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Cette
méditation s'adresse à tous, car tous nous sommes en relation avec des prêtres, et du
regard que nous portons sur le prêtre il dépend que notre vie spirituelle s'épanouisse
ou s'étiole. La proximité de Dieu nous est assurée
par le prêtre.
Il est impossible de penser une Eglise sans prêtres, car le prêtre est essentiel dans le
mystère du salut.
Dieu nous a sauvés de près, non de loin.
L'homme sait le chemin de sa perte et ne sait pas trouver lui-même le chemin du salut :
Dieu vient pour nous sauver.
Jésus, avant de monter au ciel à l'Ascension, a donné à l'Eglise la mission d'être la
proximité de Dieu au coeur du monde.
L'Eglise, c'est le Christ amplifié dans sa plénitude. Par l'Eglise, Dieu apporte le
salut à l'humanité : proximité de Dieu !
Dans l'Eglise, le Seigneur crée des ministères. L'Eglise donne
la Parole de Dieu par elle-même. Les laïcs peuvent donner la Parole de Dieu, mais
l'Eglise a besoin du prêtre pour avoir les gestes de Dieu.
La Parole s'adresse à l'intelligence pour toucher le coeur. Le geste s'adresse
directement au coeur de la personne, va au-delà de tout langage. Le geste marque et
engage davantage.
Les gestes de Dieu sont les sacrements, gestes du Seigneur de tendresse, le
Christ passant au milieu de nous en faisant le bien. Par sa Parole, Jésus a annoncé ce
qu'il allait accomplir par ses gestes.
Le geste de Dieu exige toujours la présence d'un prêtre, témoin de la Miséricorde, de
la tendresse, de l'affectivité de Dieu.
"Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils" (St Jean)
Au prêtre, il est demandé la qualité du serviteur :
l'honnêteté.
Savoir dire ce que le Seigneur lui demande de dire, que cela plaise ou que cela ne plaise
pas. Pouvoir dire avec Saint Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens :"Jamais
nous n'avons eu un mot de flatterie ni recherché les honneurs, nous n'avons pas cherché
à vous faire plaisir, nous vous avons aimés."
Il faut parfois vous faire le mal d'aujourd'hui pour votre bonheur de demain. Il a fallu
vous rudoyer pour vous réveiller. Il a fallu parfois avoir ces paroles qui tranchent en
avant celui qui les reçoit et en arrière celui qui les dit.
Honnêteté d'aller jusqu'au bout du message : nous sommes dépositaires
d'une parole qui n'est pas la nôtre, intendants d'un mystère qui nous enveloppe. Ne pas
trahir, ne fusse par omission, le message. Bien sûr, cela entraîne critiques, moqueries,
calomnies... Il faut en demander pardon au Christ, seul et souverain prêtre, il faut
redonner au prêtre sa vraie place au coeur de la communauté.
Le prêtre est témoin de la tendresse au coeur de Dieu
pour chacun et de la préférence pour le pécheur.
Il porte sa sympathie à l'homme le plus douloureux sur la terre, l'handicapé de l'âme
qui vient dire : "j'ai encore fait cela".
Absorbés par leur ministère, les prêtres doivent devenir ces coeurs de Dieu tout
proches de l'homme au coeur blessé.
Le péché que vous apportez au prêtre entre dans son coeur par le coeur du Seigneur et
il ne vous dira pas "non, ce n'est rien", parceque le péché est toujours
beaucoup, mais il vous dira que
le Seigneur vous aime quand même. Vous expérimenterez auprès du
prêtre cette proximité de Dieu marchant à votre pas.
Le prêtre devra être le visage du Christ,
non un permanent de la pastorale, que l'on peut remplacer par plusieurs laïcs, mais,
partant de ce qu'il est, avec sa dureté, son orgueil, sa tiédeur et toutes les
déviations qui sont le lot de tout homme, il faut que la grâce transfigure son être
jusqu'à ce qu'apparaisse le visage du Christ.
A force de répéter "Ceci est mon Corps livré, ceci est mon Sang versé",
l'Esprit fera bien que le prêtre deviendra ce qu'il dit.
Bien sûr, à l'instant où il le dit, le prêtre perd sa personne et c'est la personne de
Jésus qui parle, mais le prêtre qui dit ces mots avec ses lèvres humaines est le
témoin de la proximité du Christ.
Au terme de notre vie, nous deviendrons translucides
de la Personne qui nous habite, une flamme...
Fais, Seigneur, que nous devenions ce que nous sommes ! |
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