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La parabole des vierges sages et des vierges
folles : Mt 25, 1-13
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"vous savez, je ne me suis jamais
appartenue"
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La retraite est faite pour
nous propulser, pour nous permettre d'écrire notre vie quotidienne avec plus de saveur,
avec plus de goût, plus de lumière.
La retraite n'est pas faite pour elle-même.Nous ne sommes pas faits pour rester ici. Les
temps forts sont faits pour nous permettre de vivre une vie ordinaire.
1. Respiration
entre vie intérieure et vie extérieure
Quand nous rencontrons la lumière, nous ressentons la nécessité d'aller l'annoncer à
nos frères. Nous ne pouvons pas garder pour nous le trésor de la Parole de Dieu.
Ainsi en est-il en Jésus : quand nous le regardons dans l'Evangile, il y a toujours ce
mouvement entre l'intérieur et l'extérieur.
Par exemple, la nuit de Noël est lumière pour le monde mais c'est la nuit.
Il y a aussi toute la vie de Nazareth et tout d'un coup, Jésus sort. Nous le voyons alors
souvent en prière et le matin il appelle ses apôtres . Il retourne en prière et
il va voir les malades, ceux qui sont dans le besoin, ceux qui sont dans la tristesse.
Il y a toujours cette respiration entre une vie intérieure plus obscure et une
manifestation.
a. Enfouis dans la vie ordinaire
Le sel et la lumière sont complémentaires, c'est pourquoi nous les voyons dans le même
passage. Quel lien peut-il y avoir entre le sel et la lumière ? C'est un lien important,
que nous avons à vivre.
Nous avons à être enfouis, tous ensemble, c'est-à-dire le corps que nous formons. C'est tous ensemble
que nous avons à être le sel. C'est l'enfouissement dans une vie ordinaire. La vie
d'amour se nourrit de petites choses. Il faut aimer dans le concret, par des petites
choses qui s'accumulent les unes les autres. De la même manière, une vie de désordre
commence et s'entretient par des petites choses qui s'accumulent.
Les petites choses font qu'il y a de l'huile pour la lampe ; souvenons-nous de la parabole
des vierges sages. Pourquoi les vierges sages ne donnent-elles pas de l'huile aux vierges
folles ? Il y a des choses qu'on ne peut pas communiquer même si on en a envie car il y
au fond de notre coeur comme un secret qui peut nous brûler le coeur. Même si nous
voulons le communiquer, quelque chose ne sera jamais communicable parce que c'est de
l'ordre du secret. Là où est ton trésor, là aussi est ton coeur. Alors quelle est
l'essence de ta vie ? Si j'ai de la joie dans le coeur, je ne peux pas forcément la
communiquer à celui qui est dans la tristesse. Tout ne peut pas être donné à ceux qui
m'entourent et pourtant Jésus me dit : "Allez baptiser dans les villes, les
villages, allez annoncer la bonne nouvelle... Annoncez un temps de grâce ...".
Jésus envoie ses disciples pour annoncer.
Il y a ces deux mouvements qui peuvent nous
intéresser : réunir le sel et la lumière dans une même dynamique, dans une même
vie.
b. Vie intérieure et vie de
charité
Avant d'éclairer le monde, le disciple doit être lui-même envahi de la lumière, faute
de quoi il serait comme un aveugle qui prétend guider d'autres aveugles. Si je suis
aveugle, je ne peux pas être lumière. Afin d'être lumière pour les autres, il faut que
je découvre en moi ce sel qui donne la saveur, c'est-à-dire que j'aie une vie
intérieure, que je découvre en moi ce Seigneur que j'ai essayé de prier tout au long de
ces jours. Je ne peux rien annoncer si je n'ai pas de vie intérieure. Mais l'inverse est
vrai aussi : je ne pourrai pas avoir de vie intérieure si je ne suis pas de plus en plus
dans un acte de charité qui me fait aimer les autres car c'est la charité, l'amour qui
nourrit ma prière. Jésus a voulu, lui aussi, être celui qui est modèle de notre vie
intérieure pour pouvoir être lumière et comme il est lumière, il enrichit sa vie
spirituelle avec son Père. Le chrétien est à la fois celui qui enrichit sa vie
intérieure et qui est lumière pour le monde.
c - Cultivez votre vie
intérieure !
