Père Clément Ridard
L'adoration nous recentre sur Dieu, nous réajuste à Dieu, nous permet de le re-choisir. Quelques versets à garder de 3 passages de l'écriture :
Exode 3 :
Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à l'Horeb, la montagne de Dieu. L'Ange du Seigneur lui apparut au milieu d'un feu qui sortait d'un buisson. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour venir regarder, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales, car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte ! Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » ...
Irruption de Dieu dans la vie de Moïse ; le Seigneur manifeste sa présence et appelle Moïse par son nom.
Genèse 28 :
Jacob s'écria : «Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » Saisi de crainte, il disait : « Que ce lieu est redoutable ! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel ! »
1Rois 19 :
La parole du Seigneur fut adressée à Elie : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » A l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère. Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau.
Ainsi Dieu : il est douceur du vent, caresse du vent. Il vient nous rejoindre au niveau du coeur.
Il est là et je ne le savais plus ou je ne le savais pas.
Consentir en profondeur au mystère de sa présence.
Faire un acte de foi qui me dépasse, un acte de foi en sa présence : il est là.
Prêter attention au mystère de sa présence : Dieu est l'inconnaissable, l'insaisissable.
Moïse veut en faire le tour mais on ne peut pas faire le tour de Dieu, le prendre en son entier, le comprendre. Dieu ne se démontre pas, il se montre. Il me dépasse de partout, il est le tout autre, le saint, le transcendant.
Nous devons avoir un sens inouï de la grandeur de Dieu. Retrouver le sens de Dieu, le sens du sacré. Il est là : je suis en sa présence, je suis appelé à l'amour en sa présence.
Prendre conscience de son mystère : il est l'amour infini et je ne peux en douter et je ne peux pas le saisir.
La seule façon d'entrer dans sa connaissance est de prendre l'attitude de l'adorateur :
Psaume 94 :
« Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits »
Il est important de mettre notre corps en prière : il est langage dans les relations humaines. Il peut être langage dans mes relations à Dieu. Mon corps a soif de prier, comme mon coeur.
Psaume 84 :
« Mon coeur et ma chair crient de joie vers toi, ô Dieu vivant ! »
L'attitude corporelle va entraîner l'attitude de mon âme. Mon corps est un chemin de prière. Il va aider ou il va empêcher la prière. Autant le mettre au service de la prière.
Saint Paul (1 Co 6,20) : « Glorifiez donc Dieu dans votre corps ! »
Il est là et il m'attend !
L'adoration est la prière de la créature envers son créateur. Je suis sa petite créature. Je suis tout pour lui. Il m'a donné le privilège de le savoir et de librement, amoureusement, y consentir. Je suis unique à ses yeux. Il nous appelle chacun par notre nom. Je suis le chef-d'oeuvre de Dieu :
« je te bénis mon créateur pour la merveille que je suis, tous ces trésors au fond de moi que tu as mis sans faire de bruit. »
Laisser Dieu s'émerveiller de moi car Dieu s'émerveille de la créature que je suis. Il me veut, il me fait exister : « Que la lumière soit ! Que Clément soit ! Que Clément existe ! Et j'existe ! » J'existe et je vis du regard d'amour que Dieu pose sur moi.
Psaume 139 :
« Que je me lève ou m'assoie, tu le sais... »
Psaume 8 :
« Qu'est-ce donc que l'homme pour que tu en prennes souci, le fils d'un homme pour que tu penses à lui ? Tu l'as fait un peu moindre qu'un Dieu, le couronnant de gloire et de splendeur, pour qu'il domine sur l'oeuvre de tes mains. »
Mon créateur veut dialoguer avec moi : quelle grandeur est la mienne ! Je suis communion avec Dieu, mon père, mon créateur. Je suis fait pour lui, élan vers lui, face à face avec lui.
Dans la vie de Catherine de Sienne nous est raconté cet événement :
Une nuit que le Seigneur parlait à Catherine, elle se mit tout à coup à gémir :
« misérable, mais qui donc es-tu pour que Dieu daigne converser avec toi, face à face ? Qui suis-je, Seigneur ? Et dis-moi, Seigneur, qui es-tu ? »
Et le Seigneur de répondre : « Je suis celui qui suis ; tu es celle qui n'est pas. »
Il ne s'agit pas d'une leçon d'humilité mais d'une déclaration d'amour.
« C'est l'amour qui nous a tirés du sein du Père en nous créant par sa sagesse et c'est aussi le même amour qui nous conserve. Nous ne sommes faits que d'amour. Ô fou d'amour, avez-vous besoin de votre créature ? Oui me semble-t-il, car vous agissez avec elle comme si vous ne pouviez vivre sans elle. Vous qui êtes la vie et sans qui rien ne vit, pourquoi donc êtes-vous si épris de votre créature ? Pourquoi cet amour éperdu pour votre oeuvre ? »
Le Seigneur à Catherine : « Moi, ton créateur et ton sauveur, je t'épouse dans la foi » « Fais-toi capacité, je me ferai torrent. » (Je viendrai avec abondance).
Nous sommes existés par Dieu.
Me mettre dans un état de dépendance radicale. Laisser le Père m'étreindre sur son coeur comme l'enfant dans les bras de sa mère car Dieu me désire ardemment, Dieu me veut, Dieu me cherche, Dieu m'attend avec impatience.
La prière : la rencontre de Dieu avec l'homme. Le premier : Dieu à vouloir cette rencontre. Il vient vers moi.
« J'ai soif ! » J'ai soif de toi, de ton temps, de ta prière, de ton être, de ta réponse d'amour.
« Donne-moi à boire » Dieu est élan vers l'homme. « Laisse-toi trouver par le Dieu qui te cherche » C'est le Seigneur qui a pris l'initiative de cette rencontre avec lui dans la prière. Il vient mettre en nous le désir de lui, le désir de le rencontrer.
Dieu donne à qui donne ; Dieu se donne à qui se donne.