole des talents : évangile de St Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30

d. Vérifiez où en est votre vie sacramentelle
Les trois sacrements de l'initiation chrétienne édifient un organisme spirituel, qualifié par Dieu, par le don de Dieu, vous permettant d'être pleinement chrétiens. Par la foi, l'espérance et la charité, vous êtes tournés vers ce royaume et vous préparez dans ce monde les germes du Royaume, mettant en œuvre la sève évangélique.
Je crois que c'est important de vérifier où en est votre vie sacramentelle. Vérifiez que vous êtes confirmés, un bon moyen de vérifier est de savoir la date, par exemple. Pas seulement vérifier le fait mais aussi ce que vous en avez fait.  Vous connaissez la parabole des talents ? Que faites-vous du talent des sacrements reçus ? Vous me direz : "ce n'est pas moi qui ai voulu le baptême" mais vous l'avez ratifié ! sans quoi vous ne seriez pas là ! Quand vous dites le Credo à la messe dominicale, vous ratifiez votre baptême. Comment donnez-vous à votre vie sacramentelle sa cohérence ? sa cohérence, c'est pour vivre la grâce du sacrement de baptême à travers nos vies qui sont comme elles sont, avec leur temps riches, leurs espérances fortes mais aussi leurs faiblesses ? Comment introduire le sacrement de réconciliation pour retrouver la sève baptismale ? Savoir considérer l'ampleur, la richesse de ce don des sacrements dans l'Eglise, vérifier comment on accueille aujourd'hui, comment on met en œuvre les talents reçus en vue de pouvoir grandir paisiblement dans la vie chrétienne malgré ce qu'il peut y avoir de difficile, de tentations, de loupé, de fragilité ici ou là.
Je pense que c'est bien, une fois dans sa vie, de pouvoir examiner, de pouvoir porter un regard attentif sur ces trois grands sacrements de l'initiation chrétienne : baptême, confirmation, eucharistie.
Même si la messe dominicale est difficile, regardez de plus près, "habitez" la messe. Ce n'est pas quelque chose qui se passe en face de vous, ce n'est pas un théâtre, c'est le mystère pascal du Christ. La liturgie vous offre de vivre le jeudi saint, le vendredi saint, le samedi saint et le dimanche : 4 jours essentiels des actes posés par le Christ de la semaine sainte en 1 heure de célébration ! Vous rencontrez des gens estimables quand vous célébrez la messe ! Quand je dis : "voici l'agneau de Dieu" (qui enlève le péché du monde), c'est Jean-Baptiste qui vous parle et qui pointe son doigt sur Jésus qui vient. Comme les disciples ont quitté Jean-Baptiste pour suivre Jésus, à ce moment-là de la messe, on oublie le célébrant, le prédicateur pour venir communier au Christ.
Quand on dit "je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole", vous voyez le centurion qui était un romain, non pas un juif et qui n'avait pas toute cette riche tradition spirituelle. Et Jésus fait son éloge, il dit :"j'ai rarement vu une foi pareille" Vous entrez dans le personnage du Centurion. Ce n'est plus le centurion qui vous parle, c'est vous qui reprenez les paroles du centurion. Il faut habiter les paroles de la messe car  ce ne sont pas des paroles  qui se sont accumulées comme cela au cours des siècles et qui sont comme un tas de cailloux !
Reconnaître ce don, voir où on en est de cette vie sacramentelle, , entrer dans l'intelligence du mystère qui nous est proposé d'une manière même très concrète. J'avais fait faire un exercice, une fois, par un groupe de jeunes qui préparaient la confirmation. J'avais d'ailleurs été un peu étonné moi-même du résultat. Cet exercice consistait à prendre l'ordinaire de la messe, (c'est-à-dire les prières qu'on dit à chaque fois qu'on célèbre la messe), à prendre le nouveau testament, et moyennant  le truchement d'un appareil informatique moderne, voir d'où venaient ces paroles de l'ordinaire de la messe. Quasiment tout vient de l'Evangile ! Vous dites : "moi, je me serais converti si j'avais vu Jésus qui était là, qui venait, qui parlait, qui posait des questions..." Mais vous l'avez là, dans la Parole de Dieu. Quand je lis la Parole de Dieu, que je dis "Acclamons la Parole de Dieu" et que j'embrasse l'évangile (je n'embrasse pas mon journal, moi !), c'est parce que c'est le signe du Christ lui-même. Dans les églises, on met deux cierges à côté de la Parole, c'est pour honorer le Christ qui nous parle. Les histoires de Zachée et les autres, je m'en fiche ! Mais c'est le Christ qui me dit : "descends vite, je veux venir habiter chez toi". Et quand on lit l'évangile de Zachée à cet ambon, ce n'est plus Zachée, au temps du Christ. C'est aujourd'hui Jésus, qui à travers le ministre vous dit : "descends vite de tes soucis, de tes rêveries, de ton manque de foi. Je veux venir habiter chez toi". C'est vrai ! "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Que je voie, que j'entre dans l'intelligence du mystère. "Va, ta foi t'a sauvé".