Nous avons essayé de découvrir que nous sommes des êtres spirituels, que nous avons une
vie intérieure. En regardant cette vie quotidienne qui nous attend, c'est ce que nous
devons garder : "vous êtes le sel de la terre". Alors entretenons ce sel. La
retraite est un peu comme un bassin de décantation où l'eau s'évapore pour laisser
l'essence, le sel apparaître. Le sel qui a été décanté va donner vie, donner goût à
toute ma vie quotidienne qui n'est plus une vie banale mais qui peut être une vie
joyeuse. Cultivez votre vie intérieure ! C'est valable pour tout homme, en particulier
pour le chrétien qui ne doit pas rester cet escargot un peu desséché qui trouve que la
vie n'est pas très agréable quand il ne pleut pas.
Parfois le chrétien est peu comme celui-là, il se dit croyant mais ce n'est pas très
agréable.
Cela rejoint ce que nous avons à vivre de manière quotidienne car la retraite est un
temps fort et dans quelques jours, on se dira : "est-ce que je n'ai pas rêvé ?
" Est ce que cette joie qui était en moi n'était pas comme une illusion, créée
par un effet de groupe ?".
C'est là qu'il est nécessaire d'avoir une vie intérieure, sinon la grâce qui vient
m'humidifier ne permettra pas que je continue.
La vie intérieure est indispensable pour pouvoir diriger ma vie.
2.
Comment diriger sa vie ?
a - Mettre
de l'ordre
C'est l'histoire d'un prof qui arrive un jour devant ses élèves et met un gros bocal
devant eux. Il leur dit : "regardez bien, nous allons faire une expérience. Je
vais remplir ce bocal". Il prend des gros cailloux et remplit le bocal jusqu'à
rabord. Il demande à ses élèves : "est-ce que le bocal est plein ?" - non -.
Effectivement, le bocal n'est pas plein, il prend des graviers et les met dans le bocal et
comme il y a des interstisses entre les gros cailloux, il le remplit par le fond. Est-ce
que le bocal est plein ? - non -. On peut mettre du sable, on peut des choses plus
petites et il remplit le bocal. Est-ce que le bocal est plein ? Qu'est-ce qu'on peut
mettre encore ? Pas du poisson ! Mais on peut mettre de l'eau ! Alors le professeur
met de l'eau et remplit le bocal.
Est-ce qu'on peut mettre autre chose ? - non -. Peut-être du sel ? et après
? On ne peut plus rien mettre ? Alors le prof demande : "d'après vous, quelle
est la morale de l'histoire ?"
Il faut commencer par mettre dans son bocal les gros cailloux parce que sinon on ne pourra
pas rien mettre d'autre. Le but n'est pas d'en mettre le maximum et de plus en plus. La
morale est que si tu ne commences pas par les choses importantes, tu ne pourras pas les
mettre après. Si tu as commencé à remplir ton bocal avec des graviers ou du sable, tu
n'arriveras jamais mettre les cailloux par la suite, même si tu y mets de la bonne
volonté, même si tu as un grand désir d'avoir une vie bien pleine.
L'application concrète, c'est de voir quelles sont les priorités que vous voulez mettre
dans votre vie. Si vous ne les décidez pas maintenant, vous ne pourrez pas les mettre
après. Vous en souffrirez un petit peu, et à force vous vous direz :ce n'est pas grave,
cela ne pouvait pas fonctionner, ma vie est trop pleine. Je n'ai pas la place de mettre
mon temps de prière. Est-ce que cette vie que vous voulez vivre avec le Seigneur est
importante ?
Qu'est-ce que tu veux faire de ta vie ?
Mets d'abord les gros cailloux, ce qui te paraît important : ta relation avec les autres,
ta relation avec le Seigneur et donne-toi les moyens de vivre ce que tu as envie de vivre.
b. La
photothérapie
Nous avons des vies tout à fait banales, heureusement il y a des temps forts de temps en
temps pour nous relancer, ceci dit ce n'est pas toujours folichon !
