Durant le temps de l'Avent, une expression revient souvent :
la montagne du Seigneur.
"Venez, montons à la montagne du Seigneur"
"Je les conduirai à ma montagne sainte".
Pourquoi ce choix pour parler du lieu où réside le Seigneur ?
Bien sûr, Jérusalem est sur le mont Sion, mais surtout la montagne est une belle parabole, car elle est le lieu où l'on peut rencontrer le Seigneur.
Marie, emporte-nous plus loin, plus haut dans les splendeurs des cieux.

Si vous avez fait un peu d'excursion en montagne, vous savez certainement que le repère du passage des 3000 mètres est l'absence d'arbres. En altitude, la végétation est rase et disparaît même totalement quand on arrive aux neiges éternelles.
De même, quand j'élève mon âme vers le Seigneur, les objets de mes distractions, de mes préoccupations, de mes dispersions prennent moins d'importance : Dieu seul suffit.

Marie, apprends-moi à élever souvent mon esprit et mon coeur vers la Trinité.
En altitude, également, le soleil "tape" plus fort : la couche atmosphérique étant moins épaisse, les rayons du soleil m'atteignent plus directement.
Nous sommes invités à monter à la montagne du Seigneur, à ôter toutes ces épaisseurs qui nous séparent de lui. Approchons-nous en toute sécurité, Dieu plus proche nous brûlera au feu de son Amour. Mais "Si tu passes par le feu, il ne te détruira pas".

Marie, apprends-nous à élever souvent notre esprit et notre coeur vers la Trinité.
Monter sur une montagne n'est jamais facile. Il faut persévérer, endurer la pluie, le vent, affronter les passages délicats. Parfois on peine longuement, ne voyant que de la roche :
sous les pieds, de la caillasse, devant soi de la pierre. Mais au détour d'un rocher, soudain un panorama immense s'ouvre devant nos yeux et nous découvrons avec émerveillement une vallée splendide.
Il en est de même dans la vie spirituelle ; parfois nous sommes dans l'ombre, nous peinons sur un chemin difficile, nous demandant à quoi sert d'avancer encore. Dieu lui-même ne nous aurait-il pas abandonnés ?
Ce chemin nous mène-t-il réellement quelque part ? Puis soudain la lumière éclate. De nouveaux horizons s'ouvrent. Nous comprenons alors que ce chemin ardu avait un sens.

Marie, dans la nuit du doute, dans la difficulté, apprends-nous à persévérer, apprends-nous à marcher dans la confiance quand nous ne voyons pas où nous mène notre chemin.

Il est bien rare, en montagne, que nous inaugurions des voies. Le commun des mortels suit des chemins balisés, passe  les parois grâce à des pitons déjà posés par des prédécesseurs.
Dans notre vie spirituelle, les saints, les témoins, ou parfois plus visiblement nos parents, ou certains éducateurs nous précèdent.
Sachons mettre nos pas dans les leurs et même acceptons de nous mettre en cordée, surtout lorsque nous n'arrivons plus à marcher.
Venez, montons ensemble à la montagne du Seigneur !

Marie, marche avec nous sur nos chemins de vie,
qu'ils soient chemins vers Dieu.
La montagne est aussi un lieu de vérité. On ne peut plus tricher avec ses limites, on ne peut même plus se les cacher à soi-même.
Dans la rencontre avec le Seigneur, la vérité sur soi est un passage obligé. Tant que je ne fais pas l'expérience
de mes limites, je crois pouvoir me sauver moi-même, à la force de mes poignets, par ma perfection de plus en plus grande. Mais le Seigneur ne peut me sauver tant que je cherche à me perfectionner.

Marie, toi la toute humble, donne-nous  ton humilité pour élever notre esprit et notre coeur vers la Trinité,
lui exposant notre pauvreté sans crainte et lui livrant notre être tout entier.

Méditation d'un membre du Foyer de Charité de Tressaint