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Chemin vers Pâques |
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Témoignage
donné au cours de la veillée du 31 décembre 2001. |
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Il y a 10 ans, |
Pour
commencer, je voudrais vous expliquer comment j'en suis arrivée là,
parce que je pense que chaque rencontre avec le Christ est unique. J'ai
grandi dans une famille non-croyante, mais qui avait néanmoins une grande
foi en la vie mais il y a encore quelques années, j'affirmais que j'était
farouchement hâtée, en appuyant bien sur l'adverbe ! |
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| tout s'est arrêté. | ||||
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Mais heureusement, le lendemain, le 25 novembre 2000, au cours de la messe du Christ Roi, soudain, en entrant dans l'Eglise, tout avait changé et je vivais la joie indicible des retrouvailles avec Dieu. A cet instant, je réalisais qu'il avait toujours été là, et que je ne l'avais pas vu. C'était à la fois une joie immense et en même temps dur de me dire que pendant 30 ans, j'avais porté tout cela sur mes épaules, tout seule. Pour la première fois de ma vie, j'étais totalement mis à nue, avec devant moi ma partie sombre et ma partie lumineuse, et justement comme cela j'ai senti qu'Il me disait "comme cela, telle que tu es vraiment, je t'aime, et comme cela, viens à moi". Et alors, j'ai pu m'abandonner à son amour. Je ne savais plus du tout qui j'étais, mais je savais une chose : que j'étais aimée. Je me sentais comme chez moi dans cette église, acceptée par les fidèles et les religieux qui étaient là. A la fin de la messe, je n'avais plus de repères, mais j'avais juste une certitude : c'est que je devais absolument tout recommencer à zéro. Et tout recommencer à zéro, c'était de me faire baptiser. Mais je ne savais pas du tout comment il fallait faire. Je ne savais qu'il fallait une préparation. |
Je me suis faite "saisir" par le Christ
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On arrive dans un groupe de catéchuménat, complètement perdu, comme des bébés qui viennent de naître et qui ne savent pas ce qu'ils doivent faire. C'est pour cela que le premier accueil que l'on reçoit est déterminant. Le mien a été extrêmement chaleureux. Je n'oublierai jamais cette première rencontre avec la sœur responsable du catéchuménat, sœur Edith, qui a plongé son regard dans le mien pendant que je racontais ce qui venait de se passer et qui m'a dit avec une vraie joie "Le ciel est fête, Camille". Le Ciel en fête pour moi ? c'était inimaginable ! Par contre, cette phrase est restée gravée dans mon cœur et c'est ce qui m'a donné l'élan pour y aller. Il faut dire que je partais de zéro. Je connaissais à peu près l'histoire du Christ, c'est à dire la connaissance culture générale de niveau très très moyen et par exemple, la Trinité ne voulait rien dire pour moi. J'ai vécu, il y a quinze jours la première messe de minuit de ma vie. Avant je le fêtais en famille, ça ne se posait pas de venir à l'Eglise. |
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| C'était comme si Dieu avait déposé dans mon cœur une pierre précieuse brute, la foi qu'il fallait maintenant que je taille et que je polisse pour qu'elle reflète sa lumière |
Durant cette conversion, c'était comme
si Dieu avait fait le ménage en moi et avait déposé dans mon cœur une
pierre précieuse brute, la foi qu'il fallait maintenant que je taille et
que je polisse pour qu'elle reflète sa lumière vers les autres. Ou plutôt
que je me laisse tailler et polir par l'Esprit. Le temps du catéchuménat
est un temps où on reçoit beaucoup de grâces pour grandir vite. Le
partage et l'accompagnent sont des éléments primordiaux pour appréhender
toutes ces expériences qui sont parfois extrêmement déstabilisantes et
les relier aux fondements chrétiens. C'est pourquoi, dans sa générosité infinie, le Seigneur va placer sur notre route sur notre route la bonne personne, celle envers laquelle une confiance totale nous est donnée, à qui on va pouvoir tout raconter, qui va écouter et accueillir avec joie tout en nous cadrant, en nous faisant ré-atterrir quand nous sentons que les ailes commencent à nous pousser, et surtout qui va pouvoir nous transmettre sans le savoir du tout la parole féconde que l'Esprit nous envoie au moment juste afin qu'elle germe en nous pour nous permettre de passer à l'étape suivante. |
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Le catéchuménat est aussi un temps de grand nettoyage intérieur, où tout ce qui n'a plus lieu d'être va disparaître. Ainsi, le Seigneur va mettre le doigt sur d'anciennes blessures oubliées pour les faire ressurgir, afin que guidé par l'Esprit et dans la tendresse de Marie, on arrive à traverser ces zones ténébreuses jusqu'à l'acceptation et le pardon. C'est l'expérience que j'ai vécu ici, pendant une autre retraite sur la souffrance et la compassion où 10 ans après cet accident, j'arrivais enfin à dire oui à ma vie pour ne plus vivre dans mon ombre. Car pour pouvoir dire "me voici" à l'appel de mon nom, le jour de mon baptême, il fallait au préalable que je sache réellement qui j'étais et surtout que je l'accepte. C'est pourquoi, je pense que ces retraites silencieuses où l'on se trouve porté par la prière d'une communauté qui est notre écoute et éclairés par des enseignements lumineux, sans parler de Marie qui n'est jamais loin ici, est un des meilleurs moyens pour effectuer ces "plongées intérieures". |
Il fallait que je sache réellement qui j'étais et surtout que je l'accepte. |
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| La démarche est d'essayer de témoigner maintenant d'une autre façon en restant moi-même, dans la joie de Dieu. |
Etre catéchumène
peut être compliqué à vivre, par le regard que nous portent nos proches
qui nous connaissaient avant et par notre propre regard sur eux et sur
nous-mêmes, qui changent d'un seul coup. |
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La préparation
du baptême est aussi le temps de la découverte de la foi, et comme les
petits enfants qui grandissent, beaucoup de choses passent par
l'observation que l'on porte aux grandes personnes, ou aux "vrais chrétiens
déjà nés". |
Cette "communion par le regard" rend mon attente délicieuse. |
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Une autre découverte qui me touche : celle de la fraternité |
Je
voudrais terminer par une autre découverte qui me touche : celle de la
fraternité. Que ce soit dans ma paroisse à St Gervais, avec les différents
groupes auxquels je participe ou au milieu des fraternités monastiques de
Jérusalem ou ici, les liens sont les mêmes, forts tout de suite, sans détour,
sans jugement de valeur. |
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