Qu'est-ce que la photothérapie ? C'est se mettre sous une lumière intense parce que cela
fait du bien.
Qu'est ce que ce sera notre photothérapie ? Dans notre vie spirituelle, il y a une
expostion aux rayons qui nous sont donnés par la lumière de Dieu lorsqu'il est présent
au milieu de nous. Etre devant le Seigneur me fait du bien même si, sur le moment je n'ai
pas de sensation, de mouvement extraordinaire d'extase ! S'exposer à la lumière de Dieu
me permet d'entretenir cette vie en moi. Alors, cultivez votre vie intérieure ! Respirez
! Faites-vous du bien ! Ne vous brutalisez pas, ne vous impatientez pas. Il y a forcément
des moments où c'est plus difficile. A ce moment-là, se dire " je ne suis pas qu'un
tas de viande, je ne suis pas qu'une intelligence à qui on demande de faire des devoirs,
j'ai aussi un coeur qui a besoin d'aimer. Ce coeur-là, est-ce qu'il n'est pas un peu
désseché ? Si il est désseché, je vais l'humidifier, je vais le saler et je vais
l'exposer à la lumière.
Pour cela, il faut prendre cette décision AUJOURD'HUI, pour ne pas être surpris dans
trois jours en se disant : "tiens, tout a disparu..."
Il faut pouvoir s'imposer des exigences pour pouvoir bien vivre.
Je préfère avoir une bonne alimentation avec les vitamines dont j'ai besoin pour pouvoir
pratiquer le sport que j'aime.
Et je fais ce choix de choisir ce qui me fait du bien Avoir ce réflexe cette vie devant
Dieu, une vie intérieure. C'est une nécessité vitale, non pas de devoir religieux.
C'est une question d'hygiène humaine, d'hygiène spirituelle.
Alors respirez largement cette vie intérieure en retrouvant cet homme intérieur que le
Seigneur a envie de fortifier.
c. Communiquer, sortir de sa
coquille !
Nous ne sommes pas des escargots solitaires, enfermés dans leur coquille. Il faut
communiquer.
Un chrétien isolé est un chrétien en danger !
Effectivement, c'est difficile d'aller vers les autres. Aujourd'hui, pour pouvoir vivre sa
vie spirituelle, il faut aussi pouvoir communiquer. On communique en rejoignant la
communauté chrétienne, les jeunes qui sont sur place, en se renseignant sur les groupes
de jeunes qui peuvent exister parce que nous avons besoin de réaliser que nous ne sommes
pas les derniers chrétiens. Nous ne sommes pas les derniers des mohicans ! Nous avons
besoin de nous regrouper pour nous dire que nous sommes le sel de la terre, à
savoir que nous sommes un peu dispersés, mais nous avons besoin de nous retrouver avec
d'autres pour montrer que nous sommes une saveur vive. Communiquer, sortir de sa coquille
pour aller à la rencontre de l'autre.
On peut aussi utiliser les textos et tout ce que l'on veut : il y a même des
abréviations : xt = Christ
udp = union de prière
jmj = Jésus, Marie, Joseph
A vous d'inventer ! On pourrait faire un concours : à Tressaint, vous pouvez nous envoyer
un texto avec les plus belles abréviatons ! Nous, membres de Foyer, nous essaierons de
comprendre ! Et on vous donnera les résultats l'année prochaine !
Et quand on est tout seul dans sa campagne, si je reçois un texto : xt t bénit. udp. Hv
= le Christ te bénit, union de prière, Hervé.
Le Seigneur nous demande d'utiliser les moyens modernes, les e-mails pour vous donner vos
témoignages. J'ai pris ton adresse et dans trois mois, je te demanderai : où en
es-tu de ta prière ? dans notre temps de partage, tu avais parlé de ta famille : est-ce
que ça va mieux aujourd'hui dans ta famille ?
