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Lettre
aux retraitants
du
Foyer de charité de Tressaint.
22 mai
2002
Il
m'a été donné, en cette année du Centenaire de sa naissance, de
méditer plus que jamais le mystère de Marthe Robin : une femme
enfoncée dans le silence et dans la nuit et dont l'influence rayonne sur
l'Eglise et sur le monde tout entier.
Et remonte à ma conscience le thème donné par Jean-Paul II pour les
JMJ de Toronto :
"Vous
êtes le sel de la terre...
Vous êtes la lumière du monde." Matthieu 5,13-14.
Vous êtes le sel de la
terre
J'aime beaucoup la lettre à Diognète ; écrite vers l'an 200, elle semble
tellement répndre à la situation actuelle des chrétiens perdus au coeur du
monde ! Le Concile de Vatican II la cite expressément dans Lumen
Gentium 38 et Ad Gentes 15, comme méditation sur le sel de la terre :
"Les
chrétiens ne se distinguent des autres ni par leur lieu d'habitation, ni par leur langue, ni par leurs usages (...).
Pour le dire simplement : ce que l'âme est dans le corps,
les chrétiens le sont dans le monde.
L'âme est répandue dans toutes les parties du corps,
les chrétiens dans toutes les villes du monde.
L'âme habite le corps, mais elle n'appartient pas au corps ;
les chrétiens habitent le monde,
mais ils n'appartiennent pas au monde.
L'âme invisible se cache dans le corps visible ;
les chrétiens, s'ils sont visibles dans le monde, leur foi est
invisible. (...) Tel est le poste que Dieu leur a assigné et qu'il
n'est point permis de déserter".
Dès les premiers temps de
l'Eglise, la communauté chrétienne fut comme
le lieu échantillonnaire qui permettait aux païens de vérifier la
vérité de la
Parole de Dieu :
"Voyez
comme ils s'aiment !" (Tertullien, IIè s. Apologétique 39).
Ces communautés,
toutes petites et tellement fragiles, perdues dans la
masse écrasante de l'empire romain, étaient de véritables laboratoires
de
vie chrétienne intégrale" (Cf Actes Apôtres
2,42-47). Depuis,
la
communauté chrétienne demeure ce lieu de ressourcement et de
construction humaine et spirituelle pour tous ceux qui sont appelés à
l’approcher.
Nous
rejoignons alors le « mystère » de notre sœur Marthe Robin :
- une vie enfouie dans le silence et dans la nuit pendant plus de 50 ans ;
- une prière incessante pour tous ceux qui
venaient chercher la lumière
de la vie ;
- une communion à Jésus crucifié-ressuscité qui l’enfonçait de plus
en
plus dans sa solitude et lui donnait un cœur universel.
Cette vie perdue est à la source de la fécondité de tout ce qui se fait
de
bien et de beau dans tous les Foyers de Charité, et l’offrande dans
l’amour fait, une fois pour toutes, l’unité dans la vie de Marthe
Robin.
À la suite de Marthe, portés par sa prière et son intercession,
s’engagent
les membres des Foyers de Charité et les retraitants qui
viennent faire
une halte pour reprendre, avec une vigueur nouvelle, la
route de leur vie en
Église.
Dans l’engagement de nos frères, il est aisé de retrouver les quatre
nervures de cet appel que fait Jésus sur la montagne (Matthieu 5,13-14
Luc 14,34-35):
- leur vie est offrande et cette offrande est Eucharistie.
- Ils sont insérés, avec leurs prêtres, dans une communauté
ecclésiale.
- Par elle, ils sont reliés à l'Eglise diocésaine et universelle.
Et, au nom de l'Eglise, ils s'engagent dans le monde.
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"Vous
êtes
le sel de la terre.
Mais si le sel
perd sa saveur,
avec quoi
va-t-on le saler ?
... Vous êtes
la lumière du monde...
Ainsi votre lumière
doit-elle briller
aux yeux des hommes
pour que,
voyant vos bonnes
oeuvres,
ils en rendent gloire
à votre Père
qui est
dans les cieux"
Matthieu 5,13-14
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