Une sarcelle,
     un canard,
           un paon,...

Père Hervé Gosselin

Lettre aux retraitants
du Foyer de Tressaint.
Décembre 2004

Mosaïques de Tabgha


Chers amis,
Une sarcelle, un canard, un paon, un cygne, des épis de blé et des
fleurs aux calices généreux ! Nous vous offrons ce décor bucolique
pour accompagner nos voeux et illustrer notre nouveau dépliant des
retraites 2005.

Vivant à la campagne, nous apprécions cette nature, capable d'assurer
la subsistance à nos existences mortelles et de ravir nos yeux de ses
couleurs, ses lumières et ses formes. Les photos (ci-contre) viennent
de plus loin, d'une mosaïque du IVème siècle de la basilique de Tabgha
au bord u lac de Tibériade, en Terre Sainte. Elle dégage une grande
harmonie et une impression de liberté. Ce pavement très esthétique est
aussi très symbolique car, en ce lieu, a été vécu le miracle de la multi-
plication des pains.

Mosaïques de Tabgha


Ces oiseaux de différentes espèces que nous voyons manger à leur faim
et boire à leur soif représentent les hommes. Jésus a bien pris en compte
ces besoins fondamentaux de l'homme et s'en préoccupe encore aujourd'
hui. Aussi, en ce début d'année, souhaitons à notre humanité de savoir
respecter la nature créée par Dieu et capable de fournir la nourriture à
chacun. Puisse chaque famille subvenir à ses besoins par son travail, et
que la justice et le partage soient des moteurs actifs de la mondialisation.
Nous ne pouvons pas prier pour que cesse la faim dans le monde sans nous
engager dans la voie du partage : ce serait malhonnête !


Donne-nous, Seigneur, notre pain de ce jour.

Mosaïques de Tabgha

A partir de cette mosaïque, on peut également faire une évocation plus
spirituelle, y voyant cette recherche universelle de l'homme pour trouver
et goûter la paix, la joie, le bonheur, l'amour.

Les oiseaux se nourrissent d'épis de blé, s'abreuvent aux calices des fleurs
et se laissent comme transformer, "colorier" par ce qu'ils mangent et
boivent. C'est une parabole possible de l'Eucharistie, chemin de béatitude.
Sans cesse la coupe du Salut nous est tendue : Jésus est notre nourriture
et, comme le chante ce cantique maintenant bien connu, "devenez ce que
vous recevez : vous êtes le corps du Christ".

Notre pape Jean Paul II a décidé une année eucharistique à partir d'octobre 2004.
"Il est nécessaire que chaque fidèle assimile, dans la méditation personnelle
et communautaire, les valeurs que l'Eucharistie exprime, les attitudes
qu'elle insprire, les propositions de vie qu'elle suscite",
nous dit-il dans sa
lettre introduisant cette année liturgique, comme il affirmait aux jeunes cet
été : "L'Eucharistie reçue avec amour et adorée avec ferveur, devient une
école de liberté et de charité pour réaliser pleinement le commandement
d'amour."
Je vous encourage vraiment à lire tous ces textes du Pape, en
particulier "L'Eglise vit de l'Eucharistie" (avril 2003), et à accueillir ce qui se
vivra au cours de cette année pour approfondir ce grand mystère, source et
sommet de toute vie chrétienne, chemin d'humanisation et de sanctification.


Des réalités invisibles sont les pain quotidien de tous les chrétiens : Dieu
est notre Père, Jésus nous sauve, l'Esprit fait de nous des fils de Dieu et
des frères. C'est le ciel sur la terre : le Royaume est parmi nous ! A nous de
le découvrir et de le faire connaître à tous nos frères les hommes : les
moineaux à la patte cassée, les chouettes aveugles et les aigles plaqués
au sol par de grandes épreuves.

Heureux les invités au repas du Seigneur !
Cette invitation est pour tous et non pas seulement pour ceux qui sont présents
à la célébration... Le Christ a confié à son Eglise le trésor de l'Eucharistie,
un trésor à partager. De la célébration naît et grandit notre esprit missionnaire.
Le Royaume est proposé gratuitement. Y entrer, c'est trouver sens et
plénitude de vie.

 

 

 

 

 

Donne-nous, Seigneur, notre pain de ce jour !
Nous voulons confier cette année à la Vierge Marie ; en ce 8 décembre 2004
où nous fêterons le 150ème anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception,
nous contemplons ce qu'elle est par grâce et ce que, par grâce, nous sommes
appelés à devenir, puisque nous sommes "eucharistiés" ! Comme disait
Marthe Robin : "L'âme qui regarde Marie Immaculée sent tarir en elle les
sources du péché ; elle aussi veut être immaculée...".
Au début de cette
année liturgique, cette fête devient tout un programme, qui nous mène sur ce
chemin de la sainteté, tant désirée et offerte dans les sacrements.

Que Marie, "femme eucharistique" comme l'appelle Jean-Paul II, nous aide
à trouver le chemin du jardin où l'Amour est éternel.

Très joyeux Noël,
Bonne année eucharistique,
et à bientôt au Foyer.

P. Hervé Gosselin

Mosaïques de Tabgha