Nous avons besoin de réaliser que nous sommes précieux aux yeux des autres. L'amitié se
nourrit de petites choses, pas d'exploits sportifs ni forcément toujours de grands
moments. N'oublions pas tous ces petits moments où on peut se réconforter les uns les
autres et dire simplement je prie pour toi, joyeux Noël que le Seigneur te bénisse, ou
Christ est ressuscité (le jour de Pâques) ! Les Chrétiens ont besoin de communiquer, ne
pas hésiter à se dire le fond de leur coeur, c'est le témoignage. Nous avons besoin
d'aller vers les autres. Ma vie intérieure me pousse à aller vers l'extérieur, vers les
autres.
d. Ma vie de charité nourrit
ma vie intérieure
Nous voyons Jésus qui a toujours cette préoccupation : il n'agit pas pour lui, pour son
épanouissement personnel. Il ne pense pas à lui.
Je repnse à cette femme à l'hôpital qui me disait : "vous savez, je ne me suis
jamais appartenue". Même si elle avait cette maladie grave, elle pouvait sourire.
Jésus ne s'est jamais appartenu. Jésus a accepté de mourir et parce qu'il a accepté de
mourir, d'être dilué, de disparaître (c'est la vocation du sel, c'est de disparaître)
en aimant les autres alors la lumière de la résurrection a jailli du tombeau. C'est
parce qu'il a accepté de disparaître en donnant sa vie que le rayonnement de la
résurrection a pu jaillir du tombeau. Il y a un lien fort entre la vie intérieure, le
sel de la terre et la lumière du monde.
Cette lumière du monde, c'est tout ce qu'il y a de visible dans notre vie, tout ce qui
est aussi formulation car demain vous allez retrouver votre lycée, votre famille. Qu'est
ce que vous allez leur dire, qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ?
La charité est le moyen de vérifier que nous ne sommes pas dans l'illusion car si ma vie
spirituelle est simplement pour mon épanouissement personnel, alors-là NON !
La vie spirituelle est faite pour me pousser vers l'extérieur. Cette bonne nouvelle : je
ne peux pas la garder pour moi !
Equilibre entre ma vie extérieure et vie intérieure. C'est ma vie extérieure qui
nourrit ma vie intérieure. C'est parce que je commence à aimer que je vais pouvoir
nourrir ma prière.
Je me rappelle quand j'avais votre âge : une activité m'a beaucoup aidé. Je faisais
partie des conférences St Vincent de Paul. On allait visiter des grands-mères, on leur
apportait du charbon. Le contact avec les personnes âgées m'a beaucoup aidé.
Il est important dans sa vie de trouver des
lieux où on peut exercer la charité, où on peut rendre service. Rendre service, c'est
s'oublier soi-même, c'est la charité. La charité va nourrir la vie de prière.
Je vous encourage à trouver ce lieu qui peut être dans votre collège en aidant des plus
jeunes avec des cours, en rejoignant le Secours Catholique pour des cours
d'alphabétisation, en allant aider aux restos du coeur, pas forcément quelque chose qui
soit catholique, religieux mais qui nous mette en contact avec les hommes, avec la
détresse des hommes.
Aujourd'hui, en tant que prêtre, le fait de rencontrer régulièrement des prisonniers
change ma manière de prier car j'ai des visages, des circonstances très concrètes, des
situations difficiles qui nourrissent ma prière. En nourrissant ma prière, je fortifie
l'homme intérieur qui a besoin d'aller retrouver les hommes. C'est ce va-et-vient entre
la vie extérieure et la vie intérieure. Qu'est ce que tu peux faire cette année ?
Peut-être pas grand chose car c'est l'année du bac mais ce que tu peux faire,
fais-le. Les scouts appellent cela une bonne action, une BA. Régulièrement nourrir sa
vie quotidienne avec le souci des autres, le souci d'un service. Montrer que je ne suis
pas en train de me payer de mots et que ce n'est pas une illusion.
Il y a aujourd'hui beaucoup de malheurs, de détresses dans le monde et nous ne pouvons
pas rester insensibles. Mais si nous ne sommes pas insensibles, alors le Seigneur nous dit
: "et toi, agis, sois la lumière du monde".
Quand dans ton collège, tu vois quelqu'un qui se perd, ne sois pas accusé de
non-assistance en danger, si tu sens que c'est dangereux pour lui. On ne peut pas être
tranquille, de voir qu'il y a des millions de personnes dans le monde qui meurrent de
faim.
