3.  Goûter la valeur du silence





" Que le silence est bon et fécond avec Dieu.
Dans cette tranquillité parfaite c’est une activité si pleine.
Dans ce silence, c’est une louange si pleine
aussi.
Se taire et adorer !...
Refuge suprême et essentiellement doux à l’âme sur cette terre, dans son impuissance à remercier comme il convient et comme elle le voudrait, devant une telle merveille de l’amour !…
Se taire et adorer : louange sublime de la créature devant son Créateur, de l’enfant pour son Père, dans le divin silence de l’amour où l’âme et Dieu se rejoignent sans rien dire, dans une compréhension, une intimité parfaites. "

Marthe Robin

Il y a des moments où l’amour est tellement grand qu’il n’a pas de mots pour être dit. C’est alors le silence qui l’exprime.
On voit cela chez deux époux qui s’aiment énormément et qui demeurent côte à côte, silencieux, heureux ensemble.

Je me rappelle mes soirées d’intimité avec mes vieux parents.Mon père fumait sa pipe en lisant un livre, ma mère s’appliquait à un ouvrage. Ils ne se parlaient pas.
De temps en temps l’un d’eux levait les yeux vers l’autre avec un air indicible de douceur et de tendresse. Tant de choses passaient dans leur silence. Puis ils montaient et je les entendais dialoguer leur prière du chapelet.
Cela a bercé toute ma jeunesse de prêtre. Mes parents, dans leur silence, m’ont beaucoup appris à prier.

Il faut descendre à ce niveau de silence pour entrer dans la contemplation du Seigneur.

" O Marie ! O ma sainte et bonne Mère !
Donnez à tous de comprendre la grande valeur du silence dans lequel on entend Dieu !
Apprenez-moi à me taire pour écouter la Sagesse éternelle ! Apprenez-moi à tirer du silence tout ce qu’il renferme de grand, de saint, de surnaturel, de divin !
Aidez-moi à en faire une prière parfaite, une prière toute de foi, de confiance et d’amour, une prière vibrante, agissante, féconde, capable de glorifier Dieu et de sauver les âmes !
Ma vie vaudra ce que vaudra mon oraison "

Marthe Robin



4.  Prendre le temps


Prendre le temps d’assimiler les grâces que le Seigneur nous donne dans le silence de la contemplation.
Prier, ce sera ruminer la parole pour la faire descendre de la tête au cœur et jusqu’au plus intime de notre être.

Alors, la parole aura puissance de conversion.

Je me rappelle cette jeune fille, agrégée de grammaire, qui était entrée à la trappe. Elle gardait les vaches. Elle était assez distraite, ce qui lui amenait quelques problèmes…
Un jour, elle était en train de faire paître ses vaches dans son champ, lorsqu’arrive la maîtresse des novices qui lui déclare :

  • Ma soeur, avez-vous vu vos vaches ?
  • Mon Dieu, il doit m’en manquer une ! se dit la jeune sœur. Elle commence à les compter… Elles étaient toutes là…
    Je ne vois rien d’anormal, dit-elle
  • Regardez vos vaches…
  • Mon Dieu, il y en a une qui s’est blessée ? se dit-elle. Non, tout va bien.
  • Ma sœur, dit enfin la maîtresse des novices, vous n’avez pas encore compris que la vache est le modèle de la trappistine ?
  • Ah non !
  • Regardez… D’abord, elles sont habillées en noir et blanc, comme nous.
  • Ah oui ! C’est vrai… Je n’y avais pas pensé..
  • Et puis, regardez-les… elles mangent de l’herbe pendant une heure et elles ruminent pendant deux heures.
    Faites-en autant, ma sœur, quand vous mangerez l’Ecriture.

Prenez un tout petit bout de la Parole, et ruminez-le, jusqu’à ce qu’il se soit assimilé au plus profond de votre cœur.
La prière devient alors quelque chose dont vous n’aurez pas conscience, mais qui sera en vous.

Quand on reçoit la parole à ce niveau intérieur, aussi profond, il se produit alors un état de conversion rémanent, c’est-à-dire sur lequel on ne reviendra pas. La parole colle à nous et n’en bouge plus. 

" Contempler Dieu longuement…
le contempler tout le temps.
L’âme devient belle en se nourrissant de la beauté…
elle devient bonne en s’abreuvant à la bonté…
elle devient aimante en s’inondant dans l’amour.
La beauté, c’est Dieu !
La bonté, c’est Dieu !
L’amour, c’est Dieu ! " 

Marthe Robin.

" Ce que l’on ne fait pas avec le temps,
le temps ne le respecte pas "       Proverbe africain.

Nous sommes dans une civilisation de l’éphémère.
Allez voir les champs, et contemplez la valeur du temps dans tout ce qui pousse. Dans la création, tout se fait avec lenteur.