"Comme on met un
vêtement de travail...", |
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Méditation
sur la vie fraternelle, |
Par Emmanuèle, |
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Risquer d'être raboté, tâché... |
Prendre un vêtement de travail, c'est se mettre sur le dos quelque chose qui ne craint rien, un bleu, un tablier par exemple, qui pourra être sujet à des chocs, subir des accrocs, être râpé, tâché, recevoir des éclaboussures. Mettre ce vêtement est bien pratique, puisque justement il est fait pour cela ; à la limite, il serait fait pour être écorché, accroché, tâché, déchiré, entaillé, râpé, maculé. |
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| Comme on met un vêtement de travail, revêtir l'humilité dans nos rapports les unes avec les autres. Parce que nous sommes tous pécheurs. Et qu'entrer en relation les uns avec les autres, c'est risquer d'être écorché par une parole qui nous blesse, d'être raboté par un acte d'obéissance à accomplir, d'être tâché par une désunité, d'être piqué par les petits coups d'épingle de la vie communautaire. Revêtir l'humilité pour pouvoir tout supporter, tout endurer, tout aimer. |
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Accomplir une oeuvre... |
Celui qui met un vêtement de travail est dans une disposition d'esprit bien particulière : il est prêt à accomplir une tâche. On ne met pas un vêtement de travail si on a l'intention de rester là, sans rien faire. |
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| Revêtir l'humilité avant d'entrer en relation avec l'autre, avec ce désir d'accomplir une oeuvre : celle de vivre la communion, d'édifier le corps que nous formons, de construire l'unité. |
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La vie fraternelle n'est pas régie par un pacte de non agression... |
On met un vêtement de travail parce que l'on sait bien qu'on aura beau faire attention, on finira bien par recevoir quelque éclaboussure, à un moment ou à un autre. Et en plus, cela arrivera au moment où l'on s'y attend le moins. La serpillière nous échappe des mains, elle fait un "flop" dans le seau plein d'eau de javel. Eclaboussures. La tâche est là, imprévue, manifeste, et cela nous dérange... |
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Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres. Parce qu'inévitablement il va y avoir des heurts, des éclabous- sures ; même si l'on fait attention, cela arrivera. Parce que la vie communautaire n'est pas régie par un pacte de non agression, mais par un ensemble de pécheurs pleins de bonne volonté et qui, chaque jour, expérimentent cette parole de St Paul : "Le bien que j'aime, je ne le fais pas ; le mal que je n'aime pas, je le fais". |
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Préserver le don de nous-même.. |
On dit que l'on met un tablier pour se protéger. En fait, c'est surtout pour protéger le vêtement que nous portons, un vêtement auquel nous tenons, et que nous n'avons pas envie de perdre, de gâcher à cause d'une tâche malheureuse ou d'un accroc. |
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| Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres. Pour protéger, préserver, sauvegarder ce don de soi que nous faisons chaque matin, au coeur de notre prière de Consécration. |
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Revêtir la tenue du serviteur... |
Il existe beaucoup de sortes de vêtements de travail. Il en est un qui n'est pas fait pour être sali, accroché, maculé. Au contraire, on lui demande d'être net, impeccable. Je pense à la tenue de ceux qui font le service à table... |
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| Revêtir l'humilité dans nos rapports les uns avec les autres, ce peut être revêtir la tenue du serviteur. A l'image du Christ. Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition de serviteur... |
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