PRETRE AU COEUR D'UNE FAMILLE ECCLESIALE

 

6. Le prêtre, homme de la prière
et serviteur de la prière communautaire.

En terminant, nous ne pouvons pas nous empêcher de vous citer Mère Teresa :

" L’Église et le monde n’ont jamais eu besoin de prêtres saints comme aujourd’hui.. Quoi que vous fassiez, que cela jaillisse de votre vie consacrée... Le Christ vous offre sa fidélité, son amitié personnelle, et, pour établir cette unité vivante plus belle, il donne l’Eucharistie.(8)

Il est dans la tradition prophétique d’intercéder auprès de Dieu.

– En présence de son Seigneur, le prêtre prolonge sa Messe et son action dans son adoration. A l’exemple de Jésus, éternel et souverain prêtre, qui prolonge la première Eucharistie par la grande prière sacerdotale, qui est prière de louange et d’intercession.

  • Puissante est la prière du prêtre qui se laisse saisir par la contemplation du Christ qu’il a consacré dans l’eucharistie célébrée.

L’adoration n’est pas pour le prêtre un " intermède cultuel qui le distrait " de la vie des hommes. Elle est prise en compte et du besoin des hommes et de la nécessité de s’en remettre à Dieu. L’adoration engage le prêtre auprès de son peuple et à son service.

Mais le prêtre a sa place également au coeur de la prière communautaire. Le Concile Vatican II insiste en ces termes : " Au milieu de tous les baptisés, les prêtres sont des frères parmi leurs frères, membres de l’unique Corps du Christ dont la construction est confiée à tous (9)."Dans la prière communautaire, le prêtre se retrouve alors " pauvre parmi des pauvres. " Pour lui, comme pour tant d’autres, prier c’est souvent s’efforcer.

Combien fois, au soir de la journée, n’ai-je pas été reconstruit par le dialogue très doux de la prière mariale de notre foyer, ce chapelet chaque jour médité et partagé, remise à Marie de notre confiance et de notre pauvreté.

La prière du prêtre et la prière des laïcs se réconfortent l’une l’autre. Le prêtre, dans la prière comme dans la vie, sera auprès des membres de sa communauté le témoin, le signe et l’instrument de l’unité.

(8) Mère Teresa, Vivez pleinement votre Sacerdoce, Allocution aux 5000 prêtres réunis à Rome pour la retraite sacerdotale mondiale, septembre 1990
(9) Vatican II, Le ministère et la vie des prêtres, n°9

 

 

 

7. Et maintenant...

Se rassemblent en vous les espérances et les attentes de l’Église du 3ème millénaire. Elle est là et nous la contemplons dans toutes ces familles assemblées.

  • Célébrer son jubilé sacerdotal, c’est rendre grâce à Dieu pour tant de merveilles dans tant de misère. Mais c’est aussi prendre une conscience aiguë que la plus grande partie de la route est faite, que la part la plus importante est accomplie de la tâche qui nous avait été départie.
  • Comme le paysan au bord du champ, le soir, contemple le fruit de son effort et se réjouit des andains qu’il a pu labourer,
  • mais ne peut détacher son regard de la friche qu’il n’a eu ni le temps, ni la force, ni le loisir de travailler,

    Le prêtre, au soir de son labeur, bénit le Seigneur pour tout qu’il a fait avec Dieu, " chaque jour au travail avec nous, notre compagnon, faisant de tous le mieux, " mais voit aussi tout ce qui reste à faire et que sans doute il ne pourra pas faire.

Ses forces sont moindres qu’il a usées au service de son Seigneur dans l’amour de ses frères.

Et monte en lui la question qui deviendrait angoisse n’était sa confiance éperdue dans le Maître de la moisson.

Qui pourra, dans la suite des jours, mettre la main à la charrue, que sa fatigue aura abandonnée ?

    • Car nous le savons bien : seul un prêtre peut remplacer un prêtre.
    • Nous bénissons le Seigneur pour toutes vocations dont il nous a comblés depuis 50 ans de vie sacerdotale, depuis 32 ans de vie communautaire dans ce Foyer de Tressaint. Mais nous ressentons de plus en plus douloureusement le besoin extrême de l’Église.
    • A vous, les jeunes alors, de vous poser loyalement la question : Quel est l’appel de Dieu sur moi ? Car, je le crois, il n’y a pas, quoi qu’on en dise, une crise des vocations ; mais il y a certainement une crise des réponses !! Vivre de telle façon que Dieu puisse appeler.
    • A vous, laïcs, aussi, de tirer du coeur de Dieu, par votre prière et votre vie en Église, les vocations sacerdotales, religieuses et communautaires dont l’Église a besoin pour assurer sa mission.
    • A vous pères et mères de famille de climatiser votre milieu de vie pour que, plus facilement qu’ailleurs, l’appel de Dieu puisse être entendu.

Car,

    • pour que la Parole de Dieu soit annoncée ici et maintenant par le Christ Prêtre, il faut que des hommes consacrent leur vie à la Parole .
    • Pour que le sacrifice du salut soit offert ici et maintenant pour appeler la miséricorde de Dieu sur notre monde blessé, il faut que des hommes acceptent de consacrer leur vie à consacrer le Pain ;
    • Pour que, ici et maintenant, le Christ puisse être l’écoute compatissante du Père, il faut que des hommes acceptent de donner leur vie pour aimer Dieu en se donnant à leurs frères blessés ;
    • Pour qu’une prière ardente, au nom de l’Église et du monde tout entier, monte vers le Père ici et maintenant, il faut que des hommes acceptent de se laisser saisir par l’appel de la prière, dans une vie sacerdotale, contemplative ou active, solitaire ou communautaire.

Et maintenant, sur notre assemblée, va couler, comme un signe d’espérance, l’évocation du mystère de Marthe Robin et du Père Finet, les deux sacerdoces réunis en un même appel pour fonder une même oeuvre :Dieu ne serait pas Dieu, qui ne pourrait entendre cet appel d’amour, de larmes et de sang qui pendant tant d’années est monté de la Plaine.

C’est pourquoi déjà, nous offrirons au Père notre action de grâce émerveillée et nous proclamerons notre espérance :

    • douloureuse sera sans doute notre Église du début de ce siècle nouveau, qui traîne les problèmes du monde finisssant. Statistiquement, nous n’échapperons pas à la crise ;
    • Belle et rayonnante sera l’Église de 2015 - 2025, cette Église que vous portez dans vos familles chrétiennes et que votre foi et votre charité construisent humblement jour après jour ;

C’est à un ancien évêque de Saint Brieuc, Mgr Kervennic, que nous demanderons le mot de la fin :

Ce monde, toujours aimé de Dieu,
déjà sauvé par le Christ,
même s’il ne le connaît pas encore,
attend de notre part que nous lui soyons présents,
à la manière de Jésus,
avec un regard bienveillant
et un parti-pris d’espérance. "


Père André Marie van der Borght
Tressaint le 22/5/98