PRETRE AU COEUR D'UNE FAMILLE ECCLESIALE

 

4. Le prêtre est le père de la communauté ecclésiale qui lui est confiée.

Pour parler de ce qui me tient peut-être le plus à coeur, ma vocation de père de cette communauté de Tressaint, fondée en 1966, sur un appel d’Église, j’emprunterai quelques mots à Jean Vanier, notre frère et notre ami, qui dira son attente de laïc, immergé dans le monde des pauvres :

Le prêtre dont nous avons besoin aujourd’hui est un prêtre qui rende présent Jésus ‘doux et humble de coeur.’ Et, pour aller encore plus loin, un homme qui accepte de s’engager auprès des personnes comme père, et comme père spirituel :

Beaucoup de jeunes n’ont pas eu de père réellement présent...Ils ont besoin de quelqu’un... qui les accompagne en leur révélant que Jésus est présent dans leur coeur et qu’Il les appelle.Ainsi ils arriveront à prendre leur place dans notre société si brisée (6). "

Le prêtre est père par nature, par vocation et par mission, comme le rappelle le Concile de Vatican II (7);

Père au coeur de sa communauté ecclésiale, le prêtre :

  • partage le pain de l’Eucharistie et consacre ainsi la communauté dans l’unité de la charité ;

  • donne le pain de la Parole et, jour après jour, rassasie la faim de sa communauté ;

  • offre sans cesse le pain de la Volonté du Père à travers le conseil spirituel pour la croissance de chacun et du Corps tout entier ;

  • et se réjouit de vivre le partage du pain de la table de famille.

Au coeur de la communauté chrétienne, le prêtre devient ainsi tout naturellement le garant de l’unité de cette communauté, que Marie rassemble pour la donner à Son Fils.

 

5. Dans l’eucharistie, le prêtre communie chaque jour à sa propre croissance.

L’Eucharistie est l’acte suprême et initial de la vie du prêtre : L’Eucharistie célébrée chaque jour entraîne le prêtre dans son propre dynamisme. Quand il célèbre au coeur de sa communauté, le prêtre devient peu à peu ce que les paroles disent et que les gestes expriment.

Il répète les paroles de la consécrationet il est emporté dans le mystère qu’il célèbre :

Il prit le pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples...  "

De jour en jour, il prend une conscience plus aiguë de ce qu’il vit en union avec son Seigneur, en communion avec ses frères :

C’est lui, le prêtre, que le Seigneur prend et non seulement le pain ;

C’est lui, le prêtre, que le Seigneur bénit pour en faire son ministre et le serviteur de ses frères.

C’est lui, le prêtre, qui est souvent rompu, brisé par la mission, écartelé par sa trop grande indignité ;

Et c’est lui qui est donné par le Seigneur Lui-même, à son peuple, à sa communauté pour être la présence de Jésus auprès des frères et pour leur service.

Depuis 50 ans, j’ai la grâce de pouvoir célébrer la Messe chaque jour au coeur de ma communauté de vie.

Messes jadis en montagne avec les Scouts-Routiers, dans les neiges d’Arémoulit ou dans le brouillard du Vignemale ;

Messes silencieuses, dans la chapelle du collège (St Louis), parfois avec quelques élèves déjà marqués par le Seigneur. Certains sont ici aujourd’hui.

Surtout, depuis plus de 30 ans au Foyer de Charité, cette messe quotidienne et festive : c’est là que se rassemble la communauté ; c’est là se refait et se parfait progressivement le Corps que nous formons ; c’est là aussi que la communauté accueille son père et l’offre à son Seigneur. .

(6) Jean Vanier, Quel est le prêtre dont l'Eglise a besoin aujourd'hui ? Il est Vivant, N°80, p.13
(7) Vatican II, Le Ministère et la vie des prêtres, N°9