PRETRE AU COEUR D'UNE FAMILLE ECCLESIALE

 

2 . Le prêtre est le témoin privilégié de la Parole au coeur de sa communauté.

Le prêtre est celui qui "annonce la Parole de la part du Christ. "

  • La grâce spécifique du prêtre est de porter en lui, selon le propos du Cardinal Danneels, " la garantie que sa prédication est ‘apostolique’, c’est-à-dire qu’elle est une parole qui remonte au Christ et aux apôtres sans falsification. C’est la parole que le Christ Lui-même dit à sa communauté ici et maintenant.(4)"
  • Le prêtre est l’homme de la Parole, le témoin d’une Parole qui le brûle et dont il a puissance dans l’Esprit de pouvoir embraser les coeurs qui l’approchent.

  • J’en ai eu l’expérience lors de ma première retraite en Foyer de Charité. C’était à Châteauneuf-de-Galaure, en septembre 1960, j’avais 35 ans.
  • Mon père était mort subitement le 2 février précédent. Par ces chemins douloureux, le Seigneur exauçait, au delà de toute espérance, la prière que j’avais faite à la grotte de Lourdes le 2 janvier de cette même année : " Je veux que cette année 1960 soit comme un nouveau départ pour mon sacerdoce. " J’étais prêtre depuis 12 ans, heureux de l’être. Mais dans ma vie de professeur, il ne se passait rien. Et très vite la douce tiédeur d’une vie trop facile me guettait, je le sentais.
  • Même si les routes que nous faisions en montagne, avec les scouts-routiers, pouvaient nous réjouir grandement et renouvelaient à chaque fois mon ardeur, trop vite me reprenait le rythme lassant des cours et des jours toujours recommencés.
  • Et, de plus, une question lancinante me taraudait : comment annoncer Jésus Christ à des jeunes qui bien souvent ne l’attendaient pas, ne désiraient rien ?
  • Le premier soir de la retraite, j’étais dans cette attente. Et, dès que le Père Finet a commencé à parler, en un instant, j’ai su :
  • - que c’était là que le Seigneur m’attendait,
    - que la communauté chrétienne était essentielle pour l’annonce vigoureuse de la Parole et la proposition de la foi ;
    - que j'avais trouvé la terre où se réaliserait ma croissance.

Il m’a fallu 5 ans pour que cet appel devienne réalité ; et c'est le 25 octobre 1966 que nous avons pu fonder Tressaint : nous étions quatre; nous sommes maintenant, grâce à Dieu, plus nombreux. Béni soit le Seigneur !

  • C’est ainsi que le Père Finet m’est apparu comme le type même du prêtre par la parole de feu que le Seigneur mettait sur ses lèvres et faisait jaillir de son coeur ; par sa passion d’annoncer Jésus Christ à tous les ‘chercheurs de Dieu’ qui se rassemblaient à ses retraites.

Il fut pour moi, à ce niveau, un modèle avant d'être un père.

  • Je n'ai compris que plus tard, bien plus tard, qu'il était porté par l'offrande qui montait sans cesse de la petite chambre de la Plaine, où Marthe Robin, à sa manière, vivait son sacerdoce de laïque.

 (4) Ibid p 26