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Je m'appelle Anne-Marie. Je suis au Foyer depuis le 26 décembre
1968.
J'ai eu la joie de voir Marthe plusieurs fois, en particulier à
l'occasion d'un séjour dans un autre Foyer douloureux. Et c'est surtout
dans les années 1979 et 1980, c'est-à-dire très peu de temps avant sa
mort, que j'ai eu la grâce d'écouter Marthe me parler.
Je
vous livre les 3 phrases qui m'ont le plus marqué.

J'évoquais
avec Marthe les difficultés de la vie du Foyer et je lui disais :
"Marthe, on n'arrive pas à se connaître et à s'aimer entre membres
du Foyer." Et Marthe me dit,
presque vivement : "Mais
Anne-Marie, on ne se connaît bien et on ne s'aime bien les uns les autres
que dans la prière."
Quelques
mois plus tard, je suis venue voir Marthe en urgence, pour lui faire part
d'un problème matériel grave qui mettait en danger la vie du Foyer où
je me trouvais alors. Mais Marthe
me dit, d'une voix forte :
"Mais
cette souffrance, au moins, vous l'offrez, sinon elle est perdue."
Peut-être
10 mois avant sa mort, comme j'étais très angoissée à cause de ce que
je vivais, Marthe me dit, d'une
voix douce et presque chantante : "Hier
n'est plus ; demain n'est pas encore ; vivez donc dans le bel aujourd'hui
de Dieu."
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