Renaissance...

Dans une lettre au Foyer, Christian témoigne :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a un an, je suis venu faire une retraite. J'y étais venu dans la
situation suivante :
En situation de
révolte  contre l'Eglise institutionnelle de
mon diocèse.
La précarité de mon emploi et les injustices sociales dont j'ai été
témoin et victime ces quatre dernières années ont créé en moi un
profond dégoût de toute vie ecclésiale et spirituelle. Je vivais ma
situation professionnelle comme un échec complet. Je ne voulais plus
entendre parler de vie d'Eglise.

En situation de révolte  violente contre mon père alcoolique
qui a détruit mon enfance et mon adolescence par la maltraitance
physique et psychologique qu'il m'a fallu assumer ces deux dernières
années par une spychothérapie analytique, mon comportement
d'adulte en étant profondément marqué.

Bref, j'avais un sentiment de profond chaos de mon être,
et surtout de devoir recommencer ma vie à zéro, ma foi en Dieu
n'étant qu'une fuite non assumée de moi-même. N'ayant pas été
capable de me construire intérieurement par refus d'assumer les
souffrances profondes d'un point de vue psychologique et affectif,
je venais de prendre conscience qu'il n'y avait que vide en moi,
lié à de profonds conditionnements psychologiques.
Toutes les décisions importantes d'engagement, par le passé,
n'étaient de fait que des moyens me permettant de vivre une vie
extérieure (avoir une façade) et non de me construire intérieurement.
Bref, tout en moi n'était qu'écroulement,
sentiment d'impuissance,
d'
échec, de néant, de révolte et de mort.

D'ailleurs, tout en moi transpirait cette révolte et c'est dans un état
spirituel et psychologique désespéré que j'ai commencé la retraite.
Tout mon être refusait cette retraite. N'ayant plus rien à
perdre, au fil des jours de la retraite, je suis passé d'un combat
intérieur entre fuir ou rester à Tressaint, à l'
abandon en l'amour de
Dieu.

Un an plus tard, je souhaite que les membres du Foyer rendent
grâce pour moi et avec moi pour les raisons suivantes :
Pour avoir fait l'expérience personnelle de la
tendresse et de la
miséricorde de l'amour du Christ, suite au sacrement de réconci-
liation reçu. Pendant deux jours, j'ai pu pleurer de paix et de joie.
J'ai senti mon coeur être lavé et purifié et j'ai pu entrer dans une
démarche de
réconciliation avec moi-même, et surtout de
reconstruction psychologique.

Depuis mon départ de la retraite, je suis dans une paix et une joie
profonde, quoi que j'aie pu vivre par le passé et quels que soient les
motifs des décisions prises. Je parviens enfin à m'accepter tel que
je suis et suis devenu, et à en faire une action de grâce.

Au fond de moi, j'ai pardonné à tous ceux qui m'ont fait du mal
et plus particulièrement à mon père avec lequel j'ai pu renouer des
relations pour moi-même et le bien de mes enfants.

J'ai pu vivre les engagements décidés lors de la retraite : offrir tous
les jours un temps de prière d'1/4 d'heure au Seigneur ; et prier tous
les jours un "Notre Père" et un "Je vous salue Marie" avec mon
épouse.

En mai et juin, j'ai réussi les deux concours que j'ai préparés pour
garantir et protéger ma vie professionnelle. Pour la première fois de
ma vie, j'ai enfin pu faire un véritable choix personnel et professionnel
entre deux directions différentes et assumer ainsi ma vie comme
adulte. Je renais à une vie nouvelle.
Le Seigneur ne nous
attend pas là où on le croit. C'est lui qui trace la route et
ouvre
de véritables chemins de liberté.


Je suis convaincu que, même si j'ai ma part de responsabilité par le
travail personnel fourni dans la réussite à ces deux concours, il en
est un qui est de l'ordre du don de Dieu, car sa réussite y est totale-
ment inattendue et impensable dans ma vie. Dans la foi, j'ai la certi-
tude que l'amour de Dieu pour moi y est manifesté. Je ne parlerai
pas de miracles mais de "signes" donnés et inscrits au plus profond
de mes désirs et aspirations. J'ai conscience du travail de l'Esprit
Saint en moi, surtout depuis ce temps de prière collectif durant
lequel des membres du Foyer ont imposé leurs mains sur moi à la
fin de la retraite.

Marthe Robin * a profondément raison dans son intuition quand elle
pense que
les fidèles laïcs ont un rôle fondamental
à jouer dans la vie de l'Eglise. J'ai pris conscience de l'importance
déterminante qu'il y a à devenir un chrétien profondément libre,
à l'image de la liberté de Jésus et de celle de l'Esprit Saint.


* Marthe Robin est à l'origine des Foyers de Charité.