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J'ai
grandi dans une famille chrétienne et unie, avec une éducation assez
stricte. Mon père est devenu de
plus en plus sourd et le dialogue était difficile.
Il fallait parler lentement,
très fort, et souvent maman répétait : il lisait sur ses lèvres. Ce n'est pas facile pour échanger en profondeur dans ces conditions.
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Françoise (la responsable du Foyer), un jour, a résumé d'un mot le
climat familial :
"Vous vous aimez, mais vous ne savez pas vous le dire"
Par exemple, je n'ai aucun souvenir d'un geste affectueux de la part de
mon père.
Pour
l'éducation religieuse, aussi longtemps qu'ils ont pu le faire, mes
parents nous obligeaient par exemple à aller à la messe.
Aussi,
au moment de l'adolescence, le dimanche, je m'absentais de la maison
pendant un heure pour aller prendre un café. Nous
n'avions aucun argent de poche : il fallait donc se "débrouiller"
; aussi, j'ai très vite appris à tricher, mentir, voler, pour prendre un
peu d'indépendance.
Et
au bout de quelques années,
j'étais complètement livrée à moi-même,
tout en restant attachée à ma famille, superficiellement.
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"Ce
n'est
pas toi
que je
gifle,
c'est ta
conscience"
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J'ai
commencé à mener une vie double
et je me suis liée en quelque sorte avec un monde de ténèbres.
Et
plus les années passaient, plus je m'enfonçais, sans même m'en
apercevoir.
Je
peux dire avec du recul que je
n'avais pas même conscience de faire le mal : c'était comme un jeu,
comme un défi, pour me
prouver que j'étais capable de faire telle ou telle chose.
J'ai
bourlingué pas mal, et s'il y a des expériences que je n'ai pas tentées,
c'est bien parce que le Seigneur m'a préservée, protégée. J'essayais,
je testais, je me dépassais, j'allais
toujours plus vite, toujours plus loin, jusqu'au jour où j'ai voulu prévenir
mes parents que j'allais partir avec un homme marié.
Mais
en annonçant la nouvelle, mon
père a eu une réaction vive, mais qui m'a sauvée :
le
temps qu'il comprenne la situation, il m'a donné une gifle retentissante
et qui est restée mémorable !
J'étais
surprise : il n'avait pas l'habitude de me battre et
il m'a dit :
"Ce n'est pas toi que je gifle, c'est ta conscience !"
Quel
choc ! Pas physiquement ; enfin, un peu, mais moralement, intérieurement.
Je
n'ai pas pleuré, j'étais bien trop endurcie !
Je
suis montée dans ma chambre et
là, j'ai crié.
J'ai
crié vers Dieu
en lui disant : "Mon Dieu ! qu'est-ce que j'ai fait ? Mon Dieu
!"
Il
a fallu que je descende bien bas pour crier vers Dieu,
mais
j'étais certaine qu'Il était là.
Il
m'écoutait, il me regardait, et avec lui, là, j'ai pu pleurer. |
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Alors
a commencé un long chemin.
A
cette époque, je travaillais comme éducatrice, et l'établissement où
j'étais n'était pas du tout chrétien,
même
plutôt malsain.
J'ai
arrêté tout contact avec ce milieu, du jour au lendemain.
Je
retournais donc "à la maison" où mes parents ont su me
recueillir et m'accueillir comme j'étais.
Je
leur dois beaucoup ! Je me suis inscrite au chômage.
J'avais
perdu mon travail,
mon
indépendance financière,
mes
amis, mais j'avais crié vers Dieu et lui, m'avait trouvée : il ne m'a
pas lâchée.
24
ans. La recherche
d'une nouvelle orientation professionnelle, activités, stages, travaux
manuels…
et
la rencontre d'un groupe de prière, tout à fait informel.
"Ce n'est pas toi que je gifle, c'est ta conscience.
Ma
conscience était réveillée.
Je
n'avais pas eu conscience de faire le mal.
Les
semaines passaient et le
Seigneur me faisait cheminer avec lui
: groupe de prière, disques de chansons chrétiennes. J'allais dans les
églises piquer des livres de chants et je chantais des vieux cantiques :
"Tu es mon berger, ô Seigneur…"
. Dans
ma famille, on m'a dit : "Tu n'étais
pas comme çà avant !"
. Des
amies allaient à la messe en semaine ; je les accompagnais.
Puis
j'y suis allée seule, de moi-même.
Sans
trop comprendre, mais j'y était bien.
Et
au moment de la communion, j'entendais cet appel à m'avancer, sans même
m'être confessée :
"Viens!".
C'était extraordinaire !
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