 

Haut de page

2. La prière : union à Dieu

Je voudrais vous parler de la prière, en lien avec un petit texte de Ste Thérèse de Lisieux. Ste Thérèse dit : "la prière, c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et qui m'unit à Jésus. Le but est l'union, la communion. Les sacrements nous font participer à quelque chose de la vie de Dieu. La prière nous unit à Jésus. Nous allons voir comment à travers cette "définition" de la prière selon Thérèse de Lisieux.
"Pour moi, la prière est un élan du cœur, un simple regard jeté vers le Ciel, un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie. Enfin, c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et qui m'unit à Jésus".
Un élan - un regard - un cri. C'est parfois plutôt un élan, ou plutôt un regard, ou plutôt un cri.

a. L'élan
C'est le côté pour entrer dans la prière. Il faut vouloir entrer dans la prière, il faut s'y disposer : un temps, un lieu, une règle de prière. Si vous vous donnez 10 minutes pour la prière le soir mais que vous ne savez pas ce que vous y mettez, vous risquez de mettre 10 minutes à savoir ce que vous allez mettre et c'est fini ! Vous pouvez prendre le matin une prière de laudes, un temps de silence devant le St Sacrement, une méditation d'un texte biblique. Il faut déjà le vouloir et entrer. C'est un élan du cœur. Ce n'est pas évident de s'élever vers Dieu même si on sait qu'on est qualifié par la vie sacramentelle. Ste Thérèse n'a pas dit un élan de l'esprit, au sens de l'intelligence. Ce n'est pas intellectuel. C'est un élan du cœur.

b. Un simple regard.
Ne disséquez pas le texte biblique. Ce n'est pas un cours d'exégèse, un simple regard qui embrasse l'ensemble du mystère. C'est un regard qui est plus cordial que pure activité cérébrale. Un simple regard jeté sur le Ciel. La prière n'est pas un regard sur moi-même. Vers le Ciel : Dieu, son mystère, sa richesse. Si vous dites par exemple "Dieu est bon", vous n'êtes pas dans la prière mais dans le commentaire. Mais si vous dites "Toi, Seigneur, tu es bon", alors vous lui parlez ! Ce n'est pas un regard furtif mais qui prend du temps, comme avec un ami qu'on croise au détour d'une rue et qu'on n'a pas vu depuis longtemps. Posez votre regard. Dieu pose son regard sur nous et nous aime et nous le révèle.

 

Haut de page c. Un cri de reconnaissance
"C'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie". Le cri est une expression inarticulée quand vous vivez quelque chose de limite, de très fort qui fait que dans la spontanéité, vous n'avez pas les mots, pas la possibilité d'articuler les mots. Une très grande joie, une très grande souffrance. Notre vie n'est pas toute linéaire. Nous pouvons vivre de très grandes joies, intérieures qu'on ne peut pas dire mais il peut y avoir de grandes souffrances qui nous marquent profondément, qui nous empêchent de dormir. La prière est aussi pour cela, pour tout l'entre deux. Quand on parle à Dieu, on ne lui dit pas "il fait beau temps, Seigneur ! Ca va bien ?" On lui confie l'essentiel et l'essentiel s'exprime aussi en terme de l'indicible, ce qu'on ne sait pas dire. On n'arrive pas à prononcer, à murmurer, même à un ami affectionné, on n'arrive pas à lui expliquer. Dans la prière, vous pouvez tout dire et le dire en vérité. Vous ne dites pas "mon petit Jésus je t'aime" quand en fait, vous en voulez à Dieu parce que il est arrivé quelque chose et  que vous accusez Dieu de telle ou telle chose. Dites-lui les choses en vérité, à travers ce cri de reconnaissance et d'amour, au milieu de l'épreuve comme au sein de la joie.

 

d. Quelque chose de grand
Ste Thérèse ajoute "enfin, c'est quelque chose de grand". Quelque chose de grand, de surnaturel. Ce n'est pas humain, ce n'est pas mièvre. Quelque chose de vraiment grand qui fait la dignité de l'homme. Socrate disait, lui qui vivait avant le Christ, que "l'homme sans dieu qui ne prie pas est un homme fou, sorti des chemins de la vraie sagesse". La sagesse de l'homme est de se lier à plus grand que lui, à Dieu. Ce lien s'exprime, se nourrit dans la prière. Il n'y a pas que les chrétiens qui prient. Il existe beaucoup de livres écrits sur la prière avant le Christ, en dehors de l'univers juif. Et des choses très belles, qu'on croit sorti de je ne sais quel saint du 3ème ou 4ème siècle. Mais nous, quand nous prions, nous prions par le Christ notre Seigneur dans la puissance de l'Esprit-Saint qui nous tourne vers le Père, grâce à cette habilitation que nous donne le baptême.
Quelque chose de surnaturel qui me donne cette paix profonde, cette paix intérieure, qui m'unit à Jésus. Les sacrements me font participer à la vie de Dieu et dans cet élan de prière vers Dieu, je m'unis au Christ de manière large. Si un jour vous êtes privés des sacrements parce que vous êtes partis par exemple dans un pays musulman, vous pouvez vous unir à Jésus par la prière.
Haut de page  

