Marie-Madeleine

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" Parole pour aujourd'hui"

 

Homélie du Père Frédéric Rousteau
Pour la fête de Sainte Marie-Madeleine (22 juillet)



En fêtant Sainte Marie-Madeleine, nous entrons une peu plus dans ce grand mystère de mort et de résurrection,
mystère de tout sacrement : mort à nous-mêmes, à notre péché,
et retour à une pleine communion de vie avec le Seigneur et avec tous ceux qui nous entourent.
Nous entrons un peu plus dans le mystère de Pâques
dans lequel nous avons été plongés par le bain du baptême.

On ne sait pas très bien si en Marie-Madeleine nous retrouvons une, deux ou trois femmes des évangiles,
ce qui lui vaut d'être devenue la Sainte patronne des filles repenties, des parfumeurs et des jardiniers !
En elle, on retrouve la pécheresse qui parfume les pieds de Jésus,
Marie de Béthanie, la soeur de Lazare, les amis de Jésus,
et Marie de Magdala qui au matin de Pâques, rencontre le Ressuscité.

Ce qui est important pour nous, c'est le chemin que Marie-Madeleine
va faire avec Jésus
:
chemin de conversion, libération, chemin de guérison, chemin de renaissance, chemin de sanctification.
En marchant à la suite du Christ, Marie-Madeleine découvre le bonheur d'aimer en vérité.
Elle est transformée par sa rencontre avec Jésus.
Etonnant chemin que celui de Marie-Madeleine, la femme aux sept péchés :
sept démons, symbole du mal absolu qui possède cette femme, libérée par Jésus.

Ecrasée par le mal, impure, rejetée et méprisée, la voilà relevée et comblée de bonheur :
elle est la première à voir le Christ ressuscité.
On ne connaît pas bien son passé, sinon qu'elle était accablée par le poids du péché.
La vie de Marie-Madeleine est l'histoire d'une vie transfigurée qui nous révèle
jusqu'où peuvent aller l'amour et le pardon de Dieu.

Le Seigneur vient nous rejoindre sur nos chemins de misère.
Il vient briser les cadenas de nos prisons, pour nous libérer, nous inviter au festin des noces.
En appelant Marie-Madeleine par son nom, c'est toute l'humanité
croyante que Jésus nomme à nouveau, avec tendresse, son peuple, son enfant.
Jésus a libéré Marie-Madeleine de son accablement, de sa solitude.
Il lui a rendu sa dignité de femme depuis qu'elle marche à sa suite avec le groupe des femmes.
Libérée du mal qui l'habitait, elle est devenue une preuve vivante
de l'intervention miséricordieuse et efficace de Jésus de Nazareth.

Dans l'Evangile de Jean, Marie-Madeleine vient au tombeau pour pleurer.
Ses larmes montrent la souffrance d'être séparée du corps de celui qu'elle aime.
Il fait encore sombre.
C'est l'heure de la tristesse et des ténèbres dans l'âme de Marie-Madeleine.
Elle ne retrouve plus celui qu'elle aime.
Aveuglée par sa douleur et son amour, elle ne le voit pas, ne reconnait pas sa voix.
Ses yeux ne sont pas encore prêts à s'ouvrir à la lumière du Ressuscité.
Mais on pressent déjà que la lumière va jaillir, la pierre a été enlevée ;
dans la nuit de la mort, un nouveau commencement se fait jour.
Marie-Madeleine ne reconnaît Jésus ressuscité qu'à l'appel de son nom, avec les yeux de la foi :
Jésus ressuscité est à la fois le Tout-Autre et toujours le même.

Marie-Madeleine croit à la résurrection. Elle trouve vivant celui qu'elle cherchait mort.
Après avoir prononcé son nom : "Rabbouni", elle se fait disciple du Christ ressuscité,
comme elle l'avait été de Jésus de Nazareth.
Comme l'épouse du Cantique des Cantiques, elle vient de retrouver son Seigneur,
celui que son coeur aime, et ne le lâchera plus.
Marie-Madeleine a compris la première que le Christ ressuscité ne peut se rencontrer sans un acte de foi.
Une nouvelle relation à lui s'instaure, basée sur l'écoute et l'accueil de sa Parole.
Sa présence, le contact avec lui sont devenus spirituels.
Elle ne peut plus le rejoindre avec sa seule sensibilité et ses sens.

Elle sait que Jésus va monter vers son Père et qu'il sera, de là, plus présent
que jamais au coeur de ses disciples.
Marie-Madeleine reçoit la mission de faire découvrir aux disciples où est présent le Christ,
et où ils doivent le rejoindre. Ils sont devenus frères de Jésus parce qu'ils sont tous fils adoptifs
d'un même père, celui de Jésus : Dieu le Père.

Comme Marie-Madeleine, le Seigneur nous appelle par notre nom, pour marcher
également à sa suite. Il nous appelle à nous retourner, à nous convertir :
un retournement intérieur, pour le voir à l'oeuvre dans notre vie.
Alors, nous aussi, libérés et transformés, nous pourrons dire autour de nous :
"J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit".