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notrepere01.gif (2809 octets)                                           P. Frédéric Rousteau

Homélie du Père Frédéric Rousteau
Juillet 2004


Le "Notre Père" : un des points les plus importants de l'Evangile. Autrefois,
le Notre Père était remis aux catéchumènes la veille de leur baptême,
avec l'explication de l'eucharistie. Celui qui le recevait en gardait les paroles
comme des reliques et attendait avec anxiété le moment de le proclamer,
en sortant, purifié, de la piscine baptismale.

Nous avons un peu perdu le sens mystérieux de cette prière, sortie de la
bouche de Dieu et retournant à l'oreille de Dieu.
Nous recevons le Notre Père des mains de Jésus, comme les apôtres le
jour où, voyant Jésus prier, ils lui demandèrent : "Seigneur, apprends-nous
à prier".
 

"Notre Père
qui es aux cieux,
que ton nom
soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté
soit faite
sur la terre
comme au ciel.

Donne-nous
aujourd'hui notre
pain de ce jour,
pardonne-nous
nous offenses
comme nous
pardonnons à ceux
qui nous ont offensés,
et ne nous soumets
pas à la tentation,
mais délivre-nous
du mal."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Notre Père est la prière de la tête, qui se diffuse dans tous les membres et
devient la prière de tout le corps qui est l'Eglise. Le Notre Père est l'onde de la
prière de Jésus, qui se propage dans tous les siècles.

Il y a une grande ressemblance entre le Notre Père et l'Eucharistie.
Dans l'eucharistie, se perpétue Jésus serviteur, qui se donne au Père pour les
hommes. Dans le Notre Père, se perpétue la présence de Jésus qui prie.
Dans l'eucharistie, il y a une communion dans le corps du Christ.
Dans le Notre Père, il y a une communion dans la prière du Christ, et c'est cela
la véritable communion spirituelle que nous pouvons expérimenter à tout moment
et aussi quand la communion sacramentelle n'est pas possible.

Le Notre Père est l'Evangile abbrévié, l'Evangile en prière. Il est une véritable
école de prière où nous apprenons à parler la langue de Dieu.
Père, Abba, est le cri par lequel Jésus commence toute prière. C'est la voix même
de Jésus, avec toutes sa conscience d'être le fils unique d'un tel Père.
Maintenant, cette conscience de fils nous est donnée : par le Fils unique, à tous
les fils adoptifs.
Et le Père qui est aux cieux, le Saint, le tout Autre, se met à notre portée, nous
parle par son Fils.

QUE TON NOM SOIT SANCTIFIE
Dieu qui est saint n'a pas besoin d'être sanctifié par nous. Mais il est la source
de notre sainteté, depuis notre baptême. Que nous sancitifiions le Nom du
Seigneur en persévérant dans la sainteté ; que nous devenions l'Eglise des saints,
qui proclame la sainteté de Dieu et sa miséricorde ; que Dieu, par notre vie,
soit sanctifié en nous.

QUE TON REGNE VIENNE
Le règne de Dieu est présent au milieu de nous : c'est Jésus Christ, crucifié et
ressuscité, présent jusqu'à la fin des temps.
Ce règne est en croissance ; il sera accompli lorsque le Fils remettra toute la
création transfigurée à son Père qui sera alors véritablement reconnu comme roi
sur toute la terre, aimé, car Père de tous les hommes.

QUE TA VOLONTE SOIT FAITE
Que nous fassions régner le Christ en nous, c'est la volonté et l'oeuvre du Père
de sauver tous les hommes, manifestée et accomplie par Jésus-Christ.
Que s'accomplisse sur nous la volonté d'amour du Père, sur la terre comme au
ciel, c'est-à-dire en nous comme en Jésus. C'est la volonté de Dieu d'instaurer
en nous la paix de son royaume, c'est aussi le secret de Jésus.

DONNE-NOUS NOTRE PAIN DE CE JOUR
Après le Règne de Dieu, Jésus fait prier pour le pain quotidien. Le pain, le travail
partagé pour la vie de l'homme. Donne-nous de savoir partager notre pain quo-
dien, et de partager le souci du Père de nourrir tous ses enfants. Et sachons
rendre grâce à Dieu pour le pain reçu chaque jour comme un don de Dieu.
Le pain, c'est aussi le pain vivant descendu du ciel, qui donne la Vie ; c'est
Jésus lui-même ; en fait, c'est l'eucharistie, la Parole de Dieu, et l'Esprit Saint.

PARDONNE-NOUS NOS OFFENSES
COMME NOUS PARDONNONS A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES
Nous ne pouvons pas dire le Notre Père si nous avons du ressentiment contre
quelqu'un, si nous refusons de donner le pardon. Pour nous y aider, nous pouvons
dire : aide-nous à pardoner, comme tu as pardonné nos péchés sur la croix.
Le désir de pardonner est suffisant poru continuer à dire le Notre Père, en atten-
dant de devenir miséricordieux comme le Père est miséricordieux.

ET NE NOUS SOUMETS PAS A LA TENTATION
Dieu ne nous éprouve pas au-delà de nos forces. Il nous donne toujours les
moyens spirituels pour nous en sortir, pour grandir dans la foi et l'espérance. Il nous
aide à lutter contre l'ennemi, le malin et tout ce qui nous éloigne de son amitié,
contre toute tentation en mesure de jeter le doute sur sa bonté, son amour,
sa paternité.

Lorsque nous disons le Notre Père, nous ne sommes jamais seuls puisque c'est
le Christ qui prie en nous comme notre tête, pour nous comme le seul prêtre, par
nous comme notre Dieu, et qui se présente avec nous au Père.
Dans la prière du Notre Père, c'est Jésus qui prie en nous, c'est l'Esprit Saint de
Jésus qui prie en nous et nous rend capable de dire "Notre Père".
L'Esprit Saint n'est pas mentionné dans la prière du Notre Père parce qu'il est
présent en celui qui le prie. Il n'est pas parmi ce qui est demandé, puisque c'est lui
qui demande.

Dans le Notre Père, Jésus n'enseigne pas à ses disciples une pirère, mais une
manière de prier, avec une attitude filiale.
Le Notre Père est un modèle de prière venant de la liturgie juive, une prière qui n'est
pas une prière comme les autres et qui n'affaiblit pas les autres prières.
Nous devons entourer d'un amour spécial et d'une grande vénération cette prière que
nous proclamons à chaque célébration liturgique.
Cette prière doit nous pousser à donner la première place à Dieu, et non pas à nous.
Elle doit nous pousser à la prière spontanée faite de louange, d'adoration, d'action
de grâce. C'est ce qu'a fait la Vierge Marie dans son Magnificat ; la demande ne
vient qu'après la louange.

Depuis notre baptême, si nous acceptons de marcher à la suite du Christ, nous
sommes déjà sauvés en espérance. Nous participons comme membres du Corps
uni de l'Eglise au monde céleste. Nous pouvons déjà expérimenter la vie divine
avec le Christ, dans la gloire du Père.
Que le Dieu de tendresse, plein d'amour et de bonté pour ses enfants, fasse de
nous de fidèles ouvriers du Royaume.
Demandons au Seigneur la grâce, lorsque nous dirons le Notre Père de penser que
Jésus le prie avec nous, en nous et pour nous.