| Le grenier... | Le Grenier 13 rue Saint Guillaume 22000 St Brieuc www.secours-catholique.asso.fr |
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| Témoignage d'une retraitante. Octobre 2004 | ||||
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Je m'appelle Mireille. J'étais infirmière. Me voici en retraite. "Que vais-je faire maintenant ?" Je viens donc comme bénévole au Secours Catholique. Un jour dans mon coeur, j'ai entendu le Seigneur me dire : "viens donc à ma suite. Tu les vois : il y a tant de paumés, de gens malheureux dont personne ne s'occupe. Tes colis, c'est bien, mais tu peux faire autre chose pour eux !" J'ai prié : "Seigneur, que puis-je faire pour eux, ces gens désoeuvrés ?" Alors j'ai rencontré Monique A., qui était la présidente du Secours Catholique, il y a dix ans. Je lui ai fait part de l'appel du Seigneur. "C'est vrai, dit-elle, il faut un lieu pour les accueillir, où ils pourront s'exprimer, être un peu plus considérés, dire ce qui est leur détresse." Et voilà ! le projet démarre : "Le grenier", où nous accueillons les femmes, si heureuses de trouver un point de rencontre, autour d'un café. Tu le connais bien toi aussi ce grenier, Seigneur ! Est-ce cela que tu voulais ? Cet endroit où chacune peut se confier, créer des liens, faire des échanges de savoir dans les activités manuelles (couture, peinture, ...). Elles ne sont plus les mêmes ; elles se sentent revalorisées, reconnues. Le jeudi, tu sens cette odeur de cuisine. Le repas que nous avons préparé ensemble et que nous allons partager dans la joie. Te rappelles-tu, quand tu as envoyé Yvonne. Elle venait de perdre son mari. Ses enfants, petits-enfants étaient loin. Dans son immeuble, on restait indifférent. Elle était fatiguée, déprimée. Tu te rappelles ? Et maintenant, la vois-tu grimper les marches pour arriver la première devant la porte. Tu dois rire ! Et Christiane, tu ne l'as pas lachée : 15 ans d'incarcération ! Mais déjà vous communiquiez ensemble. Elle t'en a écrit de belles prières ; des pages entières ! A sa sortie, elle était perdue, apeurée par cette vie à l'extérieur qu'elle découvre avec angoisse. Elle a besoin de tout. D'un logement, de personnes qui l'accompagnent faire ses démarches. Ce n'est pas évident d'avouer 15 ans de prison. Beaucoup lui tournent le dos. Mais elle a payé. Elle a souffert. Alors, tu as dû bondir quand elle a dit : "Je vais faire une connerie et je vais retourner d'où je viens. Là bas, j'avais un peu de cama- raderie dans ma cellule !" C'était des paroles dures à entendre. Tu lui as chuchoté le nom du grenier. Alors, on s'y est mises, nous l'avons accueillie, comme tout autre person- ne. On l'a aidée dans ses démarches. Elle a réalisé qu'elle n'était plus seule, qu'on la soutenait, qu'on la respectait surtout. Et tu vois les belles choses qu'elle sait faire, au grenier, chez elle ! Et combien d'autres encore... Au grenier, chacun est chez soi. Chacune a sa petite carte d'anniversaire fabriquée par nous-mêmes. Si l'une ou l'autre ne vient pas pendant deux semaines, nous l'appelons, nous lui envoyons une petite carte. "Vous vous êtes inquiétées pour moi ? Cela m'a touchée"... Quand elles ont un poids trop lourd à porter, il y a une petite pièce d'écoute. Elles peuvent venir en parler avec une bénévole. Les jeudis passent trop vite. Le grenier ferme plutôt à 18h qu'à 17h. Et chacune repart heureuse, détendue, un peu réconciliée, portée par l'amitié, le partage et la solidarité du grenier. De leur grenier ! |
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