|
Dis, douce Marie, avec quel tendre amour
Regardais ton enfant Jésus-Christ mon Dieu.
Lorsque tu l'eus mis au monde sans douleur,
La prime chose, je crois bien, que tu fis,
Ce fut de l'adorer, ô pleine de grâce.
Puis sur le foin, dans la crèche, le posas,
De quelques pauvres langes l'emmaillotas,
Tout émerveillée et joyeuse, je crois.
Oh quelle grand'joie tu avais, et quel bien
Quand tu le tenais dans tes bras maternels !
Dis-le moi, Marie, car peut-être il convient
Que par pitié un peu tu me satisfasses.
Tu mettais alors des baisers sur sa face,
N'est-ce pas, et tu disais : O mon enfant !
Tantôt mon enfant, tantôt Père et Seigneur,
Tantôt Dieu, tantôt Jésus tu le nommais.
O quel doux amour tu sentais dans ton coeur,
Quand dans ton giron, serré, tu l'allaitais.
Que de gestes doux, pleins d'amour adorable
Tu voyais, étant avec ton doux enfant. |


Jacopone da Todi. XIIè s. |