"Comme on met un vêtement de travail...",

 

Méditation sur la vie fraternelle,
à partir de cette parole de l'Ecriture :
"Comme on met un vêtement de travail,
revêtez tous l'humilité
dans vos rapports les uns avec les autres"
 1 Pierre 5,5.

Par Emmanuèle,
membre du Foyer.
Mai 2002

           

Risquer
d'être raboté, tâché...


Prendre un vêtement de travail
,
c'est se mettre sur le dos quelque chose
qui ne craint rien, un bleu, un tablier par exemple, qui pourra être sujet à des
chocs, subir des accrocs, être râpé, tâché, recevoir des éclaboussures.
Mettre ce vêtement est bien pratique, puisque justement il est fait pour
cela ; à la limite, il serait fait pour être écorché, accroché, tâché, déchiré,
entaillé, râpé, maculé.
  Comme on met un vêtement de travail,
revêtir l'humilité dans nos rapports les unes avec les autres.
Parce que nous sommes tous pécheurs. Et qu'entrer en relation
les uns avec les autres, c'est risquer d'être écorché par une
parole qui nous blesse, d'être raboté par un acte d'obéissance
à accomplir, d'être tâché par une désunité, d'être piqué par les
petits coups d'épingle de la vie communautaire.
Revêtir l'humilité pour pouvoir tout supporter, tout endurer,
tout aimer.

Accomplir
une oeuvre... 


Celui qui met un vêtement de travail est dans une disposition d'esprit

bien particulière : il est prêt à accomplir une tâche. On ne met pas un vêtement de travail si on a l'intention de rester là, sans rien faire. 
  Revêtir l'humilité avant d'entrer en relation avec l'autre, avec ce
désir d'accomplir une oeuvre : celle de vivre la communion,
d'édifier le corps que nous formons, de construire l'unité. 


La vie fraternelle
n'est pas régie
par un pacte de
non agression... 

On met un vêtement de travail parce que l'on sait bien qu'on aura beau
faire attention,
on finira bien par recevoir quelque éclaboussure, à un
moment ou à un autre. Et en plus, cela arrivera au moment où l'on s'y attend
le moins. La serpillière nous échappe des mains, elle fait un "flop" dans le
seau plein d'eau de javel. Eclaboussures. La tâche est là, imprévue,
manifeste, et cela nous dérange... 
 

 

  Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres.
Parce qu'inévitablement il va y avoir des heurts, des éclabous-
sures ; même si l'on fait attention, cela arrivera. Parce que la
vie communautaire n'est pas régie par un pacte de non
agression, mais par un ensemble de pécheurs pleins de bonne
volonté et qui, chaque jour, expérimentent cette parole de St
Paul : "Le bien que j'aime, je ne le fais pas ; le mal que je
n'aime pas, je le fais".  


Préserver
le don
de nous-même.. 

On dit que l'on met un tablier
pour se protéger. En fait, c'est surtout pour
protéger le vêtement que nous portons, un vêtement auquel nous tenons,
et que nous n'avons pas envie de perdre, de gâcher à cause d'une tâche
malheureuse ou d'un accroc. 
    Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres. Pour
protéger, préserver, sauvegarder ce don de soi que nous faisons
chaque matin, au coeur de notre prière de Consécration. 


Revêtir
la tenue du serviteur... 

Il existe beaucoup de sortes de vêtements de travail. Il en est un qui n'est
pas fait pour être sali, accroché, maculé. Au contraire, on lui demande 
d'être net, impeccable. Je pense à la
tenue de ceux qui font le service à
table...
    Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres, ce
peut être revêtir la tenue du serviteur. A l'image du Christ. Lui,
de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait
à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition de
serviteur... 

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