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témoignages

Témoignage de Camille, 22 ans.
Travaille à Paris dans un cabinet de recrutement.
Témoignage donné en août 2001.

 
C'est une amie qui m'a emmenée pour la première fois à Tressaint, pour suivre une "retraite fondamentale". Je ne voyais pas trop ce que cela voulait dire. J'avais participé à pas mal de sessions avant, avec des temps d'enseignements mais qui portaient sur des passages de l'Evangile assez précis comme "le retour du fils prodigue" par exemple. 
Je suis arrivée à Tressaint ne sachant pas exactement ce qui se
passait, à part que c'était une retraite en silence, ce qui me faisait assez peur, et une retraite avec trois enseignements par jour.


J'ai été élevée dans un milieu catholique, j'ai fait du catéchisme, j'ai été dans des écoles privées.
Je pensais donc être à peu près formée, connaître les bases sur le Seigneur, sur l'Eglise, etc...
Et je me suis rendue compte à Tressaint que j'étais beaucoup moins formée que je ne l'imaginais !

Au niveau de
l'enseignement, cette retraite m'a beaucoup appris. Ce n'était pas quelque chose d'extérieur, comme quand on est en cours, mais cela concernait toute ma vie. Des paroles touchaient mon coeur, pas simplement pour ma vie de chrétienne ou ma vie spirituelle, mais ma vie avec ma famille, mes amis, dans mon travail, dans mes études. Le Seigneur, çà concerne tout. Jusque là, ma vie de chrétienne était un peu dans un tiroir : j'avais beaucoup de choses à côté. Et en même temps, c'était un tiroir très important pour moi, mais là j'ai vu qu'il était possible que ce soit la commode en entier !


Cette prise de conscience, j'ai pu la réaliser principalement grâce au
silence. Au début, le silence était un petit peu dur, parce qu'il y a beaucoup de choses qui vous tournent dans la tête.
Et puis on n'a pas l'habitude... J'habite à Paris ; c'est une ville assez bruyante.
En même temps, le silence est devenu très vite quelque chose pour moi qui signifiait : "Enfin je respire ! Enfin j'ai du temps pour me poser, du temps où le Seigneur me parle".
Le silence est vraiment un espace où toutes les paroles que vous recevez dans la journée - et il y en a vraiment beaucoup et elles sont toutes très importantes - prennent leur place petit à petit. Et vous laissez le Seigneur vous modeler à travers le silence. Cela aussi était une expérience assez nouvelle : j'avais l'habitude de rassemblements de jeunes où "c'est super", "c'est la fête", mais pas cet espace de coeur à coeur avec le Seigneur, où en est sans bruit, dans le respect profond de ce que l'on est.

Par rapport aux retraitants : on n'était pas beaucoup de jeunes à cette retraite ; il y avait 80 personnes en tout ; on devait être une dizaine de jeunes. Au début, je voyais des gens de tous les âges, de tous les milieux, etc... Nous avion l'adoration, la louange ; on voyait que certains vivaient des moments forts, décisifs, etc... Et petit à petit, il y a eu une vraie cohésion, une véritable unité dans la prière. C'était beau, parce que, dans le silence, rien ne se passait apparemment. Et le dernier soir, quand on a pu reparler, on avait en fait créé des amitiés, des liens de fraternité avec les autres. Comme si on s'était vraiment connu à fond pendant une semaine. Cela aussi était une expérience très belle.

Au début, quand on m'a dit
"retraite fondamentale", j'ai eu un peu un mouvement de recul en me disant que c'était fondamental peut-être, mais sûrement quand même pour des gens "avancés" ; je me disais que je n'arriverais pas à suivre trois enseignements par jour, que ce serait trop solide, etc... En fait, pas du tout. C'est accessible à tout le monde. J'ai été très heureuse d'y avoir participé. Ce qui était super, c'est qu'il y avait autant des personnes de 70 ans qui viennent là tous les ans que des gens venant pour leur première retraite : et le Seigneur compose avec tout.
Il nous prend là où on en est. Le tout, c'est de lui faire confiance.

Une retraite, c'est fondamental, et je n'ai pas regretté du tout de l'avoir faite.