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Lettre aux retraitants |
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Le 17 avril, au soir
du Jeudi Saint, devant tous les fidèles assemblés pour vivre |
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Il nous apparaît que les idées maîtresses de cette méditation tiennent en quel- ques mots. En effet, certains vocables reviennent constamment, qui nous mon- trent les insistances, peut-être mêmes inconscientes, de Jean-Paul II. Ainsi : * Le mot "mystère" répété 54 fois, et le mot "liturgie" 13 fois ; nous voyons combien l'Eucharistie, pour nous chrétiens-catholiques, est "le mystère de la foi". C'est-à-dire que toute notre foi aboutit à l'Eucharistie ou risque de ne de- meurer rient d'autre qu'une théorie au contenu plus ou moins évanescent. * Mais viennent aussi et reviennent les mots qui, peu à peu, construisent la pensée théologique de Jean-Paul II : communion (plus de 40 fois), communauté (22 fois), unité (12 fois). * C'est dans le cadre solennel de la liturgie du Triduum Pascal que JP II a donné cette lettre à l'Eglise et au monde. Il voulait manifester ainsi le caractère sacrifi- ciel de l'Eucharistie : - Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus : "L'Eglise étend aux hommes d'aujourd'hui la réconciliation obtenue une fois pour toutes par le Christ pour l'humanité de tous les temps." (EE 12). - Nous célébrons ta résurrection : "Le sacrifice eucharistique rend présent... le mystère de la résurrection." (EE 14). - Nous attendons ta venue dans la gloire : "L'Eucharistie est un avant-goût de la plénitude de joie" (EE 18). Notre terre tremblant de tant de soubresauts reçoit ainsi, en chaque instant, par tant et tant d'eucharisties, sa chance d'accueillir la paix que promet le Seigneur. JP II le répète : "Proclamer la mort du Seigneur" jusqu'à ce qu'il vienne" (1Co11, 36) implique, pour ceux qui participent à l'Eucharistie, l'engagement de transfor- mer la vie, pour qu'elle devienne, d'une certaine façon, totalement eucharistique" (EE 20). |
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JP II note tout naturellement que "si nous voulons redécouvrir dans toute sa ri- chesse le rapport intime qui unit l'Eglise et l'Eucharistie, nous ne pouvons pas oublier Marie, Mère et modèle de l'Eglise" (EE 53). Certes, concède-t-il, les évangiles restent terriblement silencieux sur ce thème : "On sait par contre qu'elle était présente parmi les apôtres dans la première communauté" (Ac 1,14) et donc dans les célébrations eucharistiques parmi les fidèles de la première génération chrétienne, assidus "à la fraction du pain" (Ac 2, 42). Cependant, la communion de la Très Sainte Vierge Marie à ce mystère vient de beaucoup plus loin et nous emporte bien plus avant. L'Eucharistie qui est un mystère de foi "qui dépasse note intelligence au point de nous obliger à l'aban- don le plus pur à la Parole de Dieu" (EE 54) Marie nous éduque à la foi et nous entraîne à faire ce que Jésus demande : |
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"Marie a exercé sa foi
eucharistique avant même l'institution de l'eucharistie, par le fait même qu'elle a offert son sein virginal pour l'incarnation du Verbe de Dieu" (EE 55). - "Il existe donc une analogie profonde entre le Fiat de Marie et l'Amen que cha- que fidèle prononce quand il reçoit le Corps du Seigneur... Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que, dans le mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de sn être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin" (EE 55). - Mais la Vierge Marie nous apprend à entrer dans le mystère de l'Eucharistie. Nous pouvons rapprocher la parole de Jésus : "Faites ceci en mémoire de moi" de la parole de Marie aux serviteurs de Cana : "Faites tout ce qu'Il vous dira". Marie nous montre ainsi que celui qui change l'eau en vin est capable de chan- ger le vin en sang. - Enfin, la Vierge Marie, présente au Calvaire, fait sienne "la dimension sacrifi- cielle de l'Eucharistie". Marie, recevant cette annonciation douloureuse du vieil- lard Siméon, anticipe d'une certaine façon le drame du Calvaire, vivant "une sorte d'Eucharistie anticipée, une communion spirituelle de désir et d'offrande" (EE 56). - "Faites cela en mémoire de moi" (Luc 22,19). Dans cette parole est contenue tout ce que le Christ à fait et fait encore pour nous. Donc également tout ce que Marie a accompli dans l'obédience parfaite qu'elle faisait à Jésus. Il lui confie le disciple bien-aimé et de la même façon chacun d'entre nous : "Voici ta Mère". "Vivre dans l'Eucharistie le mémorial de la mort du Christ suppose de recevoir continuellement ce don. Cela signifie prendre chez nous - comme Jean - celle qui, chaque fois, nous est donnée comme Mère" (EE 57). - La Vierge Marie "fait mémoire des merveilles opérés par Dieu dans l'histoire du salut" (Luc 1,55). "Chaque fois que le Fils de Dieu se présente à nous dans la pauvreté des signes sacramentels, pain et vin, est semé dans le monde le ger- me de l'histoire nouvelle. Marie chante les cieux nouveaux et la terre nouvelle qui, dans l'Eucharistie, trouvent leur anticipation" (EE 57). |
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JP II propose l'icône de la Trinité de Roublev comme récapitulation de sa contemplation du mystère de l'Eucharistie. Au coeur de l'icône, en effet, Roublev a représenté un calice, sur cette table qui signifie l'autel de ce monde. Mais les trois anges aussi "forment entre eux une coupe, image de la communion d'a- mour de la Sainte Trinité à laquelle tout homme est appelé" (EE 50). Il termine : "Mettons-nous à l'école des saints, grands interprètes de la piété eucharistique authentique. En eux, la théologie de l'Eucharistie acquiert toute la splendeur du vécu... Mettons-nous surtout à l'écoute de la Très Sainte Vierge Marie en qui, plus qu'en quiconque, le mystère de l'eucharistie resplendit comme un mystère lumineux. En nous tournant vers elle, nous découvrons la force transformante de l'Eucharistie". (EE 62). La conclusion du pape devient facilement la nôtre : ceux qui veulent parcourir le chemin de la sainteté n'ont pas besoin de nouveaux programmes. Le programme unique et sûr existe déjà, et c'est le Christ lui-même qu'il s'agit de connaître, d'aimer, d'imiter et d'annoncer. "La réalisation de cet itinéraire passe par l'eucha- ristie". |
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| Tout
au long des retraites de cet été, c'est le Christ ressuscité, coeur de notre vie communautaire et de notre vie chrétienne, qu'ensemble nous célébrerons et que nous annoncerons. Dans la joie de vous revoir dans une de nos trois maisons, nous vous redisons notre communion en Jésus et Marie. Tressaint, le 15 mai 2003 Père A.M. van der Borght, Père H. Gosselin et le Foyer de Charité. |
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