1.  La prière, un goutte à goutte



L’oraison est un goutte à goutte dans lequel Dieu nous distille sa vie.
Souvent nous perdons notre temps dans des discussions,et les raisonnements humains aboutissent souvent à une impasse.

" On ne rejoint pas Dieu en discutant " disait le Père Finet.

On rejoint Dieu à genoux, le cœur ouvert. Il faut se mettre en état de réceptivité de la foi, de l’espérance et de l’amour :
" Viens, Seigneur !
Viens mettre en moi la lumière, sur ton mystère – c’est la foi –,
viens accueillir en moi le plus épais de ma misère – c’est l’espérance –,
viens en moi déposer quelque chose de l’amour que tu es substantiellement – c’est la charité ".


2.  Accueillir la Parole de Dieu


Prier, c’est rejoindre Dieu en moi.
Ce n’est donc pas " faire des prières ".
Prier, c’est rejoindre Dieu en ce lieu de mon cœur où Il vient déposer sa parole.
On peut être des hommes ou des femmes de prières,et jamais ne devenir des hommes ou femmes de prière.
Il ne faut cependant pas avoir peur de la prière de répétition (par exemple, la prière du chapelet : " Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous pécheurs… ". Ou bien une prière litanique), car cette forme de prière a pour but de créer en moi une zone de silence où je vais pouvoir accueillir la Présence.

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"Or, en cours de route il entra dans un village
et une femme,
du nom de Marthe,

le reçut chez elle.
Celle-ci avait une soeur appelée Marie,
qui, s'étant assise aux
pieds du Seigneur,
écoutait sa parole.
Marthe, elle, était absorbée par les
multiples soins du service. Intervenant, elle dit : "Seigneur,
cela ne te fait rien que
ma soeur me laisse ainsi servir toute seule ?

Dis-lui donc de m'aider"
Mais le Seigneur lui
répondit :
"Marthe, Marthe,
tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses.
Pourtant, il en faut peu, une seule même.
C'est Marie qui a choisi la meilleure part ;

elle ne lui sera pas enlevée."
Luc 10,38-42

 

"Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie,
où se trouvait Lazare, qu'il
avait ressuscité des morts.
On lui offrit là un repas.
Marthe servait.
Lazare était l'un des convives.
Marie, prenant une livre
d'un parfum de vrai nard,
très coûteux, en oignit les pieds de Jésus et les essuya
avec ses cheveux ;
et la maison s'emplit de la
senteur du parfum."
Jean 12,1-3

 

 

 

 


- La rencontre de Béthanie - Luc 1038-42 -

Contempler cet évangile.
Jésus est en route vers Jérusalem où il va donner sa vie, pour que nous ayons la vie. Sa dernière étape est à Béthanie, à 6km de Jérusalem.
Il s’arrête dans une maison où une amitié l’attend. Lazare est son ami. Ses deux sœurs, Marthe et Marie, également.Il semble que c’est une maison de gens très pauvres, quoi qu’il en paraisse. Lazare lui-même devait être quelqu’un de très pauvre, puisqu’on ne parle pas de " la maison de Lazare ", ce qui pourtant aurait été normal, mais de " la maison de Marthe " : Marthe apparaît comme la maîtresse de maison,alors qu’au temps de Jésus, les femmes n’avaient pas beaucoup d’importance. Sans doute que Lazare était infiniment pauvre. Peut-être avait-il un handicap. Il devait dépendre totalement de sa sœur.

Et Jésus s’arrête là.
Marthe, aux fourneaux,est en train de préparer un superbe repas pour Jésus, par amour pour Lui.
Marthe est très utile. D’ailleurs, Jésus ne dit pas qu’elle est mauvaise.
Il dit :
" Marie a choisi la meilleure part ".La part de Marthe n’est pas si mauvaise que cela. Elle est bonne.
Marthe, donc, travaille….et pendant ce temps, Jésus attend.Il est assis, ou plutôt à moitié couché, comme en ce temps-là.Marie, assise en tailleur à ses pieds, le regarde et l’écoute.

Il parle. Ils se font des confidences.
De quoi Jésus parlait-il ? Pour moi, dans ma prière,je découvre que, comme Jésus part à Jérusalem, il devait parler du voyage qu’il allait faire jusque là-bas, comment il allait "souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes", comment il allait donner sa vie et la confidence à Marie, alors : " C’est pour toi, ma petite fille, que je vis tout cela. Pour que tu aies la vie, il faut que j’entre dans la mort, et que, dans ma résurrection, toi alors tu aies la vie ".

La petite Marie va être complètement bouleversée par la parole,à tel point qu’on la retrouvera au chapitre 12 de Saint Jean, mettant du parfum sur les pieds de Jésus.

Pour prier avec ce texte (Luc 10,38-42), il faut prendre le temps de construire la scène.
Entrez dans la pièce. Et commencez par bien regarder.
Relisez le texte. Qu’est-ce que vit Jésus ? Et Marthe ? Et Marie ?
Qu’est-ce que vit Marthe quand elle se fâche contre Jésus :
" Cela ne te fait rien que ma sœur me laisse tout faire toute seule ? Dis-lui donc de m’aider ! "

Et Jésus accepte et la reprend 
:" Marthe, Marthe… "
Avec quelle douceur il prononce son nom,pour faire retomber sa colère…
Bien regarder les sentiments de Jésus, de Marthe, de Marie.
Peu à peu, bousculez la petite Marie et prenez sa place. Ecoutez Jésus qui vous parle et vous fait confidence : " C’est pour toi que j’ai vécu tout cela ".

Recevez alors la confidence de l’amour infini de Jésus qui, par amour pour vous, a accepté d’entrer dans le drame de sa passion jusqu’au bout.

" Pour qu’une vérité devienne nôtre,il ne faut point y passer rapidement dessus,mais s’y arrêter,y réfléchir,s’y fixer "
Marthe Robin.

A la manière de la Vierge Marie " qui gardait toutes ces choses en son cœur ".