Agir : le Seigneur me donne la possibilité d'être au coeur du monde la lumière du
monde. Vous êtes la lumière du monde parce que vous l'avez recue, parce que le Seigneur
a éclairé ce que vous êtes.
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Oubliant le chemin parcouru, je vais
droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que
Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. Philippiens 3, 13-14
Prière de consécration dite
tous les matins par les membres du Foyer
Je te choisis
aujourd'hui, ô Marie,
en présence de toute la cour céleste
pour ma mère et ma reine...

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3. Comment
témoigner ?
Cette mission est une mission de tous les jours.
C'est retrouver ses collègues de travail, sa famille.
a. Attendre le moment
favorable
Témoigner pas forcément avec des discours car parfois il faut savoir se taire.
Parfois je passe des après-midi à la prison et je ne parle pas du Bon Dieu une seule
fois. Il suffit d'écouter, de rejoindre les hommes. Ils ont des choses à formuler
sur leurs détresses. Parfois il faut se taire parce que cela pourrait être un
contre-témoignage dans certains milieux.
Le but n'est pas que le message soit mal reçu mais qu'il soit reçu et donc je préfère
peut-être me taire et attendre le moment favorable. C'est là qu'il faut avoir une vie
intérieure pour que l'Esprit-Saint est en moi et me dira à ce moment-là : "vas-y,
parle, témoigne".
b. Dire "Je crois
en Dieu"
Si vous êtes venus ici un jour, c'est parce que certains vous ont parlé d'une retraite
possible, vous ont témoigné de ce qui les fait vivre. Il faut parfois annoncer - et
aujourd'hui nous sommes dans un pays qui n'est plus chrétien - avec des mots, en
disant : "je crois que Dieu existe", ne serait-ce que cela. C'est énorme :
"Je crois que Dieu existe, que Dieu est Amour". Les hommes ont soif. Je suis
surpris en prison de me lancer à dire des choses qui sont souvent reçues. Les hommes ont
soif, attendent mais ne sont pas capables de nommer leur besoin, leur désir qui est un
désir spirituel. Tu as en toi un monde immense, tu peux retrouver dans le silence de
l'espace intérieur quelque chose, quelqu'un peut venir te parler, te consoler.
c. Un langage vrai
Beaucoup de tes camarades seront attentifs à ce que tu dis si ton langage est vrai.
Car ce que j'entends souvent en prison, c'est : "les chrétiens, si ils étaient
déjà un peu plus honnêtes. Ils ont beau faire leurs prières à la messe mais quand on
voit comment ils se comportent à l'extérieur...". Je ne peux pas être en
contradiction avec ce que j'annonce et ce que je fais. Si ce que je fais est contraire à
ce que je dis, alors je suis un menteur et les hommes ne nous loupent pas ! Mais si mon
langage est vrai, si ce que je dis est suivi des faits alors je deviens crédible. Alors
peut-être qu'on rira de moi parce que j'ai dit que j'étais catho mais que deux jours
plus tard, on me dira : "je veux que tu pries pour moi car ma grand-mère est
malade".
On ne sait pas ce qui passe. Avoir ce courage de l'annonce, de pouvoir affirmer que Jésus
est vivant. Courage de dire aussi simplement "Je crois, je crois en l'Amour, en un
monde meilleur".
4.
Avancer au large
Je voudrais reprendre les mots de Jean-Paul
II, au début du millénaire, en sortant du Jubilé : "Avancer au large. Après
l'enthousiasme du Jubilé, nous ne retrouvons pas la grisaille du quotidien".
a. Retrouver mon
milieu
Après l'enthousiasme d'une retraite, nous ne retrouvons pas la grisaille du quotidien. Au
contraire, si notre retraite a été authentique, elle nous a comme dérouillé les jambes
pour le chemin qui nous attend. Il nous faut imiter l'élan de l'apôtre Paul : "Je
vais droit de l'avant, tendu de tout mon être et je cours vers le but en vue du prix que
Dieu nous appelle à recevoir là-haut dans le Christ".
Nous devons aussi imiter la contemplation de Marie, qui après le pélerinage de la ville
sainte de Jérusalem s'en retournait à la maison de Nazareth en gardant fidèlement dans
son coeur le mystère de son fils.
