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La vie est un choix

 

Témoignage d'  Henri,
membre du Foyer.
Donné au cour d'une retraite à Tressaint

des élèves de l'école de filles
de Châteauneuf-de-Galaure. Décembre 2000

Henri

 

Personnellement, j’ai toujours eu du mal à faire des choix, car j’avais envie de faire tout ce que faisaient les autres jeunes : le sport, les voyages, le cinéma, rencontrer de nombreux amis, passer des examens. Comme je n’étais pas un surhomme, je n’ai pas réussi à tout faire. Je suis passé par des périodes de découragement, parce que je me suis rendu compte assez vite que c’était pratiquement impossible de sortir le soir et de faire des études tout le jour. Pourtant j’aimais bien les deux. Avec du recul je me rends compte que j’ai eu cette chance extraordinaire de rencontrer des sages, des anciens, qui m’ont aidé à prendre moi-même les décisions qui s’imposaient. L’un d’eux me dit un jour : “Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ” . Je n’ai jamais oublié cette phrase et j’en ajoute une autre qui est de moi : “Le monde appartient à ceux qui savent aussi se coucher quand il faut ”.

Entre le choix  du lever et le choix du coucher, il y a encore une multitude de choix... Je n’oublierai jamais cette visite chez un autre sage que j’étais venu trouver pour demander conseil pour orienter ma vie. J’avais été très long à lui raconter mes désirs et mes difficultés à tout réaliser ; lui fut à la fois très chaleureux dans son écoute, et très bref dans sa réponse : “Mon ami, mettez d’abord de l’ordre dans votre vie et après ce sera plus clair”.

Je n’ai pas obéi tout de suite à ce conseil. J’avais de l’ordre une idée un peu négative. Pour moi ordre voulait dire monotonie, tristesse, conformisme, ritualisme... J’ai compris longtemps après que je me trompais complètement.

L’ordre est devenu dans ma vie la liberté d’établir des priorités dans mes choix. Pour parvenir à cette liberté, il y a comme un combat pour lequel je dois m’entraîner. Ma conscience, le lieu où je suis seul à prendre mes décisions est parfois un champs de bataille où s’affrontent des choix de vie et des choix opposés. Concrètement, est-ce que j’accepte cette invitation chez des amis bien sympathiques, mais où je sais d’avance que cela va mal finir, trop de tabac, trop d’alcool, de la musique trop forte...

Peu à peu j’ai compris qu’il y a deux sortes de choix : des choix qui font grandir et qui m’épanouissent et, à l’inverse, des choix qui me font régresser et qui m’enferment en moi-même.

Bien choisir n’est jamais acquis une fois pour toutes. Aujourd’hui encore, le désordre fait des dégâts dans ma vie. Un  signal, c’est par exemple l’état de ma chambre ou de mon atelier : quand il y a des affaires dans tous les sens, je sais très bien que je n’ai pas la paix à l’intérieur de mon cœur. L’ordre extérieur de ma chambre est un reflet de l’ordre intérieur.

Quel bonheur, quelle paix de devenir de plus en plus capable de choisir ; cela coûte un peu, parfois beaucoup, mais c’est tout le sel, la saveur de la vie.