Témoignage d'une conversion
   
"Va et désormais ne pèche plus"

Danièle, membre du Foyer.

 

Avec du recul, 15 ans maintenant, je peux dire que j’ai vécu dans la confession cet enlacement du prodigue dans les bras de son Père. Avec le prodigue, j’avais beaucoup de points communs à l’époque : C’était devenu un clochard, il avait tout raté, dilapidé ses biens , il côtoyait les cochons et n’avait rien à manger.

Moi- même à 22 ans, je me suis retrouvée dans cette même situation d’échec, de pauvreté, d’humiliation.

C’est peu à peu que j’ai descendu la pente, d’abord à l’adolescence, avec un laisser-aller qui m’a conduite à l’échec scolaire et une légère délinquance qui n’a fait que s’aggraver car je me sentais à mon aise avec les marginaux.J’ai donc mal vécu cette période de l’adolescence et j’ai dérapé à ce moment là en me révoltant contre mes parents, la société, la loi : tout était dur à vivre et ça me dégoûtait.

J’ai cessé de fréquenter l’Eglise et j’ai oublié Dieu.

J’étais triste et du coup j’étais très attirée par la joie de certains jeunes qui aimaient bien faire la fête dans les cafés, les boites de nuit et les soirées privées

J’aurai bien voulu m’amuser comme eux seulement mes parents ne m’ont pas laissée sortir le soir comme je le voulais et je n’avais pas beaucoup d’argent de poche . Alors j’ai fait le mur et je suis sortie pendant les heures de cours : mes études furent un échec et j’ai été renvoyée du lycée en 1ère après avoir fait deux secondes différentes !

 C’était pour moi l’occasion idéale pour rentrer dans la vie active pour enfin gagner de l’argent et faire ce que je voulais. J’ ai travaillé sérieusement dans l’hôtellerie et la restauration et j’ai donc eu l’occasion de vivre comme tout le monde … avec du travail, de l’argent des amis, mais nous ne faisions pas de projets et çà c’était insupportable. La vie quotidienne m’ennuyait et je ne voulais pas de cette routine : je n’avais pas la trempe de supporter le train- train, je me sentais inadaptée à une vie " normale " sans but particulier : j’étais sûre d’être faite pour autre chose, je voulais vivre autre chose.

 

Alors, quand l’occasion s’est présentée, je n’ai pas hésité une seconde à suivre des gars qui faisaient la route, on est parti ensemble : çà allait bouger ! ! ! 

On vivait de plans, suivant les rencontres … il nous fallait de l’argent et dès qu’on le pouvait, on buvait, on se droguait… on faisait la foire et on trafiquait pour vivre, on faisait nos courses sans passer à la caisse .

Et puis çà s’est terminé au bout de 3 mois environ, car tout le monde était en cavale : mes amis étaient recherchés par la police et il a fallu se disperser rapidement.

Je me suis retrouvée seule, avec un appartement à vider, des dettes , et une santé un peu amochée : j’avais les dents qui se déchaussaient et ça me faisait un mal de chien et j’avais attrapé la gale : je m’en suis aperçue chez ma sœur aînée ; je voulais faire les vendanges et je me suis arrêtée chez elle. Elle et son mari ont décidé de me garder surtout quand mon beau frère qui était gendarme a vu que j’allais repartir sans rien et coucher je ne sais où, il a décidé que je resterais avec eux car il avait trop l’expérience de voir comment finissaient les gens comme moi

J’ai refais surface dans une caravane dans la cour intérieure d’une gendarmerie !!! Je suis restée 1 mois pour me soigner et travailler à la cueillette de pommes. Cette période a été horrible, cependant comme le prodigue rentrant en lui- même, j’ai commencé à voir où j’étais rendue. Je n’étais plus comme les autres, j’étais une clodo avec pas du tout l’envie ou plutôt la capacité de revenir si facilement dans le rang : j’étais au plus bas mais rien ne m’invitait au changement et pourtant…

Je me suis laissée "  embarquer "  par un couple récemment converti : Didier et Marie- Jo
Ils ont réagi pour moi à deux reprises, en six mois d’intervalle en m’invitant à rencontrer un prêtre. Le prodigue avait des choses à se faire pardonner : il connaissait le Père. Moi je ne croyais plus en Dieu . J’allais cependant voir un homme qui allait peut- être me faire la morale : j’avais joué, j’avais perdu, c’était foutu pour moi ! C’était ma morale à moi . J’ai commencé par abattre les cartes : j’en avais rien eu à faire de la pénitence reçue 6 mois avant ! ! !


Et c’est de là qu’on est parti à parler : peu à peu j’ai raconté ce qui m’était arrivé. A  notre conversation grave, le prêtre, le Père du foyer donnait de l’importance : je lui disais le pire ; il accueillait ma misère et ça me faisait pleurer : il m’a consolée, tendu des kleenex, il m’a rejointe dans ma souffrance et même dans cette vie ratée il arrivait à voir des signes de protection : j’avais évité la prison par exemple.
Quand j’ai eu tout dit, j’ai cru que c’était fini : anéantie par l’ampleur du gâchis, j’ai pensé que c’était la fin de la course : j’étais foutue et j’attendais le coup final. En recevant le pardon du Seigneur, j’ai reçu en plein cœur cette parole du Père "va et ne pèche plus" et c’est là que ma vie a basculé !

Cette parole m’a percutée d’autant plus que le Père l’a dite à deux reprises et m’a mise en garde avec vigueur : par deux fois au moins j’ai du formuler ma réponse. Le Père me faisait prendre conscience de la gravité de la situation et je saisissais immédiatement, dans la tristesse, que j’étais effectivement capable de refaire les mêmes bêtises en sortant de son bureau.

" Va et ne pèche plus "  cette autorité venait de Jésus Lui- même, et j’ai senti une libération s’opérer en moi : un chemin tout nouveau s’ouvrait devant moi, une main m’avait été tendue, une exigence m’était faite, une confiance m’était rendue. J’ai dit "  d’accord " pour changer de mode de vie.

Quand je me suis relevée, j’étais une autre personne : j’étais heureuse et en plus j’avais des projets puisque le Père me proposait de faire la retraite du lendemain soir. J’avais juste le temps de réfléchir un peu à ce qui m’arrivait.

 


Danièle membre de Foyer

Après la retraite , le Père m’a encouragée à régler mes dettes et ensuite il m’a proposé d’aller aider un moment dans un foyer des Bouches du Rhône.

J’étais partante pour 15 jours, pour voir ; j’y suis restée 3 ans et je suis dans les Foyers depuis : cela fait 16 ans environ .

C’est comme ça que Jésus m’a sauvée, m’a ressuscitée : Il m’a rejointe au bout de ma liberté brisée, Il m’a tendue la main, m’a serrée sur son cœur et ma remise debout avec une mission :
 Vivre et être heureuse de vivre.