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Emmanuèle
Emmanuèle,
membre du Foyer


Un jour, je suis tombée sur une émission de radio sur l'érémistisme (hommes,
femmes vivant dans un ermitage, menant une vie de prière dans une solitude
totale).
Un moine ermite interviewé expliquait comment chaque matin après avoir récité
l'Office (composé notamment de psaumes), il retenait un verset de psaume ou
quelques mots que, pendant le temps d'oraison (prière silencieuse) suivant, il
allait répéter intérieurement en présence du Seigneur, "ruminer", sans méditation
particulière, puis tout au long de la journée.
Le soir, dans un nouveau temps d'oraison, il revenait à ces mots, et constatait
combien ils étaient alors chargés de prière ; même si le verset, au début du jour,
ne lui inspirait rien de particulier, le soir, il était chargé de sens.
Et, concluait-il, cela le comblait beaucoup et lui donnait grande joie.
Entendant cela, j'ai décidé d'essayer, pour voir ce que cela faisait...

Chaque matin, j'aime prendre un temps de prière avant de commencer la
journée. Je me suis donc exercée à choisir un verset de psaume (généralement le psaume de la messe du jour) et à le répéter.
En présence du Seigneur, dans la conscience de cette Présence, pour que
cette répétition d'un verset ne soit pas seulement une répétition de mots.
Et j'essaie de redire ces quelques mots au cours de la journée.

Cela fait maintenant plusieurs mois, et j'en retire des fruits, dont un :
la louange. En effet :

Les mots ou versets que je choisis sont ceux qui, ce jour-là, me touchent ou
me font du bien. Je me suis amusée à noter quelles paroles je prenais. Pour voir... Je constate que, la plupart du temps, c'est une parole de louange, ou de
reconnaissance envers Dieu, une parole de bénédiction.
Exemple : "Merveille que fit pour nous le Seigneur", "La bonté du Seigneur est
pour tous", "Le Seigneur donne la grâce", " Le Seigneur est un soleil, il est un
bouclier", ...
Ruminer une telle parole en présence du Seigneur me dilate le coeur et me met
en état de louange et de reconnaissance.

Parfois, ce n'est pas une parole de louange, mais une parole qui est une
affirmation de foi qui, au bout du compte, me met dans une attitude de
reconnaissance.
Exemple : "Il sait de quoi nous sommes pétris". J'avais choisi cette parole un
jour où j'avais du mal à m'accueillir moi-même. "Il sait de quoi nous sommes
pétris..." La répétition de ce verset a suscité en moi une grande reconnaissance
pour la tendresse de Dieu, sa patience, sa compréhension, et, partant,
une attitude de louange.

Parfois, c'est une parole de demande.
Exemple : "Donne-nous, Seigneur, un coeur nouveau".
Est-ce que les paroles de louange des jours précédents me disposent à la
louange ? Peut-être, car je constate qu'une parole de demande peut devenir
une supplication pleine de confiance. "Donne-nous un coeur nouveau" :  je sais
que le Seigneur me donnera peu à peu un coeur nouveau. Et je continue à
être alors dans la louange.

Au fil des mois, je vois combien les psaumes sont des prières bourrées de
louange.