Nous ne retrouvons la grisaille quotidienne. Nous n'allons pas retrouver ce que nous avons
quitté parce que nous n'allons pas le retrouver de manière identique, non pas que le
milieu ait changé mais c'est moi qui ai changé. Peut-être que j'ai enlevé mes lunettes
noires pour mieux voir la couleur du monde, toutes les couleurs du monde, pour voir
non pas des camarades hostiles ou une famille qui m'impose des choses que je n'ai pas
envie de vivre mais des gens qui sont, eux aussi, habités par l'Esprit. Et je réalise
que si mon comportement change, mon milieu va changer. Je peux changer mon milieu si moi
je change. Je suis fait pour vivre dans un quotidien qui n'est pas gris mais qui est
lumineux et qui est salé. A moi de lui donner sa saveur et sa lumière.
b. Ecrire sur une page
blanche
Nous allons courir tout tendus vers l'avant comme dit St Paul. Cette vie-là, nous allons
l'écrire. C'est comme une page blanche sur laquelle nous allons écrire avec enthousiasme
!. Quelque chose a changé dans ma vie. C'est définitif ! Plus rien ne sera comme avant.
Ma vie est complètement bouleversés mais pour cela j'ai besoin de l'entretenir car je ne
suis pas conditionné ni programmé pour vivre ici comme des chrétiens. Vous avez été
solliscités par la grâce qui me dit : "veux-tu vivre avec moi cette année ?
veux-tu vivre avec moi ton quotidien comme Marie qui retourne à Nazareth ? Marie a du
accepter que les liturgies à la synagogue de Nazareth soient moins fastueuses qu'à
Jérusalem. Nous aussi avons à accepter les liturgies là où nous sommes, qui sont
peut-être moins bien que celles que nous avons lorsque nous sommes tous ensemble. Est-ce
que c'est la grisaille du quotidien ? Non, je garde cet enthousiasme, j'apprends à vivre
des choses essentielles avec un regard neuf et le plus important est que je me construise
moi-même.
c. Une règle ou un
minimum vital
La règle est importante. Il y a le minimum vital : tout ne doit pas se discutter en
permanence. Si tous les matins de l'année scolaire, vous vous demandez si il faut aller
à l'école ou pas, c'est exténuant ! Au bout de trois jours, vous aurez compris qu'il
faut y aller, alors on y va !
Dans la vie spirituelle, c'est un peu la même chose, il y a des choses qu'il ne faut pas
discuter. Si le dimanche matin, je commence à me demander si je continue à dormir ou si
je me lève pour aller à la messe, ça marchera une fois, deux fois, trois fois et puis
j'arrête. Alors que si je m'impose cette règle, dans ce cas, je ne discutte pas mais j'y
vais parce que je sais que j'en ai besoin pour me nourir. J'en ai besoin donc j'y vais,
non pas parce qu'on me le demande mais parce que j'en ai besoin. Je sais que j'ai besoin
de temps de silence où je me retrouve. Combien de temps par jour ? 5, 10 , 15
minutes par jour ? Quel est le minimum vital ? qui ne doit pas changer quels que soient
les événements. Si vous voulez vivre en communion avec ce que nous vivons ici au Foyer,
pourquoi ne pas prendre la consécration à Marie tous les matins ? C'est changer notre
vie pour ne plus que ce soit une grisaille mais une vie salée et lumineuse, c'est à dire
une vie qui ait du goût.
Un minimum de prière
Le minimum de prière peut changer votre vie si vous laissez la possibilité au Seigneur
de vous retrouver. Certains feront plus, et puis il y a aussi tous les extras parce que
lorsque je rencontre une église, je peut rentrer et me planter devant le tabernacle pour
la photothérapie. Parce que les 10 minutes que je ferai devant le tabernacle, ça peut
être une respiration extraordinaire qui va changer ma vie. Est-ce que je le fais pour moi
? OUI, un peu égoïstement mais en même temps, je ne le fais pas complètement pour moi
parce que lorsque j'arrive devant le tabernacle, il y a un tant de visages qui me viennent
en tête et je te présente Seigneur tous ceux que j'aime. Je te les présente et j'ai
envie d'aimer beaucoup plus. La vie de prière est faite pour me pousser vers
l'extérieur, pour que j'aille annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, aux affligés la
joie.
