L'impossible de l'homme, c'est le possible de Dieu

Lettre aux retraitants
de Tressaint. Novembre 2001


En face de tous les événements mondiaux, je ne puis m'empêcher de penser à cette parole de St Pierre aux jeunes communautés chrétiennes de l'Empire Romain : "Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte" 1 Pierre 3,15.

Que peut-on apporter à ce monde qui ne sait pas ce qu'il attend,
qui ne sait où étancher sa soif,
qui n'a souvent que des désirs immédiats ?

Etre témoin de la foi.

À la manière de la Cananéenne, dont Matthieu nous relate la rencontre avec Jésus (Mt 15,21-28), il nous faut être ce témoin de la foi qui émerveille Jésus.
« Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » Lc 1827.
En témoigner dans le monde. Et donc permettre à Dieu d’être Dieu, pleinement, au cœur de notre vie en Le laissant réaliser cet impossible qu’Il fera pour nous parce qu’Il nous aime.

Mais ceci à
deux conditions fondamentales :

Que notre prière rejoigne sa volonté. Il nous faut donc, dans la prière, découvrir ce que le Seigneur veut que nous Lui demandions pour qu’Il puisse se réjouir de nous l’accorder.

- Que nous ayons foi dans le Dieu de l’impossible, car Jésus ne cesse de dire : "Qu’il en soit fait selon ta foi…"Mt 813
"Ta foi t’a sauvé…" Mc 534.
"Tout est possible à celui qui croit." Mc 923

Et Saint Paul nous précise :
"À celui qui peut faire infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander et imaginer, à Lui la gloire…" Éph. 320

Dans notre vie, notre prière butera toujours sur trois obstacles :

- Le temps : quand nous traversons une épreuve, le temps paraît exagérément long. Mais la durée éprouve notre foi et fait croître notre amour : un amour qui lutte est un amour qui grandit.

- Le
silence de Dieu : cette attitude que nous trouvons nombre de fois dans l’Évangile est quelque peu choquante et nous en demandons parfois compte à Jésus. Mais le silence de Dieu est provocation à la confiance et exaspération de notre désir d'amour.

- Le
rejet ou l’incompréhension de ceux qui nous entourent. C’est alors que notre persévérance devient acte de témoignage et source d’interrogation, voire, s’il plait à Dieu, de conversion pour les frères.

Dans ce monde dangereux qui est le nôtre, avec toute la faiblesse de notre être fragile et pauvre, le Seigneur nous invite à "persévérer dans la prière avec Marie, Mère de Jésus et avec les frères." Ac.112-14. Alors, quand l’heure de Dieu aura sonné, le Seigneur nous exaucera en nous donnant l’Esprit Saint qui fait toutes choses nouvelles.

Laissons l’Esprit agir en nous et acceptons d’agir dans l’Esprit pour la gloire de Notre Père.

"Ne retiens pas quand le Saint-Esprit te pousse à parler de Jésus.
Ne retiens pas tes larmes quand Dieu visite ton cœur.
Ne retiens pas ta louange quand tu es en sa présence.
Ne retiens pas ton énergie quand c'est pour faire l'œuvre de Dieu.
Ne retiens pas ton cœur quand il faut aimer celui qui ne le mérite pas.
Ne retiens pas ton pardon pour libérer ton cœur.
Ne retiens pas ta main pour aider le malheureux et l'indigent.
Ne retiens pas quand c'est Dieu qui ordonne.
Ne retiens pas, laisse Dieu faire et laisse-toi faire par Lui ! "
Pasteur Bertrand Colpier

Laisser Dieu nous choisir

"Ce n’est pas vous qui M’avez choisi ; mais c’est Moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure." Jn 1516

Les cinq verbes de ce passage de l’Évangile de Jean ont tous leur poids de sens pour nous engager dans notre vie avec Jésus et au service des frères :

- Choisis :  nous faisons l’acte de foi que Jésus ne se trompe jamais. Par le fait même, nous croyons que nous sommes aptes à la mission baptismale qui nous est confiée par le Seigneur.

-
Établis : nous croyons que dans la construction de l’Église de Dieu, nous avons une place que le Seigneur nous a réservée de toute éternité et que c’est là, et là seulement, que nous pourrons répondre à son attente. À nous de rester fidèles avec l’aide du Seigneur qui ne nous manquera jamais. Cf.1Co 19.

-
Alliez : le Seigneur nous invite à sortir de notre torpeur apostolique et caritative. Aller à la rencontre du monde là où Il nous envoie et nous laisser diriger par l’Esprit à la manière des apôtres. Cf. Actes des Apôtres . Jésus est le Bon Pasteur qui nous précède sur les chemins de notre témoignage, car c’est Son œuvre et non la nôtre.

-
Portiez : notre vocation n’est pas la stérilité, mais le fruit. Non seulement le Seigneur veut nous voir travailler, mais Il veut que nous portions du fruit. À la manière et dans l’influence de la Très Sainte Vierge Marie qui a porté du fruit cent pour un, parce qu’elle était totalement immaculée et qu’elle se laissait entièrement diriger par son Seigneur. Dans l’influence de la Vierge Marie, Marthe Robin, elle aussi, s’est laissée totalement diriger par Jésus : « Fiat, ô mon Jésus, mon Dieu, Fiat et toujours Fiat dans l’amour et le renoncement de tout. » 2 janvier 1930.

-
Demeure : Nous sommes appelés à porter un fruit constant et durable dans le temps. Non point des fruits étincelants et qui passent, mais des fruits peut-être plus cachés et plus humbles qui demeurent « dans la patience ». Seul l’amour est capable de porter des fruits qui durent.

"Tous les chemins de l’Église mènent à l’homme", disait Jean-Paul II à Puebla lors de son premier voyage missionnaire. Jamais l’homme n’a autant senti l’urgence de faire cette rencontre de l’Église qui possède en elle les chemins du salut pour tout homme, pour tous les hommes, pour l’humanité.

À tous et à chacun d’être présence d’Église au cœur du monde là où il a plu à Dieu de nous situer.

Les membres du Foyer de Charité de Tressaint-Dinard-Tréguier demeurent en communion avec vous et vous assurent de leur prière fidèle tout au long de cette nouvelle année d’engagement et de témoignage pour chacun d’entre vous. Ils seront toujours heureux de vous retrouver à la communauté de Tressaint, à la Maison saint François ou au Centre Spirituel saint Augustin pour partager avec vous la prière, la parole et le pain.

Bien paternellement en Jésus et Marie.
Père André Marie van der BORGHT .
Le 1er novembre 2001