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Je suis le Père Clément. J'appartiens à la communauté de
Tressaint depuis 30 ans.
J'ai
eu la joie de connaître Marthe sur un espace de 11 ans et il me semble
l'avoir visitée 12 fois. J'ai toujours été frappé par son accueil, son
écoute et surtout sa voix. Une voix très bien décrite par Jean Guitton,
dans son livre. Aujourd'hui, aucune parole de Marthe ne résonne en moi
mais plutôt son silence.
J'ai
eu la joie d'aider le Père Finet au Foyer de Châteauneuf et d'avoir bien
souvent envoyé des retraitants visiter Marthe. Et, quand ces retraitants
revenaient voir le prêtre, c'était vraiment merveilleux de voir le
travail qui s'était fait dans leurs cœurs.
Au
début d'une retraite, le mardi matin, je pense avoir été le premier à
entrer dans la chambre de Marthe après le Père Finet. Il venait
probablement de l'avoir réveillée de son extase qui suivait la passion
qu'elle vivait chaque semaine. Je n'oublierai jamais de l'avoir entendue gémir
et d'avoir vu ces tâches de sang sur ses draps.
Mais
surtout dire, à haute voix, que je dois à Marthe d'être prêtre et
d'avoir été jusqu'au bout de mon appel. C'était dans la tourmente des
années 1968-70, dans l'Eglise. Je terminais le séminaire, et à l'époque
vous savez qu'un certain nombre de séminaristes ou de prêtres n'ont pas
pu vivre ce "jusqu'au bout."
Je
me disais : "Qui a raison?" J'ai alors rencontré le Foyer de
Tressaint. J'y suis venu me reposer quinze jours et j'y suis resté !
Quelques trois semaines plus tard, j'ai eu la joie de rencontrer Marthe -le
Père Finet étant présent- et lui confier mes difficultés.
Lorsque j'eus fini de lui dire tout ce que j'avais à dire, Marthe a gardé
le silence. Le Père Finet, à un moment lui a même dit : "Dites-lui
quelque chose !" elle restait toujours dans le silence. En j'en
remercie le Seigneur. J'ai quand même eu un mot du Père qui m'a dit : "Peu
à peu, peu à peu."
A
Pâques suivant, de retour à Tressaint, j'ai eu la joie de découvrir que
c'était vraiment le sacerdoce qui m'attendait. J'ai eu la claire vision
mais j'ai eu surtout la force. La force car j'ai entendu : "Quand
Dieu demande, Il donne de pouvoir." J'avais une peur bleue du
ministère de la Parole et j'ai eu une guérison.
Tout
cela fruit de la prière de Marthe ! Alors, il s'agissait pour moi de répondre
avec foi et confiance et de m'engager dans une vie profonde de prière.
Une
dernière chose. En 1973, mon père est décédé. Pendant 24 heures,
Marthe a cru que c'était moi ; elle avait confondu le père du Père Clément
avec le Père Clément. Je sais que maintenant, j'ai 24 heures de prière
de Marthe, pour le jour de ma mort !
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