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Personnellement,
j’ai toujours eu du mal à faire des choix, car j’avais envie
de faire tout ce que faisaient les autres jeunes : le sport, les voyages,
le cinéma, rencontrer de nombreux amis, passer des examens. Comme je n’étais
pas un surhomme, je n’ai pas réussi à tout faire. Je suis passé par
des périodes de découragement, parce que je me suis rendu compte assez
vite que c’était pratiquement impossible de sortir le soir
et de faire des études tout le jour. Pourtant j’aimais bien les
deux. Avec du recul je me rends compte que j’ai eu cette chance
extraordinaire de rencontrer des sages, des anciens, qui m’ont aidé à
prendre moi-même les décisions qui s’imposaient. L’un d’eux me dit
un jour : “Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ” . Je
n’ai jamais oublié cette phrase et j’en ajoute une autre qui est de
moi : “Le monde appartient à ceux qui savent aussi se coucher quand il
faut ”.
Entre
le choix du lever et le
choix du coucher, il y a encore une multitude de choix... Je
n’oublierai jamais cette visite chez un autre sage que j’étais venu
trouver pour demander conseil pour orienter ma vie. J’avais été très
long à lui raconter mes désirs et mes difficultés à tout réaliser ;
lui fut à la fois très chaleureux dans son écoute, et très bref dans
sa réponse : “Mon
ami, mettez d’abord de l’ordre dans votre vie et après ce sera plus
clair”.
Je
n’ai pas obéi tout de suite à ce conseil. J’avais
de l’ordre une idée un peu négative. Pour moi ordre voulait
dire monotonie, tristesse, conformisme, ritualisme... J’ai compris
longtemps après que je me trompais complètement.
L’ordre
est devenu dans ma vie la liberté d’établir des priorités dans mes
choix. Pour parvenir à cette liberté, il y a comme un combat
pour lequel je dois m’entraîner.
Ma
conscience, le lieu où je suis seul à prendre mes décisions est
parfois un champs de bataille où s’affrontent des choix de vie et des
choix opposés. Concrètement, est-ce que j’accepte cette invitation
chez des amis bien sympathiques, mais où je sais d’avance que cela va
mal finir, trop de tabac, trop d’alcool, de la musique trop forte...
Peu
à peu j’ai compris qu’il y a deux sortes de choix : des
choix qui font grandir et qui m’épanouissent et, à l’inverse, des
choix qui me font régresser et qui m’enferment en moi-même.
Bien
choisir n’est jamais acquis une fois pour toutes. Aujourd’hui
encore, le désordre fait des dégâts dans ma vie. Un
signal, c’est par exemple l’état de ma chambre ou de mon
atelier : quand il y a des affaires dans tous les sens, je sais très bien
que je n’ai pas la paix à l’intérieur de mon cœur. L’ordre extérieur
de ma chambre est un reflet de l’ordre intérieur.
Quel
bonheur, quelle paix de devenir de plus en plus capable de choisir
; cela coûte un peu, parfois beaucoup, mais c’est tout le sel, la
saveur de la vie.
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