J'ai été élevée dans un milieu catholique,
j'ai fait du catéchisme, j'ai été dans des écoles privées.
Je pensais donc être à peu près formée, connaître les bases sur le Seigneur, sur
l'Eglise, etc...
Et je me suis rendue compte à Tressaint que j'étais beaucoup moins formée que je ne
l'imaginais !
Au niveau de l'enseignement,
cette retraite m'a beaucoup appris. Ce n'était pas quelque chose d'extérieur, comme
quand on est en cours, mais cela concernait toute ma vie. Des paroles touchaient mon
coeur, pas simplement pour ma vie de chrétienne ou ma vie spirituelle, mais ma vie avec
ma famille, mes amis, dans mon travail, dans mes études. Le Seigneur, çà concerne tout.
Jusque là, ma vie de chrétienne était un peu dans un tiroir : j'avais beaucoup de
choses à côté. Et en même temps, c'était un tiroir très important pour moi, mais là
j'ai vu qu'il était possible que ce soit la commode en entier !
Cette prise de conscience, j'ai pu la réaliser principalement grâce au silence. Au début, le silence était un petit peu dur, parce qu'il y a beaucoup
de choses qui vous tournent dans la tête.
Et puis on n'a pas l'habitude... J'habite à Paris ; c'est une ville assez bruyante.
En même temps, le silence est devenu très vite quelque chose pour moi qui signifiait :
"Enfin je respire ! Enfin j'ai du temps pour me poser, du temps où le Seigneur me
parle".
Le silence est vraiment un espace où toutes les paroles que vous recevez dans la journée
- et il y en a vraiment beaucoup et elles sont toutes très importantes - prennent leur
place petit à petit. Et vous laissez le Seigneur vous modeler à travers le silence. Cela
aussi était une expérience assez nouvelle : j'avais l'habitude de rassemblements de
jeunes où "c'est super", "c'est la fête", mais pas cet espace de
coeur à coeur avec le Seigneur, où en est sans bruit, dans le respect profond de ce que
l'on est.
Par rapport aux retraitants : on n'était pas beaucoup de jeunes à cette retraite ; il y avait 80
personnes en tout ; on devait être une dizaine de jeunes. Au début, je voyais des gens
de tous les âges, de tous les milieux, etc... Nous avion l'adoration, la louange ; on
voyait que certains vivaient des moments forts, décisifs, etc... Et petit à petit, il y
a eu une vraie cohésion, une véritable unité dans la prière. C'était beau, parce que,
dans le silence, rien ne se passait apparemment. Et le dernier soir, quand on a pu
reparler, on avait en fait créé des amitiés, des liens de fraternité avec les autres.
Comme si on s'était vraiment connu à fond pendant une semaine. Cela aussi était une
expérience très belle.
Au début, quand on m'a dit "retraite
fondamentale", j'ai eu un peu un
mouvement de recul en me disant que c'était fondamental peut-être, mais sûrement quand
même pour des gens "avancés" ; je me disais que je n'arriverais pas à suivre
trois enseignements par jour, que ce serait trop solide, etc... En fait, pas du tout.
C'est accessible à tout le monde. J'ai été très heureuse d'y avoir participé. Ce qui
était super, c'est qu'il y avait autant des personnes de 70 ans qui viennent là tous les
ans que des gens venant pour leur première retraite : et le Seigneur compose avec tout.
Il nous prend là où on en est. Le tout, c'est de lui faire confiance.
Une retraite, c'est
fondamental, et je n'ai pas regretté du tout de l'avoir faite. |