J'ai reçu le sacrement des malades

Témoignage de Chantal L.
donné à Tressaint en 2002.

 

  Il y a quelques mois, hospitalisée à la polyclinique, je recevais le sacrement des malades.
Je fus envahie d'une joie tellement immense, forte et paisible à la fois,
une sensation de bien-être interne et externe, que je ne pouvais m'empêcher
d'en parler autour de moi.  

              

J'ai été hospitalisée alors que j'étais en pleine forme,
pour une banale intervention qui ne nécessitait que 24h
d'hospitalisation.
Hélas, à la suite de cette intervention, se sont déclenchées
une hépatite et une pancréatite aigüe, avec nécrose d'une
partie du pancréas et une coulée des sucs pancréatiques
envahissant progressivement le rein gauche : beaucoup de
fièvre, une douleur intense, et une fatigue de plus en plus forte.
 
En même temps, s'installait en moi un sentiment
d'impuissance face à la maladie et un ressentiement
envers le médecin qui avait fait une erreur de diagnostic. 
Tous les soucis de ma vie s'amplifiaient brutalement
et une certaine forme de révolte vint m'habiter.

 

 

 

 

 

 

 

Épître de
St Jacques
,
chapitre 5
versets 14-16 :

"Si l'un de vous
est malade,
qu'il fasse venir
les anciens
de l'Eglise.
Ils prieront pour lui
et lui feront 
l'onction d'huile
au nom du Seigneur.
Cette prière
faite avec foi
sauvera la personne
alitée
et le Seigneur
la relèvera.
Et si cette personne
a commis
quelque faute,
elle lui sera
pardonnée".

Epître de
St Paul

aux Romains,
chap. 8, v. 35.37-39 :
"Qui nous séparera
de l'amour du Christ ?
La tribulation,
l'angoisse,
la persécution,
la faim, la nudité,
les périls, le glaive ?
...
En tout cela
nous sommes
les grands vainqueurs
grâce à Celui
qui nous a aimés.
Oui,
j'en ai l'assurance,
ni mort ni vie,
ni anges
ni principautés,
ni présent ni avenir,
ni puissances,
ni hauteur
ni profondeur,
ni aucune autre
créature
ne pourra nous séparer
de l'amour de Dieu
manifesté
dans le Christ-Jésus
notre Sauveur."



 
Trois jours après cette intervention, je fus visitée par un
membre de l'aumônerie catholique .
Voyant que je n'étais pas bien, il me proposa
de recevoir la communion le lendemain dimanche.
C'est ce même monsieur qui vint me donner Jésus,
dans un fragment d'hostie, puisque je ne pouvais rien absorber
Le lendemain, je rencontrai Odile,
la responsable de l'aumônerie pour la clinique.
A la suite de cette rencontre, et face à l'inquiétude
que reflétait le visage du médecin,
je ressentis le désir de recevoir "le secours de l'Eglise",
afin que, quel que soit ce qui devait arriver,
je puisse le vivre dans la paix :
je demandai le sacrement des malades.
Je fis donc part de ce désir à Odile et lui dis que je désirais rencontrer le prêtre responsable de l'aumônerie.
C'est le Père M. qui vint.
Il fut presque étonné de mon désir de recevoir ce sacrement
"car, me dit-il, les gens ont peur de ce sacrement (appelé
anciennement l'extrême-onction)".
Il vint deux fois me rencontrer. Je lui disais ma foi, 
mon espérance, mais aussi mon angoisse.
Il me donna le sacrement de la réconciliation.
Puis il revint pour le sacrement des malades :
avant de commencer cette célébration le Père me fit prendre
conscience que c'était l'Eglise tout entière, dans son monde
visible et invisible qui priait pour moi.
Dès lors, je me sentis comme portée par une foule immense,
et la joie envahit mon être.  
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Merveilleuse lecture que ce passage de la lettre de St Jacques
(chap. 5  versets 14-16).
Merveilleux message à porter aux malades.
Puis lecture d'un psaume et ensuite d'un extrait de la lettre de St Paul aux Romains :"Rien ne pourra nous séparer de l'amour
de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Sauveur".
Les différentes onctions et, pour terminer, la prière avec Marie,
qui, dans la gloire de son Assomption, est en perpétuelle
visitation au coeur de nos vies.
J'ai ressenti une paix si profonde que j'eus l'impression
d'avoir reçu à nouveau le baptême. C'était comme si j'avais
reçu un paquet de rayons de soleil en bloc et qu'il me fallait
les refléter à l'extérieur.
J'étais si heureuse, je sentis une telle harmonie de vie
intérieure et extérieure que je m'endormis profondément pendant trois heures.
Je suis restée presque un mois en clinique.
Je vis différentes personnes attachées à l'aumônerie,
toutes pénétrées d'une grande douceur, d'une grande
discrétion, sachant discerner le temps à passer près de moi
en fonction de mon état présent. Ils étaient jeunes ou moins
jeunes, mais ils étaient les maillons d'une grande chaîne
reflétant la présence de Jésus. Chacun en était une facette,
mais on sentait que,
tout en gardant leur personnalité, ils
étaient porteurs du même message auprès des malades.
Je me rendis compte aussi de la complicité qui unissait le
personnel médical et de service avec les divers membres de
l'aumônerie catholique. Le personnel soignant, croyant ou non,
avait un profond respect pour Odile et le Père M.
Le malade ne fait pas que recevoir.
Il devient aussi instrument de dieu pour devenir un don de Dieu
envers son environnement. La présence dans ma chambre
d'une statuette de Marie m'a permis de dire à ceux du
personnel qui se posaient des questions que je croyais en 
Dieu et en la force de son Amour pour nous.
Lorsque je quittai la clinique, le médecin m'a dit qu'il faudrait
un an de repos, de régime sévère pour me remettre, et éviter
que ne s'installe un diabète sur cette maladie. Le dernier
scanner montre que le pancréas a repris son volume normal,
qu'il s'est régénéré et qu'il ne reste plus que quelques traces
de nécrose ; les analyses de sang sont pratiquement
toutes revenues dans les taux normaux ou s'en approchent.

Je te rends grâce Père,
pour les bienfaits dont tu m'as comblée.
Je te rends grâce de m'avoir fait prendre conscience
que vraiment, c'est lorsque je suis faible que tu es fort en moi.