Un minimum d'amour
J'aurais besoin d'entretenir ma vie de prière par une vie où je rendrai service, où je
rencontrerai les hommes, où je vais les aimer. Alors ma vie de prière sera plus facile
parce que ma vie sera nourrie : Ttujours cette balance entre le sel et la terre. Dans
l'évangile, le sel et la terre sont regroupés. C'est l'enfouissement : une vie
ordinaire. Sainte Thérèse disait qu'on peut mettre beaucoup d'amour en ramassant une
aiguille, qu'on pouvait sauver une âme car c'est l'amour qui compte. Peu importe que nous
ramassions des aiguilles ou que nous soyons forts en maths, tous ce que nous avons à
faire, faisons-le avec amour. Cela suppose que nous nous retrouvions nous-mêmes et que
nous demandions au Seigneur sa force.
Donner envie
Le Seigneur nous a dérouillés les jambes, il nous a mis le coeur dans l'enthousiasme. Ce
n'est pas fait pour être éteint dès demain. Votre vie ne sera pas insipide si vous la
vivez avec le Seigneur. C'est le sens de l'évangile, c'est ce que le Seigneur veut nous
dire. Il vous fait confiance : "j'ai besoin de toi car il y a des jeunes qui
entendront parler de Dieu que si tu leur en parles". Si tu ne leur en parles pas,
peut-être que personne ne leur en parlera. Il ne s'agit pas de parler à tort et à
travers, et de toujours dire "tiens, voilà le catho qui va nous parler du Bon
Dieu..." mais voir ce que je peux faire pour être un homme qui donne envie d'être
chrétien. Je ne suis pas simplement illuminé d'une lumière extérieure mais j'ai
l'oeil qui pétille. Je suis heureux de vivre ce que j'ai à vivre et cela donne envie aux
autres. Demandons au Seigneur cette force de témoignage. C'est là que le Seigneur nous
attend. Il ne nous a pas dit : "va à Tressaint trois jours pour y rester un
an", il a dit "va à Tressaint trois jours pour retourner là où tu es : dans
ton collège, dans ta paroisse, dans ton mouvement. Va au MEJ, aux scouts, etc...
ressource-toi, je suis avec toi et je te guiderai".
Un coeur qui aime
Il m'arrive parfois de ma demander, lorsque je vais en prison, en rentrant par les grilles
ce que je vais aller faire cet après-midi, qui je vais aller voir. Il y a ceux qui
me demandent mais je me dis parfois, et cela est aussi une règle pour vous, ce n'est pas
forcément ceux qui demandent qui ont le plus besoin. Il y a tous ceux qui ne demanderont
rien parce qu'ils n'ont plus la force de demander. Souvent quand je rentre, je dis au
Seigneur ou à la Vierge Marie : "aide-moi à vivre ce que j'ai à vivre, guide-moi,
permets-moi d'aller frapper à telle ou telle cellule". Et parfois, j'ai l'impression
d'être attendu comme si je répondais à une prière, non pas moi mais c'est le Seigneur
qui se sert de nous pour faire le bien car nous sommes ses mains aujourd'hui, nous sommes
ses yeux, nous sommes ses oreilles, nous sommes le corps du Christ, nous sommes l'Eglise.
Nous lui donnons et nos mains, et nos yeux, et nos oreilles pour aller à la rencontre des
hommes et pour aimer comme il aime car "dans le coeur de l'Eglise ma mère, je serai
l'amour". Cela veut dire : je t'adore O coeur sacré de Jésus, je t'adore parce que
tu es mon Dieu et que tu m'aimes. Et je m'émerveille parce que ce coeur qui a tant aimé
les hommes vient vivre en moi pour me permettre d'aimer à mon tour.
Alors que nous arrivons au port, pour que notre vie ne soit pas insipide, Seigneur,
donne-nous déjà l'impatience d'aller retrouver le monde, l'impatience d'aller retrouver
les hommes pour leur dire que tu es bon, que tu nous aimes. |