e. Se donner une pédagogie
Je ne dis pas que tout est simple. Je pense qu'il faut se donner chacun une pédagogie. Je citais trois éléments : un temps, un lieu, une règle de la prière ou un chemin de prière.

- Un temps
Si vous dites "je vais prier quand j'ai envie de prier", ça va vite être en dessous de 0 ! Donnez-vous un temps : 5 minutes, 10 minutes, chaque jour.

- Une règle
Ne vous donnez pas une règle déraisonnable mais suivez la règle que vous vous donnez. Si vous ne savez si elle est raisonnable ou pas, demandez à votre conseiller spirituel, à votre curé, à votre aumônier, au bon prédicateur de la retraite que vous ferez dans 6 mois ! C'est important !
St Benoît, le père du monachisme a donné une règle aux moines, il y a 15 siècles : cela n'a pas changé d'un iota ! Depuis 15 siècles, il y a des dizaines de milliers qui vivent de cette règle. Si les moines se donnent une règle, c'est parce qu'on en a besoin, et pas seulement les moines !

- Un lieu
Est-ce que j'ai un coin prière dans ma chambre ? Ste Thérèse prenait des images. Avec sa sœur, elle faisait même des images ! Si vous aimez les images, mettez des images !
Une règle : quelque chose de simple. Dans toute célébration de sacrement, dans toute prière, il y a une méditation d'un verset de l'Ecriture, une parole, un psaume. Ne lisez pas 10 pages ! Comme à Laudes, chaque matin, après le texte lu et écouté, on s'arrête, on reprend, on médite, on "mâche" cette Parole qui est de Dieu. Donnez-vous cela, un temps de silence, des intentions de prière que vous pouvez dire dans votre cœur ou marquer dans un carnet, reprendre le Notre Père, faire le signe de croix au début, à la fin, éventuellement ajouter encore une prière d'action de grâce. Des choses simples mais qui soient et chrétiennes et participant à cet élan, à ce regard, ce cri.

Haut de page

3. La charité vive : communion avec Dieu

En conclusion, je voudrais dire un mot sur la charité vive, l'exercice de la charité. Pourquoi ? C'est peut-être même en ce monde, sans rupture de lien dans le Royaume, le lien le plus fort qu'on puisse avoir après l'Eucharistie, avec le Christ, pour s'unir au Christ. Donner, visiter un malade, un prisonnier, secourir quelqu'un qui est pauvre, donner à manger à celui qui a faim, ce n'est pas seulement une œuvre sociale, utile, c'est rencontrer le Christ. "Celui qui a fait cela au plus petit d'entre les miens, c'est à moi qu'il le fait". Est-ce que vous aimeriez avoir fait quelque chose de sympa pour Jésus ? Lisez le chapitre 25 de l'évangile selon St Matthieu.
Vous connaissez le grand Saint Martin ?  un saint qu'on fête le 11 novembre, qui a évangélisé la Gaule, les campagnes : St Martin était un militaire, d'une unité d'élite de l'empire romain. Il a été obligé d'être militaire. Ce n'était pas un choix. St Martin a voulu quitter l'armée, mais avant de quitter l'armée - il était déjà chrétien - il a fait un geste qui est souvent présenté en image. Aux portes de la ville d'Amiens, il y avait un pauvre qui grelottait parce qu'il était insuffisamment vêtu. Il faisait froid, c'était l'hiver. Martin, qui portait un grand manteau, cette grande cape des officiers de la garde prétorienne a pris ce manteau, l'a coupé en deux et a donné la moitié au pauvre. La moitié lui appartenait, l'autre moitié appartenait à l'Empire. Il a donné tout ce qui était à lui. Imaginez les autres officiers qui étaient païens : ils se sont moqués de lui. Plus tard, Martin s'est couché et, endormi, et il a eu une  vision du Christ. Le Christ était habillé avec le demi-manteau et lui a dit "c'est à moi que tu l'as donné".
Je ne vous dis pas que vous aurez une apparition du Christ aussitôt ! Mais la vérité, c'est que c'est au Christ que vous l'aurez fait. Pour vous rapprocher, pour vous mettre en communion avec le Christ : vivez la prière, la vie sacramentelle mais aussi la charité vive. Chacun de nous, même dans un milieu hostile ou moqueur peut vivre cela discrètement mais en vérité.

Haut de page